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Haine antichrétienne : pourquoi les chrétiens n’ont-ils toujours aucun défenseur officiel à l’ONU ?

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Pourquoi aucune instance internationale spécifique n’est-elle chargée de lutter contre la haine antichrétienne ?

Les chiffres publiés par le ministère de l’Intérieur confirment une réalité préoccupante. En France, 843 actes antichrétiens ont été recensés en 2025, soit une hausse de 9 % par rapport à 2024. Ces faits représentent 34 % de l’ensemble des actes antireligieux enregistrés dans le pays. Plus préoccupant encore, les atteintes aux personnes ont fortement augmenté tandis que 87 % des actes visent les biens, principalement les églises, les chapelles, les cimetières et les symboles chrétiens. Derrière ces statistiques se cache une succession d’actes qui touchent directement le patrimoine religieux français. Récemment encore, près d’Agen, une église a été profanée et saccagée, avec du mobilier religieux renversé, des objets liturgiques jetés à terre et plusieurs dégradations constatées à l’intérieur de l’édifice.

La France est loin d’être un cas isolé. En Europe également, les attaques contre les lieux de culte chrétiens se multiplient. Aux États-Unis, plusieurs centaines d’attaques contre des églises ont été recensées ces dernières années. Dans de nombreux pays européens, les dégradations visant les symboles chrétiens sont devenues un phénomène récurrent. Mais c’est surtout en Afrique, au Moyen-Orient et dans certaines régions d’Asie que les chrétiens paient le prix le plus lourd. Au Nigeria, des villages entiers continuent d’être attaqués par des groupes islamistes. Au Burkina Faso, au Mali ou encore au Mozambique, les communautés chrétiennes vivent sous la menace permanente du terrorisme djihadiste. Au Pakistan, les lois sur le blasphème alimentent encore discriminations et violences. En Chine, les autorités renforcent leur contrôle sur les communautés chrétiennes. En Corée du Nord, la simple possession d’une Bible peut conduire à l’emprisonnement.

Siége de l’ONU à New-York – Depositphotos

Alors pourquoi existe t-il des représentants chargés de lutter contre l’antisémitisme et contre la haine antimusulmane, mais rien de comparable pour les chrétiens

Depuis plusieurs années, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) dispose de représentants personnels chargés de lutter contre l’antisémitisme, ainsi que contre l’intolérance et les discriminations visant les musulmans. Ces responsables ont pour mission de suivre l’évolution des actes de haine, de dialoguer avec les communautés concernées et de conseiller les États membres. L’Union européenne a également développé des dispositifs spécifiques. Depuis 2015, la Commission européenne dispose d’un coordinateur chargé de la lutte contre l’antisémitisme et de la promotion de la vie juive. En 2023, Bruxelles a nommé un coordinateur chargé de la lutte contre la haine antimusulmane. Là encore, leur rôle consiste à suivre les discriminations, favoriser les échanges avec les communautés concernées et proposer des politiques publiques adaptées.

En revanche, il n’existe aujourd’hui ni au sein de l’Union européenne ni au sein des Nations unies de coordinateur, d’envoyé spécial ou de représentant spécifiquement chargé de la lutte contre la haine antichrétienne. Certes, des rapporteurs spéciaux interviennent sur la question générale de la liberté religieuse, mais aucun ne dispose d’un mandat explicitement consacré à la défense des chrétiens victimes de discriminations ou de violences alors Pourquoi ne pas créer un représentant des Nations unies chargé de la lutte contre la haine antichrétienne ?

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La question mérite d’être posée. Car les chrétiens figurent aujourd’hui parmi les populations religieuses les plus persécutées de la planète. Des centaines de millions d’entre eux vivent dans des pays où leur liberté religieuse est limitée ou menacée. Des milliers sont victimes chaque année d’arrestations arbitraires, d’enlèvements, d’agressions ou d’assassinats en raison de leur foi. Pourtant, cette réalité peine souvent à trouver un écho proportionné dans les institutions internationales et dans une partie du débat public occidental. Cette sous-estimation repose notamment sur une idée largement répandue : les chrétiens, historiquement majoritaires dans de nombreux pays occidentaux, ne pourraient pas être victimes de discriminations comparables à celles subies par d’autres groupes religieux. Or les faits racontent une tout autre histoire.

Lorsqu’une église est incendiée, lorsqu’un tabernacle est profané, lorsqu’une statue de la Vierge est brisée, lorsqu’un cimetière chrétien est vandalisé ou lorsqu’un fidèle est agressé en raison de sa foi, il s’agit d’actes antichrétiens. Refuser de les nommer ou de les prendre en compte à leur juste mesure revient à invisibiliser une réalité pourtant largement documentée. La liberté religieuse ne peut être défendue à géométrie variable. Si toutes les formes de haine religieuse doivent être combattues avec la même détermination, alors les violences visant les chrétiens méritent elles aussi une attention institutionnelle à la hauteur de leur ampleur.

À l’heure où les attaques contre les églises se poursuivent en France et où des communautés chrétiennes entières continuent d’être persécutées à travers le monde, la question apparaît plus légitime que jamais. Pourquoi les chrétiens demeurent-ils les seuls à ne disposer d’aucun représentant international spécifiquement chargé de défendre leurs droits face à la haine religieuse ? Une interrogation qui dépasse les seules communautés chrétiennes. Car au fond, elle renvoie à un principe universel : celui de l’égalité de traitement entre toutes les victimes de discriminations religieuses. Si l’antisémitisme et la haine antimusulmane justifient une vigilance institutionnelle spécifique, pourquoi la haine antichrétienne, pourtant bien réelle et documentée, continuerait-elle d’être privée d’un tel dispositif ?

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