Depuis 2000 ans

Monseigneur Pierre-Antoine Bozo et Amaury Guillem deviennent les deux nouveaux porte-paroles des évêques de France

Monseigneur Pierre-Antoine Bozo et Amaury Guillem - photo @Eglisecatholique
Monseigneur Pierre-Antoine Bozo et Amaury Guillem - photo @Eglisecatholique
À moins d'un mois de la venue du pape Léon XIV en France, la Conférence des évêques de France renforce son dispositif de communication. À partir du 1er septembre, un évêque et un laïc seront chargés ensemble de porter publiquement la parole de l'épiscopat

La Conférence des évêques de France a annoncé ce jeudi 27 août la nomination de deux nouveaux porte-paroles : Mgr Pierre-Antoine Bozo, évêque coadjuteur de La Rochelle, et Amaury Guillem, secrétaire général adjoint de la CEF chargé de la communication. Ils prendront leurs fonctions mardi 1er septembre. Le choix d’un binôme composé d’un évêque et d’un laïc n’est pas anodin. La CEF indique vouloir ainsi « mieux porter la parole de l’Église auprès des catholiques et dans la société française ». La mission dépasse donc la seule relation avec les journalistes : il s’agit de rendre plus identifiable et plus accessible la parole de l’épiscopat dans un paysage médiatique où les questions religieuses reviennent régulièrement au premier plan.

La nomination intervient surtout dans un calendrier particulièrement dense pour l’Église en France, avec la visite de Léon XIV du 25 au 28 septembre, mais également dans un contexte où les évêques sont régulièrement sollicités sur des sujets aussi différents que la fin de vie, la bioéthique, la laïcité, les violences sexuelles dans l’Église ou encore la place du christianisme dans la société.

Le premier visage choisi par la CEF est bien connu de l’épiscopat français. Évêque de Limoges depuis 2017, Monseigneur Pierre-Antoine Bozo a été nommé en 2025 évêque coadjuteur de La Rochelle. Il siège également depuis 2022 au Conseil permanent de la Conférence des évêques de France, l’un des principaux organes de gouvernement de la CEF entre les assemblées plénières.Son parcours présente une particularité intéressante pour une fonction de porte-parole : il conjugue une longue expérience pastorale et une solide formation intellectuelle. Ordonné prêtre pour le diocèse de Séez, il y a exercé son ministère pendant plus de vingt ans. Il a notamment été vicaire à Alençon, aumônier de l’enseignement public et des étudiants, responsable diocésain des vocations et de la pastorale des jeunes. Pendant vingt ans, il a également enseigné au Centre d’études théologiques de Caen.

Passé par le séminaire interdiocésain Saint-Jean-Eudes de Caen, dont il fut vice-recteur puis recteur, Mgr Bozo a aussi exercé les fonctions de vicaire général du diocèse de Séez. Diplômé en droit et en théologie dogmatique, il a poursuivi sa formation à l’Université pontificale grégorienne de Rome. Un profil qui devrait lui permettre de répondre non seulement aux questions institutionnelles, mais aussi aux interrogations doctrinales ou pastorales auxquelles la CEF est régulièrement confrontée.

Lire aussi : https://tribunechretienne.com/video-il-porte-sa-croix-pendant-deux-heures-a-jerusalem-sans-etre-importune-les-images-de-crachats-contre-les-chretiens-sont-elles-instrumentalisees/

Le second porte-parole présente un parcours très différent et complémentaire.

Amaury Guillem est depuis novembre 2025 secrétaire général adjoint de la CEF chargé de la communication. À ce titre, il pilote déjà la stratégie de communication institutionnelle et les relations médias de la Conférence des évêques. Originaire de Marseille, il a auparavant dirigé la communication du diocèse de Marseille et travaillé comme journaliste à Marseille, Paris et Bayonne. Son parcours comprend également un engagement au sein du Rocher, association catholique d’éducation populaire implantée dans plusieurs quartiers populaires, où il a été responsable d’antenne avant de prendre en charge la communication et la collecte de fonds.

Il connaît également le paysage médiatique catholique puisqu’il anime une émission consacrée à la doctrine sociale de l’Église sur KTO et KTO Radio. Titulaire d’un master de lettres modernes de l’Université d’Aix-Marseille, il est marié et père de six enfants.

Avec ces deux nominations, la CEF fait donc le choix d’associer deux légitimités : celle d’un évêque, membre du Conseil permanent et théologien de formation, et celle d’un laïc professionnel de la communication connaissant de l’intérieur le fonctionnement de l’institution.

Le défi sera désormais moins de communiquer davantage que de parvenir à faire entendre une parole clairement identifiable comme celle de l’Église. Car dans une société française où les questions catholiques deviennent rapidement politiques – la polémique récente autour de la messe que doit célébrer Léon XIV place de la Concorde en est une nouvelle illustration – la communication ecclésiale ne peut se réduire à une technique institutionnelle. Elle suppose de pouvoir expliquer, parfois rapidement, ce que l’Église croit, pourquoi elle le croit et ce qu’elle entend réellement lorsqu’elle intervient dans le débat public.

Recevez chaque jour notre newsletter !

Lire aussi :