Le débat autour de l’avenir de la messe traditionnelle est loin d’être clos. Alors que les propos du cardinal Arthur Roche, préfet du Dicastère pour le Culte divin, avaient laissé entendre que le pape Léon XIV n’avait aucune intention de modifier Traditionis custodes ni de revenir au régime instauré par Summorum Pontificum, de nouvelles informations viennent nuancer cette lecture.
Dans un article publiée le 4 août, le média américain The Pillar affirme que plusieurs hauts responsables du Vatican appartenant au cercle le plus proche des conseillers de Léon XIV assurent que « l’assouplissement progressif et informel de l’application de Traditionis custodes ne s’arrêtera pas ». Selon ces sources, le Saint-Père ne souhaiterait ni abroger officiellement le motu proprio promulgué par le pape François en 2021, ni restaurer juridiquement Summorum Pontificum de Benoît XVI. Il privilégierait une approche plus progressive : maintenir le texte en vigueur tout en favorisant une application plus souple par les évêques.
L’un des responsables du Vatican interrogés résume cette ligne en une formule :
« Ce n’est pas une question liturgique, mais une question de communion. Si l’on est en communion avec l’Église, il faut permettre des aménagements raisonnables pour les différents charismes et sensibilités, y compris pour ceux qui sont plus traditionnels. C’est, je pense, la direction prise actuellement. »
Cette analyse rejoint plusieurs gestes déjà accomplis depuis le début du pontificat de Léon XIV. Le pape a notamment autorisé la célébration d’une messe traditionnelle à la basilique Saint-Pierre lors du pèlerinage Summorum Pontificum, après deux années de refus, et Rome a accordé de nombreuses dérogations permettant la poursuite de la célébration de la messe selon le missel de 1962 dans plusieurs diocèses.
Selon les informations rapportées, Léon XIV aurait également souhaité rencontrer plusieurs personnalités représentatives du monde traditionnel afin d’entendre directement leurs préoccupations avant d’envisager toute évolution durable de la législation liturgique.
Pour autant, The Pillar souligne qu’il ne faut pas s’attendre à une réforme imminente. Plusieurs cardinaux et responsables de la Curie, favorables ou non à la liturgie traditionnelle, estiment qu’aucune modification officielle de Traditionis custodes n’est attendue dans les prochains mois, ni même avant la fin de l’année 2026.
Le média américain avance ainsi que le pape semble assumer le maintien d’une véritable « zone grise » : la législation demeure officiellement inchangée, mais son application serait progressivement assouplie afin d’apaiser les tensions liturgiques sans provoquer une nouvelle fracture au sein de l’Église.Ces informations reposent toutefois sur des témoignages de responsables du Vatican s’exprimant sous couvert d’anonymat et non sur une déclaration officielle du Saint-Siège. Si elles se confirment, elles témoigneraient néanmoins de la volonté de Léon XIV de privilégier une démarche prudente et pastorale, cherchant moins à rouvrir les débats du passé qu’à favoriser la communion ecclésiale tout en offrant davantage de place aux fidèles attachés à la liturgie traditionnelle.


