Après plusieurs semaines de négociations menées avec le soutien des États-Unis, de l’Égypte, du Qatar et de la Turquie, Israël et le Hamas sont parvenus à un accord présenté comme une étape majeure vers la fin de la guerre dans la bande de Gaza. Annoncé le 31 juillet par Washington, ce plan prévoit le désarmement progressif du Hamas, le retrait échelonné des forces israéliennes et la mise en place d’une nouvelle administration palestinienne chargée de gouverner le territoire avec l’appui d’une mission internationale.
Le texte prévoit la création d’un « Comité national pour l’administration de Gaza », appelé à reprendre progressivement le contrôle civil du territoire. Il serait chargé de restaurer les services publics, d’organiser la reconstruction et de remettre en fonctionnement les institutions administratives. Une force internationale accompagnerait ce processus, tout en supervisant le désarmement et la formation des futures forces de sécurité palestiniennes. Mais le principal obstacle demeure entier. Le Hamas affirme qu’il ne remettra ses armes qu’après le retrait des troupes israéliennes et après avoir obtenu des garanties sur l’avenir politique de Gaza. Israël, au contraire, estime que le démantèlement complet des capacités militaires du mouvement islamiste constitue un préalable indispensable à tout retrait. Cette divergence pourrait compromettre la mise en œuvre d’un accord que beaucoup considèrent encore comme extrêmement fragile.
Pour les chrétiens de Gaza, cette annonce fait renaître une espérance que la guerre semblait avoir étouffée. Réduite à quelques centaines de fidèles, la communauté chrétienne a survécu grâce à la paroisse catholique de la Sainte-Famille, devenue un refuge pour des familles chrétiennes mais aussi pour de nombreux musulmans fuyant les bombardements.
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À leur tête, le père Gabriel Romanelli est devenu le visage de cette Église qui refuse d’abandonner Gaza. Durant toute la guerre, le curé de la paroisse a témoigné quotidiennement des souffrances de la population : manque de nourriture, d’eau potable, de médicaments, déplacements incessants et peur permanente des bombardements. Le 17 juillet dernier, il a lui-même été légèrement blessé lorsqu’une frappe a atteint l’enceinte de la paroisse, provoquant une vive émotion dans le monde catholique.
Deux jours avant l’annonce de cet accord, le père Romanelli décrivait encore une situation humanitaire dramatique : « Le mot « désastreux » ne suffit plus pour décrire la situation humanitaire à Gaza », alertait-il, en appelant une nouvelle fois à l’acheminement rapide de l’aide et à la protection des civils.
De son coté, le cardinal Pierbattista Pizzaballa, patriarche latin de Jérusalem, n’a pas encore réagi publiquement à ce nouvel accord. Mais sa position est connue. Depuis le début de la guerre, il n’a cessé d’affirmer qu’aucune victoire militaire ne suffirait à rétablir la paix. Après sa visite à Gaza en juillet, il déclarait que le territoire devait « tourner la page et avoir un avenir complètement différent », tout en rappelant que « nous sommes contre toute forme de violence concernant l’avenir ». Il avait également souligné que le désarmement du Hamas constituerait l’un des défis les plus complexes du processus de paix.
Enfin, depuis le début du conflit, Saint-Siège, appelle inlassablement à une paix fondée sur la justice, la sécurité et la protection de toute vie humaine. Le pape Léon XIV a plusieurs fois exhorté les responsables politiques à faire taire les armes et à privilégier le dialogue, dans la continuité des appels lancés par ses prédécesseurs en faveur des populations civiles de Terre Sainte. Pour les chrétiens de Gaza, la signature de cet accord ne marque pas la fin de leurs épreuves, mais peut-être le début d’un chemin d’espérance. Comme le rappelait saint Jean-Paul II : « Il n’y a pas de paix sans justice, il n’y a pas de justice sans pardon. »


