Samedi 7 novembre 2026, au deuxième jour de son voyage apostolique en Uruguay, le pape Léon XIV s’est rendu dans le quartier populaire de Casavalle, à Montevideo, pour rencontrer les familles de la paroisse Notre-Dame-de-Guadalupe. Une étape particulièrement significative pour un Souverain Pontife qui, avant son élection, a longuement exercé son ministère auprès des populations modestes d’Amérique latine.
🔴LE CORTÈGE DU PAPE LÉON XIV TRAVERSE LE QUARTIER DÉFAVORISÉ DE CASAVALLE SOUS HAUTE SÉCURITÉ
— Tribune Chrétienne (@tribuchretienne) November 8, 2026
➡️Samedi 7 novembre 2026, à Montevideo, une visite hautement symbolique : Léon XIV se rend à la paroisse Notre-Dame-de-Guadalupe pour rencontrer les habitants et ceux qui œuvrent… pic.twitter.com/rd0wx6ViZg
Accueilli par le cardinal Daniel Sturla, archevêque de Montevideo, et par le père Pablo Coimbra, curé de la paroisse, Léon XIV a découvert un projet de logements destinés aux familles à faibles revenus, auquel il a personnellement contribué grâce aux bienfaiteurs de la Papal Foundation. Mais au-delà de cette réalisation concrète, le Pape a prononcé un discours d’une grande densité spirituelle et sociale, rappelant que la mission de l’Église ne saurait être dissociée de la défense de la dignité humaine.
« Un enfant de ce pays, si riche en ressources, ne devrait pas aller se coucher le ventre vide, ni devoir renoncer à une éducation et à un avenir dignes en raison de l’insécurité qui règne dans les rues. »
Cette dénonciation prend une résonance particulière dans un quartier marqué par les difficultés sociales et la violence. Léon XIV refuse de considérer ces situations comme une fatalité. Il interpelle directement les consciences : « Nous ne pouvons pas passer notre chemin quand nous savons qu’il y a en Uruguay des enfants qui ne vont pas à l’école par crainte de ne pas pouvoir regagner leur domicile. » Pour éclairer son propos, le Saint-Père reprend la parabole du bon Samaritain. L’homme blessé au bord du chemin devient l’image de toutes les personnes abandonnées à leur détresse, tandis que l’indifférence des passants révèle une tentation permanente du cœur humain.
La portée théologique de ce rappel est essentielle. La charité chrétienne n’est pas une simple philanthropie, encore moins une idéologie sociale. Elle procède de la rencontre avec le Christ, dont chaque personne porte l’image. Secourir les plus pauvres ne constitue donc pas une activité secondaire de l’Église, mais une exigence inséparable de sa fidélité à l’Évangile.
Léon XIV prend toutefois soin de rappeler la finalité proprement surnaturelle de la mission ecclésiale. Une paroisse doit être « comme un phare qui signale la présence de Jésus-Christ », offrant « la lumière de la Parole de Dieu, le secours des Sacrements, l’aide de la prière et le baume de la charité fraternelle ». Cette articulation est fondamentale : l’Église ne peut être réduite à une organisation humanitaire. Sa première mission demeure l’annonce du salut en Jésus-Christ, dont la charité constitue une manifestation visible.
🔴LE PAPE LÉON XIV VIENT À LA RENCONTRE DE LA JEUNESSE URUGUAYENNE
— Tribune Chrétienne (@tribuchretienne) November 8, 2026
➡️Ce samedi 7 novembre 2026, au stade Centenario de Montevideo, le Saint-Père adresse un appel particulièrement fort aux jeunes, les encourageant à se marier, à fonder une famille et à accueillir la vie.
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Le Pape précise également les responsabilités respectives de chacun : « Nous devons travailler ensemble : l’Église, la société civile et l’État. Nous devons sortir de notre inertie et défendre le bien commun. » En citant sa propre encyclique Magnifica humanitas, Léon XIV rappelle que l’action charitable de l’Église ne doit pas « se substituer aux responsabilités institutionnelles propres à la communauté civile ».Cette distinction rejoint la doctrine sociale catholique, particulièrement le principe de subsidiarité : la charité personnelle, indispensable, ne dispense jamais les autorités de leurs obligations envers les plus vulnérables.
