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[Sacres de la FSSPX]  Une journée historique… et une immense tristesse pour tous les fidèles

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Le 1er juillet 2026 restera comme une date charnière de l'histoire contemporaine de l'Église catholique. À Écône, la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X a consacré quatre nouveaux évêques malgré l'opposition explicite du Saint-Siège. Trente-huit ans après les sacres de Monseigneur Marcel Lefebvre, une nouvelle fracture s'est ouverte. Derrière la solennité de la cérémonie, c'est une profonde blessure qui traverse aujourd'hui l'ensemble du monde catholique

La presse catholique et généraliste ne s’y était d’ailleurs pas trompée. De Bernadette Sauvaget, de Libération, à Héloïse de Neuville, de La Croix, en passant par Jean-Marie Guénois, du Figaro, les envoyés spéciaux d’Aleteia, de Famille Chrétienne, John-Henry Westen, de LifeSiteNews, les journalistes du Times et de nombreux autres médias internationaux, plus d’une centaine de journalistes avaient fait le déplacement en Suisse. Tribune Chrétienne avait également dépêché son reporter spécial à Écône. Tous avaient conscience, quelles que soient leurs sensibilités religieuses ou leurs convictions, d’assister à une journée historique pour l’Église universelle, comparable, par sa portée, aux sacres de Monseigneur Marcel Lefebvre en 1988.

Plus de 16 500 fidèles, venus de plus de cinquante nations selon les organisateurs, avaient rejoint Écône. Ils étaient accompagnés de près de 1 800 prêtres, séminaristes, frères, religieux et religieuses, représentant les quelque 500 000 fidèles que compte aujourd’hui la Fraternité à travers le monde. Tous animés par une foi sincère, un profond amour de la liturgie traditionnelle et la conviction d’agir pour le bien de l’Église.C’est précisément ce qui rend cette journée si tragique.

Car derrière la majesté de la liturgie, les chants grégoriens et la dignité des cérémonies, c’est une blessure ecclésiale qui s’est ouverte. Une blessure dont les conséquences ne sont pas encore pleinement mesurables.

Dans les prochaines heures, au plus tard dans les soixante-douze heures, le pape Léon XIV devrait promulguer un motu proprio, préparé, selon plusieurs sources, par le cardinal Víctor Manuel Fernández. Son contenu demeure inconnu, mais il devrait préciser les conséquences canoniques de ces consécrations. Beaucoup espèrent néanmoins que le Saint-Père distinguera les responsables de cette décision des très nombreux fidèles de la Fraternité, dont la sincérité de la foi ne peut être contestée, et qu’il laissera ouverte la possibilité d’un chemin de réconciliation.

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La tristesse dépasse largement les frontières du séminaire suisse. Elle est celle des communautés traditionnelles demeurées fidèles à Rome, qui voient s’éloigner des frères partageant pourtant le même amour de la Tradition, de la liturgie et du sacerdoce. Elle est aussi celle de nombreux fidèles de la Fraternité Saint-Pie X qui, tout en ayant participé avec ferveur à cette journée, prennent conscience qu’un fossé se creuse désormais avec Rome et qu’à court terme aucun véritable retour en arrière ne semble possible. C’est probablement le drame le plus profond de cette journée historique.

La météo elle-même a offert une image saisissante. Après une matinée sous un ciel lourd et menaçant, un violent orage s’est abattu sur Écône au moment même des consécrations épiscopales, tandis que résonnait le célèbre Lascia ch’io pianga de Haendel. Beaucoup y verront une simple coïncidence. D’autres ne pourront s’empêcher d’y discerner le symbole des larmes d’une Église qui voit l’une de ses plus anciennes blessures se rouvrir.

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Rappelons que malgré les nombreuses ouvertures proposées successivement par saint Jean-Paul II, Benoît XVI puis le pape François durant toutes ces années, les dirigeants de la Fraternité Saint-Pie X ont finalement choisi une autre voie. Certes, ils ont toujours affirmé reconnaître le pape comme Successeur de Pierre, évitant ainsi de donner l’image d’une « Église parallèle ». Mais les consécrations épiscopales célébrées ce 1er juillet changent profondément la donne. Au-delà des déclarations de principe, la réalité apparaît désormais tout autre : en se dotant de quatre nouveaux évêques contre la volonté explicite du Saint-Siège, la Fraternité franchit un seuil qui matérialise une séparation de fait avec Rome.

Mais cette journée invite aussi à un examen de conscience. Le cardinal Gerhard Müller rappelait encore qu’« on ne peut pas interdire le rite dans sa forme ancienne », estimant que les restrictions de Traditionis Custodes avaient paradoxalement renforcé les positions de la Fraternité Saint Pie X. Il ajoute également que les communautés traditionnelles demeurées pleinement fidèles au Pape pourraient constituer, demain, le chemin d’un retour à la pleine communion pour ceux qui le souhaiteront. Une autre interrogation demeure. Comment ne pas craindre que ce schisme n’en annonce d’autres ? Alors qu’une partie de l’Église d’Allemagne continue de promouvoir des orientations que Rome a clairement refusées, le risque d’une fracture autrement plus importante ne peut être ignoré. Cette fois, il ne s’agirait plus d’une communauté de quelques centaines de milliers de fidèles, mais d’une Église comptant plusieurs millions de catholiques.

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Aujourd’hui, il n’y a ni vainqueurs ni vaincus. Il n’y a que des catholiques qui pleurent une nouvelle déchirure de la tunique sans couture du Christ. Après près de quarante années de tentative de dialogue, de patience et d’ouvertures successivement proposées par Rome, une nouvelle rupture vient d’être consommée. Plus que jamais, l’heure n’est ni aux invectives ni aux triomphes. Elle est à la prière, afin que cette blessure ne devienne jamais définitive et qu’un jour puisse être retrouvée la pleine communion autour du Successeur de Pierre, principe visible et permanent de l’unité de l’Église.

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