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Nigeria : deux ONG demandent à l’ONU de reconnaître un « génocide par attrition » contre les chrétiens

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Dans un document adressé aux Nations unies, deux organisations spécialisées dans la prévention des génocides estiment qu’un processus de destruction systématique est à l’œuvre depuis des années

Les massacres de chrétiens au Nigeria seront-ils enfin qualifiés de génocide ? C’est la question que posent ouvertement Genocide Watch et l’Alliance Against Genocide dans un mémorandum adressé à Nazila Ghanea, rapporteure spéciale des Nations unies sur la liberté de religion ou de conviction. Les deux organisations affirment que les violences commises contre les communautés chrétiennes du pays ne relèvent plus de simples actes de terrorisme, mais d’une entreprise de destruction progressive menée par plusieurs groupes djihadistes.

Selon le document, Boko Haram et l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP) ont assassiné plus de 30 000 chrétiens depuis 2009. Les milices djihadistes peules auraient, quant à elles, tué près de 30 000 autres civils chrétiens, incendié leurs villages et pris le contrôle de nombreux territoires. Les auteurs du rapport utilisent une expression particulièrement forte : celle de « génocide par attrition ». Ils estiment que la destruction d’un peuple ne passe pas nécessairement par une extermination rapide et massive. Elle peut également résulter d’un processus lent et continu associant massacres, déplacements forcés, destruction des moyens de subsistance, occupation des terres et terreur permanente.

Le mémorandum affirme que plus d’un millier de villages chrétiens ont été envahis ou vidés de leurs habitants depuis le début des violences. Dans certaines régions, les récoltes sont systématiquement détruites avant les attaques afin d’affamer les populations locales et de les pousser à l’exil.

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Les deux ONG vont plus loin encore en mettant en cause l’attitude des autorités nigérianes. Elles affirment disposer d’éléments montrant que certains responsables militaires auraient empêché leurs troupes d’intervenir avant la fin de massacres visant des villages chrétiens. Elles dénoncent également la tendance du gouvernement à présenter ces violences comme de simples conflits entre éleveurs et agriculteurs ou comme des conséquences du changement climatique.Le rapport rappelle que le Nigeria est classé quatrième pays au monde pour l’impact du terrorisme selon l’Indice mondial du terrorisme 2026. Les enlèvements contre rançon sont devenus l’un des principaux moyens de financement des groupes armés. Femmes, enfants, prêtres et agriculteurs figurent régulièrement parmi les victimes.

Les auteurs citent également les chiffres d’Amnesty International, selon lesquels 10 217 personnes ont été tuées par des groupes terroristes au Nigeria au cours des deux dernières années. Ils soulignent que les persécutions contre les chrétiens nigérians ont récemment été dénoncées par le président américain Donald Trump, tandis que le président nigérian Bola Tinubu continue de rejeter les accusations de génocide. Dans leur conclusion, Genocide Watch et l’Alliance Against Genocide exhortent les Nations unies à reconnaître la réalité de cette persécution religieuse et à ne pas céder aux pressions diplomatiques. Une demande qui résonne avec force alors que les chrétiens du Nigeria continuent, semaine après semaine, de payer de leur sang leur fidélité au Christ.

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