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11 septembre 2001 : quand le djihad d’Al-Qaïda a tué 2 977 personnes en détournant le nom de Dieu

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Il y a vingt-cinq ans, le 11 septembre 2001, dix-neuf terroristes d’Al-Qaïda détournaient quatre avions de ligne et tuaient 2 977 personnes à New York, au Pentagone et en Pennsylvanie. Ce crime de masse ne fut pas seulement un traumatisme américain : il fut commis au nom d’une lecture fanatique de Dieu

La conférence des évêques américains a publié un communiqué disant : « Au cœur de cette terrible journée et durant les heures sombres de peur et d’incertitude qui ont suivi, nous devons aussi nous souvenir que notre foi nous a relevés et soutenus. En tant que nation, nous nous sommes tournés vers Dieu dans la prière et avons regardé vers notre foi avec une intensité nouvelle et un sentiment d’unité. »

Le 11 septembre 2001 demeure, pour l’Amérique comme pour le monde occidental, une journée qui ne s’est jamais entièrement achevée. Deux avions furent projetés contre les tours du World Trade Center, un troisième contre le Pentagone ; le quatrième, le vol United 93, s’écrasa en Pennsylvanie après la révolte de ses passagers. En quelques heures, 2 977 personnes furent tuées. À Ground Zero, les noms de chacune d’elles sont aujourd’hui gravés dans le bronze. Cette mémoire refuse que des hommes et des femmes, des pères et des mères, des enfants, des salariés, des passagers, des policiers et des pompiers soient réduits à une statistique ou à l’image saisissante des tours en flammes. Vingt-cinq ans après, New York n’a pas seulement reconstruit son quartier : elle continue de porter ses morts.

Ces attentats furent commis par dix-neuf membres d’Al-Qaïda, organisation terroriste islamiste fondée par Oussama ben Laden. Il faut dire ce fait sans détour, tout en refusant l’amalgame qui ferait de millions de musulmans les complices de crimes qu’ils n’ont ni voulus ni commis. Les assassins prétendaient agir au nom de Dieu ; c’est précisément là que se situe l’abîme.

Al-Qaïda avait fait du « djihad contre les juifs et les croisés » l’un de ses mots d’ordre. Sa logique consistait à revêtir le meurtre d’un langage sacré, à présenter le massacre de civils comme un devoir religieux et à promettre le paradis à ceux qui se feraient les instruments de la mort. Mais l’usage de mots religieux, de signes ou de textes ne suffit jamais à rendre religieux un acte. Il existe une contrefaçon du sacré, et elle est l’une des plus redoutables formes de mensonge.

Le terrorisme veut donner à la violence une apparence d’absolu. Il veut soustraire le meurtre au jugement moral en le présentant comme un sacrifice ou une œuvre de justice. Mais un Dieu dont le service exigerait le massacre d’innocents ne serait plus Dieu : il ne serait que la projection, à l’échelle du ciel, de la haine des hommes. Le crime demeure un crime, même lorsque son auteur prononce le nom divin avant de le commettre.

Le christianisme apporte ici une lumière décisive. Il ne réduit pas la religion à un vague sentiment de bienveillance ni à un simple décor culturel. Il affirme que Dieu est vérité et que l’homme ne peut l’honorer contre la vérité de sa conscience et contre la dignité de son prochain.

Le Christ n’a jamais appelé ses disciples à vaincre par le glaive. Au jardin des Oliviers, il refuse que Pierre le défende par la violence ; sur la Croix, il répond à la haine non par la vengeance mais par le pardon. Cette parole n’est pas une faiblesse politique. Elle rappelle une limite que nul combat, même présenté comme sacré, ne peut franchir. Il faut donc se garder de deux erreurs contraires.

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La première consiste à soupçonner toute foi affirmée, toute conviction religieuse ou toute présence de Dieu dans l’espace public. Après le 11-Septembre, beaucoup ont semblé conclure que la religion, en elle-même, était une menace pour la paix. C’est oublier que l’homme ne devient pas plus pacifique parce qu’il ne prie plus. Les idéologies sans Dieu ont elles aussi produit leurs cultes, leurs martyrs forcés et leurs charniers.