Enfin, en évoquant Notre-Dame de Guadalupe, le Saint-Père replace cette exigence sociale sous le regard de la Vierge Marie, qui conduit toujours les hommes vers son Fils.La conclusion de son intervention résume toute la radicalité de l’appel chrétien : « Va, et toi aussi, fais de même. » À Casavalle, Léon XIV rappelle ainsi qu’une société ne se juge pas seulement à sa prospérité, mais aussi à la place qu’elle réserve aux plus fragiles. Et qu’une foi véritable ne peut demeurer indifférente à la souffrance du prochain.
Texte intégral du pape Léon XIV
Voyage apostolique en Uruguay, en Argentine et au Pérou, du 6 au 17 novembre 2026
Rencontre avec la réalité sociale de Casavalle
Paroisse Notre-Dame-de-Guadalupe, Montevideo, samedi 7 novembre 2026
Salutation improvisée du Saint-Père Léon XIV aux familles résidant à Casavalle
La Bénédiction de Dieu se manifeste sous de nombreuses formes. Aujourd’hui, nous souhaitons implorer sa Bénédiction sur chaque famille représentée ici, sur leurs proches, ainsi que sur toutes les familles qui vivent dans ce quartier.
Nous recevons une grande Bénédiction lorsque nous sommes réunis en communauté, lorsque nous apprenons à travailler ensemble, à collaborer à un projet commun et à affirmer que la vie est importante, que notre foi nous soutient. Et que nous voulons être fidèles à Jésus, notre meilleur ami.
Le Seigneur soit avec vous! Que la Bénédiction de Dieu tout-puissant, le Père et le Fils et le Saint-Esprit, descende sur vous. Amen.
Salutation du Saint-Père
« Chers frères et sœurs, bonsoir !
C’est une grande joie pour moi de pouvoir visiter cette paroisse, ce quartier, de parcourir les rues et de découvrir les travaux qui ont été réalisés avec beaucoup d’efforts. En les voyant, je me sens comme chez moi, cela me rappelle les visites que je faisais dans différentes communautés en tant que missionnaire. Je remercie le Cardinal Daniel Sturla, archevêque de Montevideo, l’abbé Pablo Coimbra, curé de cette paroisse, et Mme Carmen Albana Sanz pour leur mot de bienvenue ; ainsi que vous tous pour votre présence ici aujourd’hui et pour avoir préparé cette rencontre avec tant d’enthousiasme. Je tiens tout particulièrement à remercier ceux qui ont apporté leur témoignage, en ouvrant leur cœur pour partager avec nous le triomphe de la vie, de la foi et de l’espérance. Merci à Angélica, Alan et Katherine.
Cette paroisse est dédiée à Notre-Dame de Guadalupe que mes prédécesseurs ont proclamée “Patronne de l’Amérique latine” et “Impératrice des Amériques”. Cette présence aimante de notre Mère céleste sur ce continent nous invite à regarder au-delà de la réalité qui nous entoure, à voir au-delà des frontières, et à ouvrir nos cœurs aux réalités éternelles en élevant le regard. De même, Marie nous enseigne à faire ce que nous dit son Fils Jésus (cf. Jn 2, 5), et telle est la mission des paroisses : être comme un phare qui signale la présence de Jésus-Christ, en offrant à tous la lumière de la Parole de Dieu, le secours des Sacrements, l’aide de la prière et le baume de la charité fraternelle. Au sein de cette communauté paroissiale, un projet de construction de plusieurs logements destinés à des familles à faibles revenus a été mené à bien. Je me réjouis d’avoir pu contribuer à cette belle initiative grâce aux bienfaiteurs de la Papal Foundation, que je remercie sincèrement pour leur générosité. Puissent ces logements être pour ces familles bien plus qu’un simple toit : un véritable foyer où elles pourront grandir dans la dignité, la paix et l’espoir, en ressentant toujours la proximité et l’amour de Dieu.
