Le 23 février 2026 les Musées du Vatican ont annoncé que l’installation des échafaudages dans la Chapelle Sixtine venait d’être achevée, permettant ainsi le lancement effectif de la maintenance extraordinaire du Jugement dernier de Michelangelo Buonarroti. Les travaux ont donc commencé dans les tous derniers jours précédant cette date, avec un objectif d’achèvement fixé avant la Semaine sainte 2026. Malgré l’ampleur de l’intervention, la Chapelle Sixtine continue d’accueillir fidèles et visiteurs. Afin de préserver l’expérience du public, une reproduction sur toile du Jugement dernier, mise en valeur par un éclairage adapté, recouvre la zone de restauration et les échafaudages.

La mise en place du chantier a été rendue possible grâce à la Direction des Infrastructures et Services du Gouvernorat de l’État de la Cité du Vatican, sous la conduite de l’ingénieur Salvatore Farina. Cette intervention est soutenue par le chapitre de Floride des Patrons of the Arts in the Vatican Museums. Sa présidente, Mary Viator, a financé généreusement ce projet en raison de son importance religieuse, artistique et culturelle. Barbara Jatta, directrice des Musées du Vatican, a déclaré :
« …Toutes les phases de l’intervention seront documentées par le Laboratoire photographique des Musées du Vatican, créant une précieuse documentation du nettoyage qui, en retirant une légère patine invisible à l’œil nu, rendra aux couleurs michelangelesques leur splendeur. À environ trente ans de la dernière intervention conservatoire, achevée en 1994 sous la supervision du Directeur général Carlo Pietrangeli et réalisée par le chef restaurateur Gianluigi Colalucci, il sera possible d’admirer le chef-d’œuvre suprême de Michel-Ange dans toute la puissance de sa vision. »
La précédente grande restauration, achevée en 1994, avait profondément renouvelé la perception de la palette du maître florentin. Le commissaire Fabrizio Biferali rappelle que la fresque fut commencée en 1536 sous le pontificat de Paul III et achevée en 1541. Il cite la Vita di Michelangelo Buonarroti d’Ascanio Condivi :
« …Quand la fresque fut enfin découverte, on dit que Paul III en fut si impressionné qu’il tomba à genoux et implora le pardon divin au dernier jour. » Le Jugement dernier, représentant la Seconde Venue du Christ et le jugement final, demeure l’une des représentations théologiques les plus saisissantes de la Renaissance.
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Selon Paolo Violini, chef restaurateur du Laboratoire de restauration des peintures et matériaux ligneux, l’intervention est devenue nécessaire en raison d’un voile blanchâtre diffus ayant atténué les contrastes et altéré la lisibilité chromatique. La patine est retirée par l’application contrôlée d’eau déionisée, interposée à travers un double voile de papier japonais. Cette méthode permet de dissoudre les dépôts en surface tout en respectant l’intégrité de la pellicule picturale. Des analyses scientifiques préalables, une documentation photographique détaillée et un relevé précis de l’état de conservation ont précédé l’intervention.
Fabio Morresi, responsable du Cabinet de recherches scientifiques, a précisé que la substance identifiée est du lactate de calcium, sel présent uniquement sur la couche superficielle et hautement soluble dans l’eau, garantissant une élimination sûre et maîtrisée. Depuis 2010, un plan de maintenance ordinaire de la Chapelle Sixtine est en vigueur, avec des opérations annuelles de dépoussiérage et de contrôle du microclimat, notamment des systèmes de climatisation et d’éclairage installés en 2014.
Grâce à l’échafaudage spécial installé près du mur de l’autel, les restaurateurs peuvent intervenir sur l’ensemble de la surface peinte en toute sécurité, tandis que la Chapelle demeure ouverte. Cette maintenance extraordinaire vise à préserver pour les générations futures l’intégrité et l’éclat du Jugement dernier, sommet artistique et spirituel de l’œuvre de Michel-Ange et témoignage majeur de la foi chrétienne.


