Le directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, Matteo Bruni, a rendu publiques ce 25 février 2026 plusieurs annonces concernant les prochains déplacements internationaux du Saint-Père. Dans les mois à venir, le pape Léon XIV se rendra successivement en Principauté de Monaco, en Afrique, puis en Espagne. Le 10 février, le Bureau de presse du Saint-Siège avait indiqué qu’un voyage à Monaco était à l’étude pour la fin du mois de mars. Confirmée pour le 28 mars, cette visite d’une journée ferait du pape Léon XIV le premier souverain pontife à se rendre officiellement dans la Principauté à l’époque contemporaine. Il s’agirait de son second voyage international, après celui effectué en Turquie et au Liban du 27 novembre au 2 décembre derniers.
L’origine de ce déplacement remonte à l’audience privée accordée le 17 janvier 2026 au prince Albert II dans la bibliothèque du palais apostolique. Les échanges ont porté sur plusieurs dossiers internationaux, notamment le respect de la vie, la protection de la famille, la dignité humaine, la paix et la sauvegarde de l’environnement. À cette occasion, le souverain monégasque a officiellement invité le pape à se rendre dans la Principauté. La délégation comprenait notamment le ministre de l’Intérieur Lionel Beffre et l’ambassadeur près le Saint-Siège Philippe Orengo. Des entretiens complémentaires ont eu lieu avec le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État, puis avec Mgr Paul Richard Gallagher, chargé des relations avec les États, afin d’approfondir le dialogue bilatéral.
La singularité religieuse de Monaco confère à cette visite une portée particulière. L’article 9 de la Constitution établit que la religion catholique, apostolique et romaine est la religion d’État. Cette disposition s’inscrit dans une continuité historique ancienne, de la tradition liée à sainte Dévote à la création du diocèse par Pie IX en 1868, puis son élévation au rang d’archidiocèse immédiatement soumis au Saint-Siège en 1981. La dimension religieuse demeure visible dans la vie publique, notamment lors de la fête nationale du 19 novembre, qui s’ouvre par une messe solennelle en la cathédrale Notre-Dame-Immaculée en présence de la famille princière et des autorités. En 2025, le débat sur l’interruption volontaire de grossesse a également illustré la place institutionnelle du catholicisme dans la Principauté. Après l’adoption par le Conseil national d’une proposition visant à élargir la législation, le prince Albert II a annoncé qu’il ne serait pas donné suite à cette évolution, rappelant les spécificités culturelles et religieuses du pays.
Par ailleurs du 13 au 23 avril, le pape Léon XIV entreprendra un voyage apostolique en Algérie, au Cameroun, en Angola et en Guinée équatoriale, répondant aux invitations des autorités civiles et ecclésiastiques. Il se rendra à Alger et Annaba du 13 au 15 avril, à Yaoundé, Bamenda et Douala du 15 au 18 avril, à Luanda, Muxima et Saurimo du 18 au 21 avril, puis à Malabo, Mongomo et Bata du 21 au 23 avril.
En Algérie, le Saint-Père a exprimé le souhait d’honorer la mémoire de Augustin d’Hippone, né à Taghaste et évêque d’Hippone. Toutefois, l’annonce de cette visite n’a suscité que peu de réactions publiques. Les autorités ont adopté une attitude réservée et la presse locale est demeurée discrète. La situation des communautés chrétiennes, minoritaires et soumises à un encadrement juridique strict, contribue à ce contexte mesuré. Plusieurs églises protestantes ont été fermées ces dernières années et des procédures judiciaires ont concerné des responsables religieux. Si la figure d’Augustin appartient à l’histoire antique du territoire, l’évolution religieuse et politique de la région a profondément transformé son identité. Les reliques de l’évêque d’Hippone reposent aujourd’hui à Pavie, en Italie. La visite pontificale devrait ainsi revêtir un caractère principalement mémoriel et interreligieux.
Au Cameroun, en Angola et en Guinée équatoriale, pays où l’Église catholique occupe une place significative dans la vie sociale et éducative, les rencontres avec les fidèles, les responsables ecclésiaux et les autorités publiques constitueront des temps forts du déplacement. Ce voyage met en lumière l’importance démographique et ecclésiale du continent africain dans la vie de l’Église catholique. Le programme détaillé sera communiqué ultérieurement.
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Enfin, du 6 au 12 juin 2026, le Saint-Père effectuera un voyage apostolique en Espagne, à l’invitation des autorités civiles et ecclésiastiques. Cette visite interviendra dans un contexte marqué par d’importantes évolutions culturelles et sociétales, ainsi que par des débats internes à l’Église. Récemment, l’évêque de Málaga, José Antonio Satué, a accordé un entretien au quotidien Málaga Hoy dans lequel il s’est exprimé sur plusieurs sujets sensibles, notamment l’homosexualité, le mariage et la place des femmes dans l’Église. Il y a déclaré que « être homosexuel n’est pas un péché » et a souligné la nécessité de ne pas ajouter de souffrance à des parcours déjà éprouvés. Interrogé sur le mariage, il a affirmé qu’il n’y aura pas de mariage entre personnes du même sexe dans l’Église, rappelant que celui-ci est compris comme l’union entre un homme et une femme. En revanche, ses propos favorables à la bénédiction de personnes engagées dans un projet de couple de même sexe, qu’il a qualifiée de « pas en avant », ont suscité des réactions contrastées. Certains y voient une démarche pastorale d’accompagnement, d’autres soulignent la nécessité d’une articulation claire avec l’enseignement moral de l’Église afin d’éviter toute ambiguïté.Ces échanges reflètent les tensions et les questionnements qui traversent aujourd’hui l’Église en Espagne, confrontée à la sécularisation, aux débats bioéthiques, à la gestion des abus et aux défis liés à la transmission de la foi.
À travers l’ensemble de ces déplacements successifs, le Saint-Siège poursuit une activité diplomatique et pastorale associant rencontres institutionnelles, célébrations liturgiques et échanges avec les communautés locales. Ces voyages répondent à une double logique, celle du dialogue entre les États et celle de la mission propre de l’Église.Chaque étape comporte une dimension officielle, avec des entretiens auprès des autorités civiles et des responsables politiques, mais aussi une dimension ecclésiale, faite de messes publiques, de rencontres avec les évêques, les prêtres, les consacrés et les fidèles laïcs. Le pape y exerce concrètement son ministère d’unité, confirmant les Églises particulières dans la foi tout en inscrivant son action dans les réalités sociales et culturelles propres à chaque pays.
De Monaco à l’Afrique, puis à l’Espagne, ces déplacements illustrent la manière dont le pontificat de Léon XIV articule continuité institutionnelle, mémoire historique et attention aux débats contemporains. Ils manifestent également la volonté du Saint-Siège de maintenir une présence active sur la scène internationale, sans dissocier l’action diplomatique de la responsabilité pastorale.