Je voudrais partager avec vous une histoire que Jésus a racontée à ses disciples – vous la connaissez sûrement – ; je veux parler de la parabole du bon Samaritain (cf. Lc 10, 29-37). On y raconte qu’un homme « tomba sur des bandits ; ceux-ci, après l’avoir dépouillé et roué de coups, s’en allèrent, le laissant à moitié mort » (v. 30). Cet événement était très regrettable et injuste. À la terrible agression subie par cet homme qui passait par cette route s’ajoutait, en outre, la douleur causée par l’indifférence de ceux qui, l’ayant vu en détresse, ont passé leur chemin (cf. vv. 31-32). Mais l’histoire ne s’arrête pas là ; dans ce récit, une lueur d’espérance se fait jour : un Samaritain, en le voyant, fut ému, s’approcha, soigna ses blessures, le conduisit dans une auberge et offrit les moyens nécessaires à ses soins et à son rétablissement (cf. vv. 33-35).
Chers frères et sœurs, cette histoire se répète souvent aujourd’hui encore dans les nombreux cas d’insécurité et de violence qui menacent malheureusement la paix de nos quartiers, voire la vie de nos proches, et auxquels la société répond si souvent par l’indifférence. En même temps, nous pouvons voir l’autre facette, c’est-à-dire l’action de nombreuses institutions et de personnes au grand cœur qui contribuent à promouvoir la paix et aident les gens à subvenir à leurs besoins de manière concrète. La vie dévouée du Père Cacho en est un exemple lumineux : il a su jeter des ponts, abattre des murs et favoriser les rencontres, comme nous l’a raconté Angélica dans son témoignage.
Nous devons continuer à miser sur la proximité charitable du bon Samaritain qui, en voyant le malheur d’autrui, n’est pas resté indifférent, mais a pris en charge la vie de son prochain. Nous ne pouvons pas passer notre chemin quand nous savons qu’il y a en Uruguay des enfants qui ne vont pas à l’école par crainte de ne pas pouvoir regagner leur domicile. Nous saurions faire taire notre conscience quand nous voyons qu’une mère n’a pas les moyens de nourrir ses enfants. Nous ne pouvons ignorer que beaucoup de personnes de notre entourage souffrent, sont seules et vulnérables. Nous l’avons entendu de vive voix, à travers les paroles émouvantes de Katherine. Un enfant de ce pays, si riche en ressources, ne devrait pas aller se coucher le ventre vide, ni devoir renoncer à une éducation et à un avenir dignes en raison de l’insécurité qui règne dans les rues. Et encore moins devrait-il subir des violences au point d’en perdre la vie.
Nous devons travailler ensemble : l’Église, la société civile et l’État. Nous devons sortir de notre inertie et défendre le bien commun. C’est l’expérience qu’Alan a partagée avec nous et qui le pousse aujourd’hui à offrir gratuitement ce qu’il a lui-même reçu. C’est à nous de décider si nous voulons construire une nouvelle cité, où personne n’est exclu, ou si nous préférons rester confortablement repliés sur nos propres affaires. Le Pape François nous disait que « l’inclusion ou l’exclusion de la personne en détresse au bord de la route définit tous les projets économiques, politiques, sociaux et religieux. Chaque jour, nous sommes confrontés au choix d’être de bons samaritains ou des voyageurs indifférents qui passent outre » (Fratelli tutti, n. 69).
L’action de l’Église naît de la charité évangélique « qui la pousse à s’approcher des blessures de l’humanité lorsque celles-ci se manifestent avec plus de gravité. Lorsqu’elle intervient, elle le fait en imitant le bon Samaritain, avec discrétion et proximité, consciente que ce qui naît d’une nécessité immédiate ne peut devenir la norme ni se substituer aux responsabilités institutionnelles propres à la communauté civile » (Magnifica humanitas, n. 21). Unissons donc nos efforts et répondons avec générosité à l’appel à construire ensemble une patrie de frères.
Chers amis, la parabole du bon Samaritain se termine par cette exhortation de Jésus : « Va, et toi aussi, fais de même » (Lc 10, 37). Il s’agit d’un commandement que tout chrétien doit entendre résonner chaque jour dans son cœur (cf. Dilexi te, n. 107). Laissons ces paroles nous renouveler et nous pousser à continuer de construire ensemble une nouvelle cité, où règnent l’amour et la paix. Que Dieu vous bénisse et que notre Mère de Guadalupe, à qui je porte une affection et une vénération particulières, puisque c’est le jour de sa fête que j’ai reçu l’ordination épiscopale, vous protège de son manteau céleste. Merci beaucoup. »
Source : Saint-Siège, discours du 7 novembre 2026. »


