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Les sportifs auront désormais leur chapelle à Paris, près du Parc des Princes

crédit diocèse de Paris
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Les responsables du projet présentent ce lieu comme une « maison spirituelle » pour le monde sportif

Une chapelle permanente consacrée à Notre-Dame des Sportifs sera inaugurée dimanche 8 mars 2026 dans l’église Église Sainte‑Jeanne‑de‑Chantal, dans le XVIᵉ arrondissement de la capitale. Située à proximité immédiate du Parc des Princes ( porte de Saint Cloud) , cette nouvelle chapelle entend devenir un lieu de recueillement pour tous ceux qui vivent de près ou de loin la pratique sportive.

L’initiative s’inscrit dans la dynamique missionnaire de Holy Games, un projet d’évangélisation né dans le contexte des grandes compétitions internationales accueillies par la France ces dernières années. Après la Coupe du monde de rugby puis les Jeux olympiques et paralympiques de Paris en 2024, cette démarche pastorale a cherché à rejoindre le monde sportif dans les lieux où il se vit au quotidien, au cœur des stades, des clubs et des rassemblements populaires. Pendant les Jeux olympiques de 2024, plusieurs chapelles dédiées aux sportifs avaient été installées temporairement dans différents sanctuaires, notamment à Paris. Ces espaces de prière permettaient aux athlètes et à leurs proches de trouver un lieu de silence et d’écoute au milieu de l’intensité de la compétition. Une fois l’événement terminé, ces chapelles ont retrouvé leur fonction habituelle. Le projet lancé à Sainte-Jeanne-de-Chantal marque une nouvelle étape, puisqu’il s’agit cette fois d’établir un lieu permanent consacré au monde du sport.

L’église se situe au cœur d’un quartier particulièrement marqué par la présence d’équipements sportifs majeurs. À quelques minutes de marche se trouvent notamment le stade Jean-Bouin, le complexe Pierre-de-Coubertin ou encore les courts de Stade Roland‑Garros. Dans cet environnement où se croisent chaque semaine des milliers de sportifs et de supporters, la chapelle veut offrir un espace où l’on peut prendre du recul et se tourner vers Dieu.

Les responsables du projet présentent ce lieu comme une « maison spirituelle » pour le monde sportif. Athlètes professionnels, amateurs, entraîneurs, arbitres, dirigeants de clubs ou bénévoles y sont invités à venir déposer leurs intentions de prière. Les joies comme les épreuves liées à la pratique sportive peuvent y être confiées à Dieu, qu’il s’agisse de la préparation d’une compétition, de la fatigue des entraînements, de la blessure qui interrompt une carrière ou de la déception d’une défaite.

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La chapelle elle-même a été conçue pour exprimer le dialogue entre la foi chrétienne et l’expérience sportive. Des fresques peintes doivent évoquer différentes scènes bibliques mises en relation avec la notion d’effort, de combat intérieur et de persévérance. Cette iconographie s’inspire de la tradition chrétienne qui, depuis les premiers siècles, compare souvent la vie spirituelle à une course ou à un combat. L’apôtre Paul lui-même évoque dans ses lettres l’image de l’athlète qui s’entraîne avec rigueur pour remporter la couronne.

Le projet est également lié au développement d’une pastorale du sport au sein de l’Église en France. Dans le sillage des grands événements sportifs récents, les évêques ont souhaité structurer davantage l’accompagnement spirituel des sportifs. Cette démarche vise à rejoindre un univers qui touche aujourd’hui des millions de personnes, qu’il s’agisse de pratiquants ou de passionnés.La chapelle de Sainte-Jeanne-de-Chantal pourrait ainsi devenir un point de rencontre pour ceux qui cherchent à vivre leur engagement sportif en cohérence avec leur foi. Certains athlètes expriment déjà publiquement cette dimension spirituelle, par un signe de croix avant une compétition ou par une prière discrète dans les vestiaires. Le nouveau lieu de prière veut offrir un cadre stable pour cette démarche.

La paroisse elle-même développe depuis plusieurs années des initiatives originales mêlant sport et spiritualité. Parmi elles figure notamment une course urbaine reliant différentes églises de la capitale, qui invite les participants à parcourir la ville tout en découvrant son patrimoine religieux et en prenant le temps d’une démarche intérieure.

L’église qui accueille cette chapelle porte le nom de Jeanne de Chantal, grande figure spirituelle du XVIIᵉ siècle. Née à Dijon en 1572, Jeanne-Françoise Frémyot appartient à une famille de la noblesse bourguignonne. Mariée à Christophe de Rabutin, baron de Chantal, elle mène d’abord une vie familiale profondément chrétienne avant d’être marquée par la mort accidentelle de son mari en 1601.Cette épreuve ouvre une nouvelle étape de son existence. En 1604, elle rencontre l’évêque de Genève, François de Sales, venu prêcher le carême à Dijon. Sous sa direction spirituelle, elle se consacre progressivement à Dieu et aux œuvres de charité. Ensemble, ils fondent en 1610 l’ordre de la Visitation de Sainte-Marie, qui se développera rapidement dans toute l’Europe.

Après la mort de François de Sales en 1622, Jeanne de Chantal poursuit l’expansion de cet ordre religieux et fonde de nombreux monastères malgré les oppositions rencontrées. Elle meurt en 1641 à Moulins. L’Église reconnaîtra plus tard sa sainteté, puisqu’elle est béatifiée en 1751 par Benoît XIV puis canonisée en 1767 par Clément XIII.

L’inauguration de la chapelle Notre-Dame des Sportifs, prévue le 8 mars, veut ainsi témoigner d’une présence chrétienne au cœur d’un univers souvent marqué par la compétition et la performance. À quelques pas du Parc des Princes et des grands équipements sportifs du quartier, ce lieu de prière entend rappeler que l’effort physique, la discipline et le dépassement de soi peuvent aussi conduire à une quête plus intérieure, celle d’un sens donné à l’engagement et à la vie.

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