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Léon XIV : « Parfois, nous pensons qu’il suffit de continuer comme nous avons toujours fait »

Léon XIV lors de l'Angelus du 23 août 2026 - capture écran
Léon XIV lors de l'Angelus du 23 août 2026 - capture écran
« La foi ne nous est pas donnée une fois pour toutes » : à l’Angélus de ce dimanche 23 août, Léon XIV a appelé les catholiques à redécouvrir sans cesse le Christ et son Évangile. Une exigence qu’il applique aussi au chemin de l’Église et à ses choix pastoraux

La question posée par Jésus à ses disciples à Césarée de Philippe est l’une des plus directes de l’Évangile : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » (Mt 16, 15). Léon XIV en a fait, ce dimanche place Saint-Pierre, le fil conducteur d’une méditation sur la foi, sa transmission et la manière dont elle engage concrètement l’existence chrétienne. Les Douze ont pourtant déjà beaucoup vécu avec Jésus. Ils ont entendu son enseignement, assisté à ses miracles et partagé son ministère. Le Christ, observe le pape, ne considère cependant pas comme acquis « qu’ils le connaissaient vraiment et qu’ils avaient compris le mystère du Royaume de Dieu ».

C’est dans cette perspective que doit être comprise l’affirmation : « La foi ne nous est pas donnée une fois pour toutes. » Léon XIV ne parle pas ici d’un contenu de la foi qui évoluerait selon les époques. Il précise lui-même ce qu’il entend : « Nous avons toujours besoin de redécouvrir le visage du Christ et son Évangile, d’approfondir son message et de renouveler les choix de notre vie, afin qu’ils soient cohérents avec ce que nous professons. »

La distinction est importante. La doctrine catholique enseigne que le dépôt de la foi a été confié par les Apôtres à l’Église et doit être fidèlement transmis. Le Catéchisme de l’Église catholique rappelle au numéro 84 que ce dépôt, contenu dans la Tradition et l’Écriture Sainte, a été « confié par les Apôtres à l’ensemble de l’Église ». Ce qui doit sans cesse être renouvelé est donc la réception personnelle de cette foi et la conversion qu’elle exige. Le pape met notamment en garde contre une pratique devenue simplement habituelle. Il évoque la « tentation de savoir déjà tout et de faire de la foi une habitude ». La question « qui est Jésus pour moi ? » doit, selon lui, se poser dans la prière et la méditation de l’Évangile, mais également « devant les blessures et les besoins des frères » et dans les situations qui interrogent la conscience.

Léon XIV oppose ainsi deux manières de regarder Jésus : comme « un grand personnage de l’histoire qui a dit et fait des choses importantes », ou comme « le Christ de Dieu », envoyé pour faire entrer l’homme « dans l’amour du Père » et transformer sa vie.

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Il invite également à dépasser une foi fondée sur le seul héritage reçu. « Parfois, sur la foi chrétienne, nous nous contentons du « ouï-dire », des lieux communs, de ce qui nous a été transmis, peut-être même avec de bonnes intentions », constate-t-il. À cette connaissance indirecte, le pape oppose « une réponse personnelle » et une relation avec le Christ qui demeure « toujours nouvelle ».Son propos s’étend alors à la vie de l’Église. Cette rencontre avec le Christ, explique-t-il, peut demander « d’emprunter des chemins inédits et de faire des choix différents de ceux que nous avions imaginés ». Et Léon XIV précise que cela vaut « aussi bien pour notre parcours personnel que pour le chemin de l’Église et pour les choix pastoraux, lorsque nous pensons parfois qu’il suffit de continuer comme nous avons toujours fait ».

Cette phrase peut facilement être interprétée comme un appel général au changement. Le pape donne pourtant immédiatement le critère de ce discernement : « Que me demande aujourd’hui son Évangile ? Quels pas et quels choix devrais-je accomplir ? » La nouveauté n’est donc pas présentée comme une valeur en elle-même. La question est celle de la fidélité au Christ dans des circonstances qui, elles, évoluent.C’est aussi l’une des distinctions classiques de la vie de l’Église : le contenu de la foi ne dépend pas des circonstances historiques, tandis que les formes pastorales employées pour l’annoncer peuvent demander discernement et adaptation. Ni la seule ancienneté d’une pratique ni sa nouveauté ne suffisent à en établir la justesse.

Après l’Angélus, Léon XIV a appelé la communauté internationale à répondre à la propagation de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo, « pour sauver tant de vies humaines ». Il a également prié pour les victimes de l’effondrement d’une mine à Zamboyé, en République centrafricaine, et pour les victimes du séisme qui frappa le centre de l’Italie le 24 août 2016, dont le dixième anniversaire sera commémoré lundi.

