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Sarah Mullally, archevêque de Cantorbéry très contestée, doit rencontrer le Pape Léon XIV

Pape Léon XIV - Sarah Mullaly
Pape Léon XIV - Sarah Mullaly
La rencontre avec le pape ne saurait donc être interprétée comme une validation implicite de ces évolutions, mais plutôt comme un geste de dialogue, fidèle à la mission de l’Église de chercher l’unité sans renoncer à la vérité

La rencontre annoncée entre le pape Léon XIV et Sarah Mullally, nouvelle archevêque de Cantorbéry, s’inscrit dans une longue histoire de dialogue entre Rome et l’anglicanisme. Mais elle intervient aussi dans un contexte ecclésial marqué par des divergences doctrinales profondes, que cette visite ne saurait occulter.

Première femme à occuper la fonction de primat de l’Église d’Angleterre, Sarah Mullally, en visite à Rome pour 4 jours, incarne une évolution majeure , et controversée , au sein de la communion anglicane. Ancienne infirmière, mariée et mère de famille, elle a accédé à cette responsabilité il y a à peine un mois, devenant ainsi la figure spirituelle de plusieurs dizaines de millions de fidèles. Cette nomination, saluée dans certains milieux comme un progrès, est aussi perçue par d’autres comme un éloignement supplémentaire vis-à-vis de la tradition apostolique telle que la comprend l’Église catholique.

Loin de toute unanimité autour d’elle, elle symbolise le dévoiement d’une doctrine reprenant tous les relents d’un progressisme idéologique destructeur de la foi chrétienne. Ses prises de position publiques sont claires. Sur les questions sociétales, elle défend une ligne non opposée à l’avortement et aux revendications portées par les mouvements LGBT et s’affiche comme le chantre de l’égalitarisme au féminin. Les rumeurs concernant sa vie privée ont également illustré la fracture avec une grande partie des prêtres et des fidèles de l’église anglicane.

C’est dans ce contexte que s’ouvre sa visite de quatre jours à Rome et au Vatican, ponctuée par une audience avec le pape. Officiellement, il s’agit de poursuivre le dialogue œcuménique engagé depuis plusieurs décennies, notamment depuis la rencontre historique de 1966 entre Michael Ramsey et Paul VI. Depuis lors, les relations entre les deux Églises ont connu des avancées, mais aussi des tensions croissantes, en particulier sur des questions touchant au sacerdoce et à la nature de l’Église.

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L’ordination des femmes, désormais pleinement intégrée dans l’anglicanisme et symbolisée aujourd’hui par la figure même de Sarah Mullally, constitue l’un des points de désaccord les plus significatifs. Pour l’Église catholique, cette pratique demeure incompatible avec la tradition reçue des apôtres.

La rencontre avec le pape ne saurait donc être interprétée comme une validation implicite de ces évolutions, mais plutôt comme un geste de dialogue, fidèle à la mission de l’Église de chercher l’unité sans renoncer à la vérité.

Le pape Léon XIV, en recevant Sarah Mullally, s’inscrit dans cette ligne : maintenir un contact, ouvrir un espace de parole, sans effacer les divergences. Dans la perspective catholique, l’unité ne peut se construire que dans la fidélité à la foi transmise, et non dans l’adaptation aux évolutions sociétales. Certains observateurs espèrent que cette visite pourrait marquer une étape vers un rapprochement. D’autres y voient au contraire l’illustration d’un fossé qui continue de se creuser, notamment sur les questions anthropologiques et ecclésiologiques. Les attentes exprimées par certains groupes en faveur d’une évolution de la position catholique, notamment sur le rôle des femmes dans l’Église, restent à cet égard sans fondement doctrinal.

La rencontre de Rome apparaît ainsi moins comme un tournant que comme un rappel : celui d’un dialogue nécessaire, mais exigeant, entre deux traditions chrétiennes dont les chemins, bien que liés par l’histoire, demeurent aujourd’hui profondément distincts.

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