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Saint Jean-François Régis, le « marcheur de Dieu » qui évangélisa les montagnes de France

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Prédicateur infatigable, missionnaire des campagnes et ami des pauvres, saint Jean-François Régis a marqué profondément le Velay, le Vivarais et le Forez au XVIIe siècle. Plus de trois siècles après sa mort, son tombeau à Lalouvesc demeure un important lieu de pèlerinage

Jésuite – apôtre du Vivarais (+ 1640)

Le 16 juin, l’Église célèbre saint Jean-François Régis, jésuite français du XVIIe siècle, souvent présenté comme l’un des plus grands missionnaires de son époque. Né en 1597 à Fontcouverte, dans l’actuel département de l’Aude, il grandit dans une France encore profondément marquée par les divisions religieuses nées des guerres de Religion. À l’âge de 19 ans, il entre dans la Compagnie de Jésus. Après sa formation, il est ordonné prêtre le 16 juin 1630. Ses supérieurs lui confient alors les missions intérieures de France, destinées à fortifier la foi catholique dans des régions où les tensions confessionnelles demeurent vives.

Jean-François Régis se révèle rapidement un prédicateur exceptionnel. Son éloquence attire les foules, mais c’est surtout sa proximité avec les plus humbles qui marque les esprits. Il parcourt sans relâche les chemins difficiles du Velay, du Vivarais et du Forez, souvent à pied, affrontant le froid, la neige et les conditions de vie particulièrement rudes des montagnes du Massif central. Cette activité missionnaire intense lui vaut le surnom de « marcheur de Dieu » ainsi que le titre d’« apôtre du Velay et du Vivarais ». Son objectif est clair : raviver la foi catholique, favoriser la réconciliation entre les fidèles et ramener à l’Église ceux qui s’en étaient éloignés.

Les témoignages de son époque décrivent un homme d’une grande austérité personnelle. « Dur avec lui-même, doux avec les autres », selon une formule souvent reprise dans sa biographie, il consacrait de longues heures à la prière, parfois durant une grande partie de la nuit. Son amour de l’Eucharistie et sa dévotion mariale nourrissaient un apostolat particulièrement fécond.Mais son action ne se limitait pas à la prédication. Surnommé également le « père des pauvres », il multipliait les œuvres de charité et venait en aide aux populations les plus démunies. Cette attention concrète aux souffrances humaines contribua largement à sa popularité.

Après des années d’un ministère particulièrement exigeant, sa santé finit par céder. À l’hiver 1640, alors qu’il poursuit encore ses missions malgré l’épuisement, il tombe gravement malade à Lalouvesc, en Ardèche. Il y meurt le 31 décembre 1640, à seulement 43 ans.Selon les récits conservés par la tradition locale, ses dernières paroles reprennent celles du Christ sur la Croix : « Seigneur, je remets mon âme entre tes mains ». La dévotion populaire naît presque immédiatement autour de sa tombe. Très vite, des pèlerins affluent vers Lalouvesc, où de nombreuses grâces et guérisons sont rapportées.

Béatifié en 1716 par le pape Clément XI, Jean-François Régis est canonisé en 1737 par le pape Clément XII. Sa fête est célébrée le 16 juin par les jésuites de France et dans plusieurs diocèses qui ont conservé vivante la mémoire de son apostolat.Aujourd’hui encore, le sanctuaire de Lalouvesc demeure l’un des grands lieux spirituels du centre de la France. Il rappelle la figure d’un prêtre qui consacra toute son existence à annoncer l’Évangile dans les villages les plus reculés et à servir les plus pauvres, jusqu’à l’épuisement de ses forces.

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