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Brésil : « Excommunication automatique pour messe tridentine » : une premiere mondiale

Monseigneur Carlos Alberto Breis Pereira - à gauche avec le pape Francois en 2016
Monseigneur Carlos Alberto Breis Pereira - à gauche avec le pape Francois en 2016
L’archevêque de Maceió, Carlos Alberto Breis Pereira O.F.M., a publié une note officielle déclarant que toute célébration de la messe selon le missel de saint Pie V en dehors du seul lieu autorisé sera considérée comme un « acte de schisme public »

Selon la publication de l’évêque , il n’y a pas la place pour le doute, les fidèles s’exposent à une excommunication automatique en vertu des canons 751 et 1364 §1 du Code de droit canonique. Dans cette note officielle, il est affirmé que la célébration de la messe selon le rite ancien en dehors du lieu expressément autorisé sera considérée comme un acte de schisme. Les fidèles qui y assisteraient encourraient, selon ce texte, l’excommunication automatique prévue par le droit canonique pour les cas d’apostasie, d’hérésie ou de schisme.

Nota da Arquidiocese de Maceió

« A Arquidiocese de Maceió comunica aos fiéis que a celebração da Santa Missa segundo o Missal de São Pio V somente está autorizada na Capela de São Vicente de Paulo, uma vez por semana, aos domingos, às 10h.Esclarece-se que a celebração da liturgia segundo o referido Missal fora do local autorizado será considerada como ato de cisma público, nos termos do cânon 751 do Código de Direito Canônico.Tal ato implicará a excomunhão latae sententiae, conforme o cânon 1364 §1, para aqueles que promoverem ou participarem da referida celebração fora das disposições estabelecidas por esta Arquidiocese.A Missa no rito antigo não está autorizada em nenhum outro lugar, seja religioso ou não, nem em associações de direito civil.« 

Note de l’archidiocèse de Maceió

« L’archidiocèse de Maceió informe les fidèles que la célébration de la Sainte Messe selon le missel de saint Pie V n’est autorisée qu’à la chapelle São Vicente de Paulo, une fois par semaine, le dimanche à 10h.Il est précisé que la célébration de la liturgie selon ledit missel en dehors du lieu autorisé sera considérée comme un acte de schisme public, au sens du canon 751 du Code de droit canonique.

Un tel acte entraînera l’excommunication latae sententiae, conformément au canon 1364 §1, pour ceux qui promouvront ou participeront à ladite célébration en dehors des dispositions établies par cet archidiocèse.

La messe selon le rite ancien n’est autorisée en aucun autre lieu, religieux ou non, ni dans des associations de droit civil.« 

La note précise que la messe selon le missel de saint Pie V ne peut être célébrée que dans une seule chapelle du diocèse, une fois par semaine, et qu’elle n’est permise en aucun autre lieu, qu’il soit religieux ou civil. Toute initiative contraire serait donc assimilée à une rupture publique de communion.

Monseigneur Carlos Alberto Breis Pereira, O.F.M., est un franciscain brésilien né le 16 septembre 1965 à São Francisco do Sul. Entré dans l’Ordre des Frères Mineurs, il a prononcé ses vœux en 1987 et a été ordonné prêtre en 1994, après des études de philosophie et de théologie, complétées par une spécialisation en théologie spirituelle à Rome. Il a exercé diverses responsabilités au sein de sa province franciscaine, notamment comme formateur et supérieur provincial. Nommé évêque coadjuteur de Juazeiro en 2016, il est devenu évêque titulaire la même année. En novembre 2023, il a été nommé archevêque coadjuteur de Maceió, avant d’en devenir l’archevêque en avril 2024.

Au cœur du débat se trouve la qualification même de « schisme »

Le canon 751 du Code de droit canonique définit le schisme comme le refus de soumission au Pontife romain ou le refus de communion avec les membres de l’Église qui lui sont soumis. Il ne s’agit pas simplement d’un acte posé sans autorisation, ni d’une préférence liturgique, mais d’une rupture formelle avec l’autorité du pape ou avec la communion ecclésiale. Le canon 1364 §1 prévoit que l’apostat, l’hérétique ou le schismatique encourent l’excommunication latae sententiae, c’est-à-dire automatique. Toutefois, en droit pénal canonique, une peine aussi grave suppose que les éléments constitutifs du délit soient réellement réunis. La tradition juridique de l’Église impose une interprétation stricte des peines et exige qu’il y ait un acte objectivement et intentionnellement orienté vers une rupture de communion.

C’est précisément ce point qui fait débat. Une célébration non autorisée peut être illicite sur le plan disciplinaire, sans constituer pour autant un schisme au sens juridique du terme. Assimiler automatiquement la participation des fidèles à un acte schismatique soulève donc des questions de proportionnalité et de sécurité juridique.

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Au-delà de la discussion technique, les implications pastorales sont importantes. L’excommunication est la sanction la plus grave prévue par le droit de l’Église. Elle vise des situations de rupture réelle et formelle de la communion. L’employer dans un contexte de tension liturgique risque d’accentuer les divisions et de troubler les consciences. Cette décision marque ainsi un seuil inédit. Si la participation à une messe traditionnelle en dehors d’un lieu autorisé devait être tenue pour un acte schismatique en soi, la frontière entre discipline liturgique et rupture ecclésiale serait profondément redéfinie.

Reste à savoir si une clarification viendra préciser la portée exacte d’une telle mesure et ses fondements juridiques.Gardons en tête le « todos, todos, todos » (tous, tous, tous), si cher au pape François, qui, par cette formule, insistait sur une Église inclusive, ouverte à toutes les sensibilités, y compris les plus anciennes.

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