Une nouvelle tragédie endeuille les chrétiens du Nigeria. Dans la nuit du 27 au 28 juillet, des hommes armés ont attaqué le village de Naridon, dans le district de Kauru, au sud de l’État de Kaduna, faisant au moins trente morts, parmi lesquels huit enfants. Plusieurs autres personnes ont été blessées et transportées à l’hôpital, tandis que des habitations et des commerces ont été incendiés. Selon les premiers témoignages recueillis sur place, les assaillants ont ouvert le feu de manière indiscriminée sur les habitants alors qu’ils dormaient. Le bilan humain est particulièrement lourd : des familles entières figurent parmi les victimes. Les survivants décrivent une attaque d’une extrême violence qui aurait duré plusieurs heures.
Le président nigérian Bola Tinubu a condamné le massacre et a ordonné aux forces armées, à la police et aux services de renseignement de retrouver les responsables et de rétablir la sécurité dans la région. Les autorités de l’État de Kaduna ont également exprimé leurs condoléances aux familles endeuillées et annoncé un renforcement des opérations de sécurité.
L’identité exacte des auteurs n’a toutefois pas été officiellement établie. Plusieurs organisations chrétiennes internationales évoquent l’implication de militants peuls islamistes, tandis que les autorités nigérianes se gardent, pour l’heure, de désigner publiquement un groupe responsable. Cette prudence officielle contraste avec les témoignages de nombreux habitants, qui affirment reconnaître les assaillants comme appartenant à des milices peules opérant régulièrement dans cette région.
Ce nouveau bain de sang s’inscrit dans une succession d’attaques qui frappent depuis des années les États du centre et du nord du Nigeria.
Les communautés chrétiennes du « Middle Belt » vivent sous la menace constante de violences meurtrières, dans un climat d’insécurité chronique où se mêlent terrorisme islamiste, conflits fonciers et attaques de groupes armés. Les massacres de Noël 2023 dans l’État du Plateau, qui avaient fait près de 200 morts, demeurent dans toutes les mémoires. Quelques jours avant cette nouvelle tragédie, la Conférence des évêques catholiques du Nigeria avait lancé un avertissement solennel au président Tinubu. Dans un message particulièrement ferme, les prélats dénonçaient la dégradation continue de la sécurité, demandaient une protection effective des populations et appelaient le gouvernement à garantir des élections transparentes en 2027. Ils mettaient également en garde contre le risque d’un pays où les citoyens perdraient toute confiance dans la capacité de l’État à assurer leur sécurité.
Pour les habitants de Naridon, ces appels arrivent trop tard. Les funérailles s’organisent désormais dans un village dévasté où des familles pleurent leurs proches, parmi lesquels de très jeunes enfants. Une fois encore, le Nigeria s’interroge : combien de massacres faudra-t-il encore avant que les populations civiles, et notamment les communautés chrétiennes si souvent visées, puissent enfin vivre en paix ?


