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[Incendies] Monseigneur Marc Stenger, un évêque émérite bien mal inspiré en s’en prenant à l’Église

Monseigneur Marc Stenger ( Wikipedia)
Monseigneur Marc Stenger ( Wikipedia)
Au moment où les pompiers rappellent que près de 90 % des départs de feu sont d'origine humaine, fallait-il vraiment transformer ce drame en nouvelle tribune au service de l'écologie militante ?

Par Philippe Marie

Décidément, l’écologie est devenue, chez certains, une véritable grille de lecture universelle. Qu’il s’agisse d’une catastrophe naturelle, d’un incendie ou d’une vague de chaleur, tout doit conduire à la même conclusion : le dérèglement climatique serait l’explication de tout, et l’Église devrait faire de cette cause sa priorité.

C’est précisément le sens de la tribune publiée dans La Croix par Mgr Marc Stenger, évêque émérite de Troyes. L’ancien évêque reproche à l’Église d’avoir appelé à prier contre la loi sur la fin de vie sans avoir lancé, selon lui, une mobilisation comparable pour les victimes de la canicule. Le procès est profondément injuste. Comme si les diocèses touchés par les incendies n’avaient pas célébré de messes, confié les pompiers, les victimes et les familles à la prière des fidèles, accompagné les sinistrés et ouvert leurs portes.

À lire cette tribune, les incendies deviennent presque exclusivement un argument au service d’un certain discours écologique. Pourtant, les sapeurs-pompiers rappellent régulièrement qu’environ 90 % des départs de feu sont d’origine humaine. Cela signifie des imprudences, des négligences, des accidents… et souvent des actes criminels. Alors avant d’invoquer le climat dans tous les sens, encore faut-il regarder les faits.

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Cette obsession climatique finit d’ailleurs par masquer d’autres questions pourtant essentielles. Depuis des années, des maires, des forestiers et des spécialistes de la lutte contre les incendies dénoncent les difficultés à réaliser certains travaux de débroussaillement, à ouvrir des pare-feux ou à entretenir les massifs forestiers. Ils pointent des procédures interminables, des contraintes réglementaires et surtout des oppositions formulées au nom de la protection de l’environnement et d’une certaine idée de l’écologie.

Ce débat existe. Le passer sous silence tout en donnant des leçons d’écologie relève pour le moins d’un curieux choix.

Déjà en 2023 déjà, Mgr Marc Stenger s’était publiquement engagé aux côtés de militants de l’organisation GreenFaith, allant jusqu’à s’enchaîner sur une passerelle parisienne pour protester contre un projet pétrolier en Ouganda et en Tanzanie. Le plus grave est cependant ce glissement idéologique qui conduit à opposer la défense de la vie contre l’euthanasie à la compassion envers les victimes des catastrophes. Comme si l’Église devait choisir entre les deux. Comme si combattre une loi autorisant de donner délibérément la mort empêchait de prier pour ceux qui souffrent. Cette logique est absurde.

L’Église n’a pas attendu les injonctions de Mgr Stenger pour prier, secourir et accompagner. En réalité, cette tribune donne le sentiment que, pour certains, l’écologie est devenue plus qu’une préoccupation légitime : elle est devenue une idéologie à laquelle tout doit être subordonné, y compris la mission de l’Église. C’est précisément ce renversement qui est préoccupant. L’Église est appelée à annoncer le Christ, à défendre la vie sous toutes ses formes et à soutenir ceux qui souffrent. Elle n’a pas vocation à devenir la caisse de résonance d’un discours militant, aussi contemporain soit-il.

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