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Le pape Léon XIV place sous tutelle du Vatican l’œuvre fondée par saint Padre Pio

Façade de la "Maison du Soulagement de la Souffrance "  - DR
Façade de la "Maison du Soulagement de la Souffrance " - DR
Il ne s’agit pas seulement d’une mission d’étude. La commission reçoit également la responsabilité de mettre en œuvre elle-même les réformes qu’elle jugera nécessaires

Par un chirographe publié ce 27 mai 2026, le pape Léon XIV a décidé de reprendre directement en main la gouvernance de la Fondation « Casa Sollievo della Sofferenza » (« Maison du Soulagement de la Souffrance »), le célèbre hôpital fondé par saint Padre Pio à San Giovanni Rotondo. Une commission dotée de pouvoirs exceptionnels est créée pour réformer l’institution, garantir sa pérennité et assurer sa fidélité à la mission voulue par le saint capucin.Le pape rappelle que le soin des malades appartient au cœur même de la mission de l’Église et souligne que le Saint-Siège a toujours accordé une attention particulière aux institutions nées pour soulager la souffrance humaine. Parmi celles-ci figure l’œuvre fondée par Padre Pio, décrite comme une institution destinée à « donner hospitalité, assistance et soins aux malades, aux pèlerins et à leurs familles, en s’inspirant de la spiritualité et de la figure du saint fondateur ».

Le texte montre que le Vatican estime aujourd’hui nécessaire une intervention exceptionnelle. Léon XIV constate que « l’évolution des temps, de la technique, du droit et de l’économie » impose un renouvellement permanent, particulièrement dans le domaine de la santé, où les investissements deviennent toujours plus importants et les contraintes de gestion toujours plus complexes. Face à ces défis, le pape explique avoir consulté des experts avant de prendre sa décision. Il affirme créer cette commission afin « d’analyser la situation actuelle de la Fondation », d’« identifier les meilleures solutions pour une efficacité, une efficience et une durabilité toujours plus grandes » et de « donner une mise en œuvre concrète aux solutions ainsi identifiées ».

Autrement dit, il ne s’agit pas seulement d’une mission d’étude. La commission reçoit également la responsabilité de mettre en œuvre elle-même les réformes qu’elle jugera nécessaires.

La commission ne se voit pas attribuer un simple rôle consultatif. Léon XIV lui confère au contraire des pouvoirs très étendus. Le texte prévoit notamment que la commission pourra approuver les modifications des statuts et règlements de la fondation. Plus encore, elle pourra, « même en remplacement des organes statutaires de la Fondation », adopter les délibérations, contrats et actes administratifs qu’elle estimera nécessaires. Cette disposition revient de fait à placer l’institution sous une forme de tutelle directe du Vatican. Les décisions prises par la commission seront en outre « contraignantes pour la Fondation, ses organes statutaires et tous ceux qui y exercent un service ».Le président de la commission recevra également le pouvoir de représenter officiellement la fondation auprès des autorités publiques italiennes. Le texte va encore plus loin. La commission aura le droit d’obtenir « toutes les données, tous les documents et toutes les informations » concernant la fondation, y compris ceux détenus par d’autres organismes du Saint-Siège ou de l’Église. Elle pourra également s’appuyer sur des consultants extérieurs spécialisés dans les domaines juridiques, économiques ou administratifs.

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L’ensemble de la Curie romaine, les organismes liés au Saint-Siège ainsi que le Gouvernorat de l’État de la Cité du Vatican devront collaborer avec elle à sa demande. Pour conduire cette mission, le pape a nommé à la présidence de la commission le docteur Maximino Caballero Ledo, actuel préfet du Secrétariat pour l’Économie. Le coordinateur sera le docteur Fabio Gasperini, tandis que plusieurs prélats de haut rang siègeront également au sein de l’organisme, parmi lesquels Paolo Rudelli, Giordano Piccinotti et Giorgio Ferretti. Un comité technique composé d’experts juridiques et économiques viendra compléter le dispositif.

Le document ne fait état d’aucune irrégularité précise ni d’aucune enquête particulière. Toutefois, le ton employé montre que le Vatican considère la situation de la fondation comme suffisamment importante pour justifier une intervention personnelle du pape et la mise en place d’un mécanisme de contrôle exceptionnel.

L’objectif affiché est clair : garantir la viabilité économique, la bonne gouvernance et la fidélité à la mission spirituelle de l’institution fondée par saint Padre Pio. Léon XIV entend manifestement préserver l’un des plus grands héritages du saint capucin, tout en l’adaptant aux exigences du XXIᵉ siècle. Mais la portée juridique du texte ne laisse guère de doute : en accordant à cette commission des pouvoirs pouvant se substituer aux organes dirigeants eux-mêmes, le pape place de facto la « Casa Sollievo della Sofferenza » (« Maison du Soulagement de la Souffrance ») sous une supervision directe et renforcée du Saint-Siège. Pour l’hôpital voulu par Padre Pio, véritable fleuron de la charité catholique et de l’assistance aux malades, une nouvelle étape de son histoire s’ouvre désormais sous le regard attentif de Rome.

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