Pour comprendre cette décision, il faut remonter au 26 novembre 2025. Ce jour-là, des représentants du diocèse de Paris et des Religieux de Saint-Vincent-de-Paul avaient rencontré les fidèles afin d’évoquer l’avenir du lieu. Historiquement chargés de Notre-Dame-du-Lys, ces religieux avaient expliqué ne plus disposer des moyens humains et financiers nécessaires pour continuer à porter seuls cette œuvre.
La question immobilière pèse lourdement. Les travaux nécessaires seraient estimés à environ un million d’euros à court terme et pourraient atteindre près de trois millions d’euros à plus longue échéance. Le diocèse de Paris avait indiqué qu’il ne souhaitait pas assumer seul un tel investissement et envisageait de se désengager à partir de juin 2026. Cette perspective avait suscité une vive inquiétude parmi les fidèles. Notre-Dame-du-Lys ne se résume pas à une chapelle : le lieu accueille des messes célébrées selon le missel de Paul VI et celui de 1962, des temps d’adoration, du catéchisme ainsi qu’un patronage fréquenté par de nombreux enfants et adolescents. Des familles, des étudiants et de jeunes professionnels y ont trouvé un véritable ancrage spirituel.
Dans un premier temps, Monseigneur Laurent Ulrich aurait envisagé de confier la chapelle et le patronage à l’Institut du Christ-Roi Souverain Prêtre, société de vie apostolique de droit pontifical attachée à la liturgie traditionnelle.
Mais, selon Paix Liturgique, ce projet aurait provoqué une vive opposition dans l’entourage de l’archevêque. En cause, notamment, un rapport rédigé en février 2014 par le Bureau des dérives sectaires de la Conférence des évêques de France au sujet de l’Institut. Une autre hypothèse circule : celle d’un désaccord sur le maintien de la messe de 10 heures célébrée selon le missel de Paul VI. Monseigneur Ulrich souhaitait que la communauté reprenant les lieux assure également cette messe. L’ICRSP célébrant habituellement selon le missel de 1962, cette question a-t-elle pesé dans la décision ? À ce stade, rien ne permet de l’affirmer, ni même de soutenir que l’Institut aurait refusé d’assurer cette célébration. Enfin une autre explication est également avancée : les prêtres des Missionnaires de la Miséricorde divine seraient considérés comme mieux intégrés à la vie diocésaine que ceux de l’Institut du Christ-Roi.
L’archevêché de Paris n’ayant donné aucune explication officielle, les véritables raisons de l’abandon du projet demeurent donc inconnues.
Fondée par l’abbé Fabrice Loiseau, cette communauté est notamment engagée dans la nouvelle évangélisation dont l’annonce aux frères musulmans. Précisons également que Les Missionnaires de la Miséricorde divine comptent toujours six diacres en attente d’ordination sacerdotale depuis 2024, l’autorisation de les ordonner selon le rite tridentin leur ayant jusqu’à présent été refusée.
Une communauté capable de servir les fidèles dans les deux formes liturgiques demeure ainsi elle-même confrontée aux restrictions imposées à la liturgie traditionnelle. Tous attendent donc le mois d’octobre avec une certaine impatience pour savoir si les Missionnaires seront autorisés à ordonner leurs diacres selon le rite ancien.
En l’absence de communication officielle de l’archevêché de Paris, plusieurs éléments restent donc à éclaircir : les motifs précis de l’abandon du projet avec l’Institut du Christ-Roi, les conditions définitives de l’arrivée des Missionnaires de la Miséricorde divine et l’organisation liturgique qui sera mise en place à partir de septembre.


