Élu le 24 février 2026 à 12h53 à la présidence de la Conférence des évêques allemands, Monseigneur Heiner Wilmer succède à Georg Bätzing dans un contexte ecclésial marqué par les tensions du Chemin synodal. Présenté en Allemagne comme un homme de dialogue et d’expérience internationale, il incarne néanmoins une ligne favorable aux réformes contestées qui interrogent l’équilibre entre synodalité et autorité épiscopale.
Pour de nombreux fidèles attachés à la Tradition, l’avenir de l’Église en Allemagne apparaît plus incertain que jamais.
L’assemblée plénière de printemps de la Conférence des évêques allemands, réunie à Würzburg, a donc élu Mgr Heiner Wilmer comme nouveau président. L’évêque de Hildesheim, en fonction depuis 2018 à la tête de ce diocèse, prend la succession de Mgr Georg Bätzing, qui n’avait pas souhaité solliciter un second mandat après six années de présidence.
Né dans l’Emsland, religieux des prêtres du Sacré-Cœur de Jésus, Mgr Wilmer est entré dans son ordre à l’âge de 19 ans. Il a étudié la théologie et d’autres disciplines en sciences humaines à Fribourg, Paris et Rome. Docteur en théologie, il a acquis une expérience internationale notable. Il a enseigné un temps dans le Bronx à New York, dirigé le lycée de son ordre à Handrup, puis été élu en 2007 provincial de la province allemande. En 2015, il a été appelé à Rome comme supérieur général de sa congrégation, assumant la responsabilité mondiale de l’ordre et nouant des contacts étroits au Vatican avant d’être nommé évêque de Hildesheim.Au sein de la Conférence épiscopale, il présidait jusqu’ici la commission pour les questions sociales et sociétales. Il s’est fait connaître ces dernières années par des prises de position sur des sujets tels que la démocratie, l’État social et la protection du climat. Les médias allemands le présentent comme un médiateur entre conservateurs et réformateurs, attaché au dialogue et à la participation.
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Dans sa première déclaration après son élection, il a souligné le rôle de l’Église dans la société, la qualifiant d’ancre importante pour de nombreuses personnes et de pilier par son engagement social. Il a également affirmé que l’Église devait être une ambassadrice de paix. Son élection intervient cependant dans un contexte particulièrement sensible. Le Chemin synodal allemand, officiellement achevé mais dont les effets se prolongent, a adopté des résolutions concernant la bénédiction des unions homosexuelles, la discipline du célibat sacerdotal, l’accès des femmes aux ministères ordonnés et la participation accrue des laïcs au gouvernement de l’Église. Ces orientations ont suscité des réserves de la part du Saint-Siège et d’une partie des évêques eux-mêmes.
Le projet de mise en place d’une structure synodale nationale permanente, associant évêques et représentants du Comité central des catholiques allemands, demeure un point de tension majeur. Certains observateurs s’interrogent sur les conséquences ecclésiologiques d’un tel organe si celui-ci devait exercer une influence déterminante sur les décisions diocésaines.En élisant Mgr Wilmer, l’épiscopat allemand semble confirmer une volonté de poursuivre le processus engagé ces dernières années tout en cherchant un profil perçu comme capable de maintenir le dialogue interne et les relations avec Rome. Reste à savoir si cette orientation permettra d’apaiser les divisions ou si elle accentuera les fractures déjà visibles.
Pour de nombreux fidèles attachés à la clarté doctrinale et à la compréhension traditionnelle de l’autorité épiscopale, l’avenir apparaît assombri. La question n’est pas seulement organisationnelle ou pastorale, elle touche à la cohérence de l’enseignement et à l’unité de l’Église. La présidence de Mgr Wilmer s’ouvre ainsi sous le signe d’une responsabilité lourde, à un moment où l’Église d’Allemagne se trouve à un carrefour décisif.


