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Assassinat du Père Jacques Hamel : dix ans après, mémoire d’un martyr mort en haine de la foi

Père Jacques Hamel - ( Diocèse de Rouen)
Père Jacques Hamel - ( Diocèse de Rouen)
Le 26 juillet 2016 , le père Jacques Hamel n'a pas été tué au hasard. Il a été assassiné parce qu'il était prêtre, parce qu'il célébrait l'Eucharistie

Dimanche 26 juillet, dix ans se seront écoulés depuis l’un des attentats les plus atroces qu’ait connus l’Église de France. Le 26 juillet 2016, le père Jacques Hamel, âgé de 85 ans, était assassiné en haine de la foi alors qu’il célébrait la messe dans l’église de Saint-Étienne-du-Rouvray, près de Rouen. Deux terroristes se réclamant de l’organisation État islamique firent irruption dans l’église avant de prendre plusieurs personnes en otage. Le père Jacques Hamel fut contraint de s’agenouiller puis sauvagement égorgé au pied de l’autel. Cette exécution d’une barbarie inouïe, commise dans un lieu consacré à Dieu, demeure l’une des pages les plus sombres de l’histoire récente de l’Eglise de France.

Au-delà de l’horreur du crime, cet assassinat revêt une profonde signification religieuse. Le père Jacques Hamel n’a pas été tué au hasard. Il a été assassiné parce qu’il était prêtre, parce qu’il célébrait l’Eucharistie et parce qu’il incarnait, aux yeux de ses assassins, la foi chrétienne qu’ils voulaient frapper.

C’est précisément cette réalité que l’Église désigne par l’expression latine odium fidei – la haine de la foi –, qui fonde la reconnaissance du martyre.

Quelques mois après le drame, le pape François prit une décision exceptionnelle en accordant une dérogation au délai canonique de cinq ans normalement requis avant l’ouverture d’une cause de béatification. Dès le 13 avril 2017, la cause du père Jacques Hamel était officiellement ouverte dans le diocèse de Rouen. Le procès diocésain, achevé en mars 2019, a permis de recueillir les témoignages des personnes qui l’ont connu ainsi que ceux des fidèles présents lors de l’attentat. Les travaux ont été rassemblés dans un volumineux dossier transmis au Dicastère pour les Causes des Saints, à Rome, où la procédure suit désormais son cours.

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La prochaine étape sera l’étude de la Positio, document qui rassemble les éléments historiques, théologiques et juridiques permettant d’établir officiellement que le père Jacques Hamel est bien mort en haine de la foi. Si le Saint-Siège reconnaît son martyre, il pourra être proclamé bienheureux sans qu’un miracle préalable soit nécessaire, comme le prévoit le droit de l’Église pour les martyrs. Un miracle sera en revanche requis pour une éventuelle canonisation.

Le père Jacques Hamel n’était ni une personnalité médiatique ni une figure influente de l’Église. Il était un humble curé de paroisse, fidèle à son ministère depuis des décennies, connu pour sa simplicité, sa bonté et son dévouement. Rien ne le destinait à entrer dans l’histoire. Son sacrifice rappelle que la sainteté s’enracine d’abord dans la fidélité quotidienne avant de pouvoir aller, parfois, jusqu’au témoignage suprême.

Dix ans après ce drame, le souvenir du père Jacques Hamel demeure également un rappel des menaces auxquelles les chrétiens continuent d’être confrontés. Si l’organisation État islamique a perdu son territoire, l’idéologie islamiste qui inspira cet attentat n’a pas disparu. Dans de nombreuses régions du monde, des chrétiens continuent d’être persécutés, emprisonnés ou assassinés en raison de leur foi.

La commémoration de ce dixième anniversaire sera donc bien davantage qu’un simple devoir de mémoire. Elle sera l’occasion de rendre hommage à un prêtre qui a donné sa vie jusqu’au bout de son ministère et de rappeler que le martyre n’appartient pas seulement aux premiers siècles du christianisme. Il demeure une réalité tragique de notre temps. Son sang versé au pied de l’autel interpelle les consciences. Il rappelle que face à la folie islamiste la liberté religieuse exige d’être défendue avec courage et que ceux qui meurent en haine de la foi ne doivent jamais être oubliés.

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