Samedi 4 juillet, quelques heures après sa visite éclair à Lampedusa, le pape Léon XIV est rentré à Rome avant de rejoindre, dans la soirée, la résidence de Brian Burch, ambassadeur des États-Unis près le Saint-Siège. À l’occasion de l’Independence Day, le Saint-Père avait répondu à l’invitation du diplomate américain pour célébrer le 250e anniversaire de l’indépendance des États-Unis. L’information a été communiquée par la Salle de presse du Saint-Siège sur son canal Telegram. L’ambassade américaine près le Vatican l’a également confirmée sur son compte officiel X, précisant que « le pape Léon XIV a célébré le 250e anniversaire de l’Amérique avec l’ambassadeur Burch, Madame Burch et leur famille ».

L’ambassadeur Brian Burch a exprimé son émotion en des termes particulièrement chaleureux : « Je suis profondément honoré de célébrer cette journée si particulière avec un concitoyen américain et l’évêque de Rome. »
Cette présence du pape auprès de l’ambassadeur américain n’est pas un simple détail protocolaire. Elle vient compléter une journée que certains auraient voulu lire de manière uniquement politique. Dans la matinée, Léon XIV s’était rendu à Lampedusa, île devenue l’un des symboles les plus douloureux de la tragédie migratoire en Méditerranée. Là, il avait prié pour les migrants morts en mer et rappelé la responsabilité des nations face aux détresses humaines. Certains commentateurs y ont aussitôt vu une critique implicite de l’Amérique conservatrice, voire de la politique migratoire américaine. Mais cette lecture, trop rapide, ne tient pas devant l’ensemble des gestes posés par le pape. Le soir même, loin de prendre ses distances avec son pays d’origine, Léon XIV a choisi d’honorer la fête nationale américaine, en famille, auprès de son ambassadeur près le Saint-Siège.
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La veille déjà, à l’occasion de la remise de la Liberty Medal à Philadelphie, le pape s’était présenté comme « un fils de ce grand pays », fondé par des hommes et des femmes courageux qui rêvaient de liberté et d’une vie meilleure pour leurs enfants. Ces mots ne relèvent pas de la diplomatie froide. Ils manifestent une gratitude réelle envers l’histoire américaine, ses idéaux et son héritage. Léon XIV n’est donc pas moins américain parce qu’il parle des migrants. Il est, au contraire, pleinement pape lorsqu’il rappelle que toute nation, même grande et puissante, doit être jugée à l’aune de sa fidélité à la dignité humaine. La doctrine sociale de l’Église ne se confond ni avec le programme d’un parti ni avec l’hostilité à une nation. Elle oblige les peuples à regarder plus haut que leurs seuls intérêts immédiats.
En célébrant l’Independence Day chez l’ambassadeur des États-Unis après avoir prié à Lampedusa, Léon XIV a tenu ensemble deux fidélités : l’amour reconnaissant de son pays natal et la mission universelle du successeur de Pierre. Ceux qui voudraient faire de lui un pape contre l’Amérique se trompent donc de lecture. Léon XIV parle à l’Amérique comme un