La seconde erreur serait de croire que le fanatisme islamiste se combat seulement par la police, les services de renseignement ou l’action militaire. Ces instruments sont indispensables pour protéger les populations et neutraliser les criminels ; ils ne suffisent pourtant pas face à une idéologie qui entend modeler les consciences, imposer ses interdits et présenter la violence comme une voie de salut. Cette lutte est aussi culturelle. Elle suppose de ne pas abandonner, au nom d’une laïcité mal comprise, tout discernement sur ce qui se dit, s’enseigne ou se propage dans la société.

La laïcité n’est pas l’obligation de fermer les yeux devant ceux qui instrumentalisent une religion pour contester les lois du pays, séparer les citoyens ou nourrir la haine

Après chaque attentat, les déclarations républicaines, les hommages et les appels à l’unité sont nécessaires. Mais la compassion officielle ne saurait tenir lieu de lucidité. Une nation ne protège pas ses enfants en feignant d’ignorer ce qui les menace. Elle les protège en nommant le mal, en poursuivant ceux qui le prêchent ou le financent, et en refusant que la peur d’offenser devienne l’alibi de l’impuissance.

Rappelons que le 11-Septembre fut aussi une journée de charité héroïque. Parmi les victimes se trouvait le père Mychal Judge, franciscain et aumônier des pompiers de New York. Il s’était rendu auprès des secours, avait prié avec eux, puis fut tué par la chute de débris dans le hall de la tour Nord. Ce prêtre catholique demeura jusqu’au bout à son poste de pasteur.

Vingt-cinq ans plus tard, les faisceaux de lumière qui s’élèvent chaque année dans le ciel de Manhattan ne répondent pas au mystère du mal. Ils disent pourtant que les ténèbres n’obtiennent pas le dernier mot. Se souvenir des morts, honorer ceux qui ont donné leur vie pour sauver autrui, refuser de mentir sur l’idéologie des meurtriers et confesser que Dieu ne peut être enrôlé par la haine : voilà la leçon religieuse, grave et toujours actuelle, du 11 septembre.

Déclaration des évêques américains pour le 11 septembre

Traduction TC

« WASHINGTON – « Alors que les conflits s’intensifient dans le monde, renouvelons notre engagement à être les instruments de paix du Christ dans un monde de plus en plus fracturé et divisé », a déclaré Mgr Paul S. Coakley, président de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis, dans une déclaration marquant le 25e anniversaire des attentats terroristes du 11 septembre 2001.

Voici la déclaration de Mgr Coakley :

« Alors que nous commémorons dans la prière la tragédie du 11 septembre 2001, j’invite tous les catholiques à s’unir à moi pour prier pour les victimes qui nous ont été arrachées, il y a vingt-cinq ans, par des actes d’une violence injustifiable au World Trade Center, au Pentagone et dans la campagne de Pennsylvanie. D’une manière particulière, nous entourons affectueusement de notre prière les familles et les amis des victimes, qui pleurent encore la perte irréparable de leurs proches en ce jour. Nous nous souvenons également des secouristes et des personnels d’urgence, dont beaucoup ont donné leur vie dans des actes de courage et d’abnégation.

« Au cœur de cette terrible journée et durant les heures sombres de peur et d’incertitude qui ont suivi, nous devons aussi nous souvenir que notre foi nous a relevés et soutenus. En tant que nation, nous nous sommes tournés vers Dieu dans la prière et avons regardé vers notre foi avec une intensité nouvelle et un sentiment d’unité.

« Alors que les conflits s’intensifient dans le monde, renouvelons notre engagement à être les instruments de paix du Christ dans un monde de plus en plus fracturé et divisé. Construire la paix dans notre pays et à travers le monde – une mission qui nous permet d’être appelés enfants de Dieu¹ – constitue le grand défi de notre temps. Notre Saint-Père, le pape Léon XIV, nous rappelle que la paix est davantage qu’un simple objectif : elle est une présence et un chemin². Il affirme que, même dans les lieux où il ne reste que des décombres et où le désespoir semble inévitable, nous trouvons encore des personnes qui n’ont pas oublié la paix.

« Alors que nous prions pour que notre nation poursuive son chemin de guérison, pour les âmes de tous ceux qui ont perdu la vie ce jour-là et pour le réconfort de leurs familles, implorons l’Esprit Saint afin qu’il nous conforme toujours davantage à l’image de Jésus, Prince de la Paix, et qu’ensemble nous bâtissions une civilisation de l’amour et de la fraternité universelle. »

Notes :

  1. Évangile selon saint Matthieu, chapitre 5.
  2. Message du Saint-Père pour la 59e Journée mondiale de la paix 2026. »

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