Texte intégral de l’Angélus de Léon XIV – 23 août 2026

( Traduction TC )

« Chers frères et sœurs, bon dimanche !

L’Évangile de ce dimanche (Mt 16, 13-20) nous place devant une question qui interpelle chacun de nous sur le chemin de notre foi : qui est vraiment Jésus pour moi ?

Le récit évangélique nous fait comprendre combien cette question est décisive pour l’expérience du disciple. En effet, bien que les douze apôtres aient déjà beaucoup partagé de la vie et du ministère du Maître, Jésus n’a pas voulu tenir pour acquis qu’ils le connaissaient vraiment et qu’ils avaient compris le mystère du Royaume de Dieu. Alors, après avoir demandé quelles étaient les opinions des gens à son sujet, il s’adresse directement à eux : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » (Mt 16, 15).

Frères et sœurs, il s’agit d’un passage fondamental pour les disciples de tous les temps, pour chacun de nous. La foi, en effet, ne nous est pas donnée une fois pour toutes ; au contraire, nous avons toujours besoin de redécouvrir le visage du Christ et son Évangile, d’approfondir son message et de renouveler les choix de notre vie, afin qu’ils soient cohérents avec ce que nous professons, en surmontant la tentation de croire que nous savons déjà tout et de faire de la foi une habitude.

La question qui nous est posée chaque jour – qui est Jésus pour moi et quel est le sens de sa présence dans ma vie – émerge particulièrement dans la prière et lorsque nous méditons l’Évangile ; mais aussi lorsque nous nous trouvons devant les blessures et les besoins de nos frères, ou encore dans les relations et les situations qui interpellent le plus notre conscience. Dans le champ de notre vie, en somme, nous pouvons vérifier si, pour nous, le Seigneur Jésus est seulement un grand personnage de l’histoire qui a dit et fait des choses importantes, ou bien le Christ de Dieu, Celui qui a été envoyé pour nous faire entrer dans l’amour du Père et transformer notre vie et le monde dans lequel nous vivons.

Très chers amis, apprenons à ne pas nous enfermer dans nos convictions et nos sécurités religieuses, afin de rester ouverts à une relation authentique avec le Christ. Parfois, concernant la foi chrétienne, nous nous contentons du « ouï-dire », des lieux communs, de ce qui nous a été transmis, peut-être même avec de bonnes intentions ; mais Jésus nous appelle à une réponse personnelle, à le connaître de près, à nous laisser creuser intérieurement par l’amitié avec Lui, dans une rencontre toujours nouvelle qui peut aussi nous demander d’emprunter des chemins inédits et de faire des choix différents de ceux que nous avions imaginés. Cela vaut aussi bien pour notre parcours personnel que pour le chemin de l’Église et pour les choix pastoraux, lorsque nous pensons parfois qu’il suffit de continuer comme nous avons toujours fait. Il est important, au contraire, de nous demander souvent : qui est le Seigneur pour moi ? Est-ce que je le connais vraiment ? Que me demande aujourd’hui son Évangile ? Quels pas et quels choix devrais-je accomplir ?

Invoquons la Vierge Marie qui, dans son cœur, cherchait la volonté de Dieu à travers son Fils, afin qu’elle nous guide toujours sur le chemin de la foi.

Après l’Angélus

Chers frères et sœurs,

Dans ma prière, je me souviens souvent de la République démocratique du Congo, en particulier en raison de la propagation de l’épidémie d’Ebola qui, malheureusement, fait de nombreuses victimes. J’encourage une réponse de la communauté internationale, qui implique également les communautés locales dans le travail de prévention, afin de sauver de nombreuses vies humaines.

Je suis également proche de la population de la République centrafricaine, qui pleure les victimes de l’effondrement survenu dans une mine à Zamboyé. Que le Seigneur accueille ceux qui ont perdu la vie et soutienne les efforts visant à garantir la sécurité et la légalité des sites miniers.

Demain marquera le dixième anniversaire du tremblement de terre qui a frappé le centre de l’Italie, entre le Latium, l’Ombrie et les Marches. Je prie pour les défunts et leurs familles, ainsi que pour toutes les communautés touchées. Que la foi et la solidarité continuent de soutenir l’œuvre de reconstruction.

Je vous salue avec affection, vous tous, Romains et pèlerins venus de différents pays.

Je souhaite en particulier la bienvenue au Chœur primatial de la cathédrale de Gniezno, en Pologne, ainsi qu’aux séminaristes et aux supérieurs du Pontifical North American College, et aux jeunes de Bormio et de Valfurva.

Je souhaite à tous un bon dimanche ! »

Source Vatican

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