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« Ne faites pas cela » : l’ultime main tendue de Léon XIV à la Fraternité Saint-Pie X

Léon XIV répondant aux journalistes à sa sortie de Castel Gandolfo - capture écran
Léon XIV répondant aux journalistes à sa sortie de Castel Gandolfo - capture écran
« J’envisage de faire un nouvel appel en disant : ne faites pas cela, essayons de vivre la communion de l’Église. » À la sortie de la résidence pontificale de Castel Gandolfo, Léon XIV a lancé ce qui apparaît comme un appel de la dernière chance à la Fraternité Saint-Pie X avant les consécrations annoncées pour le 1er juillet prochain

Interrogé par des journalistes à la sortie de Castel Gandolfo, le Saint-Père a évoqué l’avenir des relations entre Rome et la Fraternité fondée par Mgr Marcel Lefebvre.Le pape a laissé entendre qu’il envisageait une ultime démarche pour tenter d’éviter une aggravation de la crise :

« J’envisage de faire un nouvel appel en disant : ne faites pas cela, essayons de vivre la communion de l’Église. Mais c’est leur choix. Il faut réaliser ce que cela signifie pour eux et pour l’Église. Certes, la division parmi les chrétiens est un point douloureux. Cependant, ils refusent d’accepter certains éléments fondamentaux de l’Église, à commencer par plusieurs points du Concile Vatican II. S’ils prennent cette décision, je le regrette mais nous devons avancer. »

Cette déclaration est sans doute la plus importante prononcée jusqu’à présent par Léon XIV sur le dossier de la Fraternité Saint-Pie X. Elle révèle à la fois son désir de préserver l’unité de l’Église et sa volonté de regarder avec lucidité la situation actuelle. Un élément mérite particulièrement l’attention. Le pape n’a évoqué ni audience avec les responsables de la Fraternité ni reprise de négociations formelles. Selon plusieurs observateurs du Vatican, l’unique initiative envisagée serait précisément cet « autre appel » public à la communion. Rome ne semble donc pas préparer un nouveau cycle de discussions à quelques jours des consécrations annoncées.

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Cette position intervient alors que la Fraternité aurait sollicité à plusieurs reprises une rencontre avec le Saint-Père. Jusqu’à présent, aucune audience n’a été accordée. Le dialogue avec le Saint-Siège semble passer principalement par le cardinal Víctor Manuel Fernández, chargé de recevoir l’abbé Davide Pagliarani, supérieur général de la Fraternité. Au cœur du différend demeure la question du concile Vatican II. En affirmant que la Fraternité « refuse d’accepter certains éléments fondamentaux de l’Église », Léon XIV reprend l’analyse constante de Rome depuis plusieurs décennies. Pour le Saint-Siège, les divergences ne concernent pas seulement la liturgie traditionnelle mais également des questions doctrinales essentielles touchant à la liberté religieuse, à l’œcuménisme et à la réception du concile.

Ces paroles rappellent inévitablement le précédent de 1988, lorsque Mgr Marcel Lefebvre avait consacré quatre évêques sans mandat pontifical, provoquant l’une des plus graves crises ecclésiales de la fin du XXe siècle. Léon XIV tend aujourd’hui une dernière fois la main à la Fraternité Saint-Pie X, sa conclusion est tout aussi significative : « S’ils prennent cette décision, je le regrette mais nous devons avancer. » Entre l’espérance d’une réconciliation et le risque d’une nouvelle fracture, les prochaines semaines pourraient marquer un tournant historique dans les relations entre Rome et la Fraternité Saint-Pie X. Le pape a lancé son appel. Il appartient désormais à la Fraternité d’y répondre.

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