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Vers un rapprochement stratégique entre le Vatican et le Comité international olympique ?

"Quiconque veut lutter, s'abstient de tout : eux pour une couronne périssable ; nous pour une impérissable". (1 Cor 9, 25)

Le 3 août dernier, le Bureau de presse du Saint-Siège a diffusé un communiqué exprimant la tristesse du Saint-Siège face à certaines scènes de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Paris. Ce texte, rédigé uniquement en français, a fait suite à l’indignation suscitée par une représentation blasphématoire de la Cène par des drag-queens lors de la cérémonie d’ouverture du 26 juillet . Ce bref communiqué a contrasté avec les réactions exprimant une véritable colère, notamment par les Églises orientales, qui ont dénoncé l’outrage au « mystère des mystères du christianisme » et à ce qui est sacré pour des milliards de personnes.

Le silence du pape François sur cet incident a suscité de nombreuses interrogations. Alors que des personnalités comme le président turc Recep Tayyip Erdoğan étaient scandalisées, le pape est resté muet.

Des observateurs romains expliquent ce silence comme un moyen de ne pas nuire aux relations établies entre le Vatican et le Comité international olympique (CIO), en vue d’une participation aux prochains Jeux Olympiques, notamment ceux de Los Angeles en 2028.

Le site cath.ch indique que le Vatican a intensifié ses efforts pour s’intégrer au mouvement olympique. Le président du CIO, Thomas Bach, a été reçu au Vatican en septembre 2022 dans le cadre d’un congrès sur le thème du sport pour tous. Actuellement, le Vatican a quatre disciplines affiliées aux fédérations olympiques, mais il lui faut encore en intégrer une cinquième pour participer aux JO de Los Angeles.

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Le pape François, pionnier d’un rapprochement sportif, a nommé Mgr Emmanuel Gobilliard délégué aux JO de Paris 2024, pour établir un lien entre l’Église et le sport. En 2021, le Dicastère pour la Culture a également organisé un colloque sur le sport, avec la présence du pape et de Thomas Bach. Le Vatican espère donc s’affilier à une cinquième fédération pour participer pleinement aux Jeux de 2028.

La création de l’équipe de football vaticane sous Jean-Paul II a été le premier pas vers une implication sportive plus large. Bien que l’équipe ait connu des résultats mitigés au fil des ans, le Vatican explore désormais d’autres disciplines, comme le cricket et le basket-ball, en se réjouissant des performances de l’équipe de cricket lors de ses récents matchs en Angleterre. Le basket-ball, que le pape affectionne particulièrement, est également envisagé comme un moyen d’atteindre cet objectif.

Cependant, les récents événements à Paris soulèvent des questions fondamentales sur les valeurs que le Vatican souhaite promouvoir à travers sa participation aux JO. Alors que le Pape est resté silencieux face aux offenses publiques faites à la foi chrétienne, certains se demandent si cela ne trahit pas un compromis avec les principes moraux de l’Eglise universelle.

La participation du Vatican aux Jeux Olympiques, décrite comme un « marathon des valeurs », est mise en question, notamment en raison de la nécessité de définir quelles valeurs sont réellement défendues.

Le dilemme s’illustre par la citation de Saint Paul : « Quiconque veut lutter, s’abstient de tout : eux pour une couronne périssable ; nous pour une impérissable » (1 Cor 9, 25). Les athlètes olympiques remportent des médailles et des records, tandis que le Vatican est appelé à viser la vie éternelle et la défense des valeurs chrétiennes.

Les valeurs chrétiennes et la dignité du Christ, peuvent-elles être compromises au nom de la participation sportive ?

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