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« Nous ne pouvons pas fermer les yeux »: les évêques boliviens lancent un appel face à la crise qui frappe le pays

La Paz ( Bolivie) - Depositphotos
La Paz ( Bolivie) - Depositphotos
Dans un pays confronté à une profonde crise économique, à des pénuries de carburant, à une inflation croissante et à de fortes tensions politiques, les évêques invitent les responsables publics à remettre le bien commun, la justice sociale et la paix au cœur de leur action

À l’occasion du 201e anniversaire de l’indépendance de la Bolivie, célébré le 6 août, la Conférence épiscopale bolivienne a publié un message : « Nous ne pouvons pas fermer les yeux devant la réalité qui frappe le quotidien de nos familles. » Par ces mots, les évêques de Bolivie dressent un constat sans détour de la situation que traverse leur pays. Publié à l’occasion du 201e anniversaire de l’indépendance nationale, leur message se veut à la fois un appel à la responsabilité des dirigeants et un encouragement à l’espérance pour une population durement éprouvée.

Depuis plusieurs mois, la Bolivie est confrontée à une crise économique qui pèse lourdement sur la vie quotidienne. Les pénuries de carburant se multiplient, les réserves de devises se sont fortement réduites, le coût de la vie augmente et de nombreuses familles peinent à répondre à leurs besoins essentiels. Les jeunes, confrontés au manque de perspectives, sont de plus en plus nombreux à envisager de quitter le pays. À cette situation économique s’ajoutent de profondes divisions politiques qui fragilisent encore davantage la cohésion nationale.

Face à cette réalité, la Conférence épiscopale bolivienne ne propose pas de solution partisane. Fidèles à la doctrine sociale de l’Église, les évêques rappellent que toute action politique doit être orientée vers le bien commun et le service des plus fragiles.

« Nous exhortons humblement les autorités de l’État et les différents responsables à prendre des décisions orientées vers le bien commun, en donnant toujours la priorité aux plus vulnérables et aux plus démunis », écrivent-ils. Les évêques identifient trois priorités pour permettre au pays de surmonter cette épreuve : la justice sociale, la solidarité et la paix. Ils rappellent d’abord que la justice sociale exige des décisions politiques qui protègent les plus faibles plutôt que des intérêts particuliers. Ils invitent ensuite chaque citoyen à vivre une solidarité concrète, en partageant généreusement ses biens avec ceux qui souffrent le plus durement des conséquences de la crise.

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L’épiscopat insiste également sur la nécessité de retrouver un climat de paix et d’unité nationale. Dans un contexte marqué par les affrontements politiques et les tensions sociales, les évêques appellent à dépasser les divisions. « La Bolivie a besoin de l’engagement honnête et conjoint de tous ses secteurs pour construire des ponts de dialogue et de compréhension », soulignent-ils.

Une place importante du message est consacrée aux familles. Les évêques évoquent l’angoisse de ceux qui peinent chaque jour à assurer leur subsistance et expriment leur proximité avec les parents qui luttent pour « apporter le pain à la maison ». Ils rappellent que les difficultés économiques ne sont pas de simples statistiques, mais une souffrance humaine qui touche les personnes les plus vulnérables.À travers cet appel, les évêques boliviens réaffirment les principes fondamentaux de la doctrine sociale de l’Église : la dignité de toute personne, la recherche du bien commun, la solidarité et la responsabilité des gouvernants envers les plus pauvres. Sans entrer dans le débat partisan, ils rappellent que l’autorité politique ne trouve sa véritable légitimité que lorsqu’elle est mise au service de l’homme et du développement intégral de la société.

Dans une Bolivie profondément éprouvée, leur message apparaît ainsi comme une invitation à reconstruire l’unité nationale en privilégiant le dialogue, la justice et l’attention aux plus fragiles, afin que la crise actuelle ne fasse pas perdre de vue ce qui doit demeurer la priorité de toute société : le bien de chaque personne et de l’ensemble de la communauté.

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