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[Royaume-Uni] « Il faut d’abord rétablir les soins palliatifs » : Andy Burnham recadre et repousse le débat sur l’euthanasie

Le Premier ministre britannique Andy Burnham - capture écran
Le Premier ministre britannique Andy Burnham - capture écran
En France, la logique économique a pris le pas sur l'exigence d'un véritable accompagnement des plus fragiles. Le tout est enveloppé dans une véritable mascarade sémantique qui fait passer le droit de tuer pour un « soin »

Le débat sur l’aide à mourir ne devrait pas être une priorité tant que les Britanniques ne bénéficieront pas d’un accès effectif à des soins palliatifs et à un accompagnement social de qualité. C’est la position exprimée le 29 juillet par le Premier ministre britannique Andy Burnham, catholique assumé et dirigeant du Parti travailliste, qui appelle à remettre en état ces services essentiels avant d’envisager une évolution de la législation.,Interrogé sur cette question, le chef du gouvernement a déclaré :

« Personnellement, je pense qu’il y a une chose qui doit arriver d’abord : remettre en état le financement des soins palliatifs et des soins sociaux. Il est très difficile d’ouvrir ce débat plus large lorsque les personnes ne bénéficient pas encore de ces soins ni de la tranquillité d’esprit qu’ils procurent. »

Andy Burnham ne se déclare pas opposé par principe à l’aide à mourir. En revanche, il estime que le débat ne peut être abordé sereinement tant que les personnes gravement malades ou en fin de vie ne disposent pas d’une véritable alternative fondée sur des soins de qualité, le soulagement de la douleur et un accompagnement digne.

Cette déclaration a immédiatement suscité de très nombreuses réactions au Royaume-Uni. Beaucoup saluent une approche qu’ils jugent empreinte de réalisme, estimant qu’on ne peut parler d’un « libre choix » si des patients renoncent à vivre faute de bénéficier des soins ou du soutien auxquels ils devraient avoir accès. Plusieurs commentaires insistent sur le fait que la véritable compassion consiste d’abord à garantir les meilleures conditions possibles de fin de vie, afin que personne ne soit tenté de demander la mort parce qu’il se sent abandonné, isolé ou devenu un poids pour ses proches.

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Cette réflexion ne peut que faire écho à la situation française. En France, la loi sur « l’aide à mourir » a été adoptée alors même que l’accès aux soins palliatifs demeure très inégal selon les territoires et que des milliers de patients en sont encore privés chaque année. C’est là tout le drame de cette réforme : la logique économique a pris le pas sur l’exigence d’un véritable accompagnement des plus fragiles. Le tout est enveloppé dans une véritable mascarade sémantique qui fait passer le droit de tuer pour un « soin », transformant ainsi, par le seul choix des mots, un acte létal en un acte thérapeutique.

Comme l’ont rappelé les évêques de France, la vraie fraternité ne peut pas tuer et une société véritablement humaine ne devrait jamais proposer la mort comme réponse à la souffrance.

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