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L’Église ouvre la cause de béatification du jeune Serviteur de Dieu Marco Gallo

Marco Gallo - DR
Marco Gallo - DR
Près de quinze ans après sa mort dans un accident de la route à l’âge de 17 ans, l’archidiocèse de Milan a ouvert le 7 mars 2026 la phase diocésaine de la cause de béatification de Marco Gallo

Ce lycéen engagé dans la prière et le service des plus fragiles est désormais reconnu par l’Église comme « Serviteur de Dieu ». Son témoignage continue de marquer de nombreux fidèles, en particulier parmi les jeunes. Le 7 mars dernier, la célébration, présidée par l’archevêque de Milan, Monseigneur Mario Delpini, marque le début de l’enquête officielle de l’Église sur la vie de ce jeune lycéen mort le 5 novembre 2011 à Sovico, dans la province de Monza et Brianza, alors qu’il se rendait à l’école.

Par cette étape, l’Église reconnaît Marco Gallo comme « Serviteur de Dieu » et entreprend d’examiner les témoignages et les documents relatifs à sa vie chrétienne. Autour de l’archevêque étaient présents ses parents Antonio et Paola Cevasco, ses sœurs Francesca et Veronica, ainsi que de nombreux amis, camarades de classe et fidèles qui, depuis plusieurs années, voient dans son histoire un signe d’espérance. Au début de la célébration, Monseigneur Ennio Apeciti, responsable du Service pour les causes des saints du diocèse de Milan, a rappelé que l’ouverture d’une cause de béatification n’est jamais une simple décision administrative. Il a évoqué la manière dont la réputation de sainteté de Marco s’est diffusée au fil des années. « Il y avait derrière tout cela le doigt de Dieu… quelque chose qui dépassait la rationalité humaine », a-t-il déclaré.

Selon lui, la figure de Marco Gallo apparaît aujourd’hui comme un signe pour de nombreux jeunes, précisément parce qu’il a vécu les mêmes défis et les mêmes espérances que les adolescents de son époque.

Monseigneur Mario Delpini,archevêque de Milan

Marco Gallo est né le 7 mars 1994 à Chiavari, en Ligurie, de Antonio Gallo et Paola Cevasco. Il est baptisé le 19 juin de la même année. Il passe ses premières années à Casarza Ligure avec ses deux sœurs. En 1999, la famille s’installe en Lombardie, d’abord à Arese, puis l’année suivante à Lecco, avant de s’établir plus tard à Monza. En 2007, Marco commence ses études au lycée scientifique « Don Carlo Gnocchi » de Carate Brianza. Passionné de sport et de montagne, il mène extérieurement une vie d’adolescent ordinaire. Mais ses proches témoignent d’une recherche intérieure profonde, marquée par le désir de donner un sens à sa vie.

Durant son adolescence, Marco découvre plus intensément la foi chrétienne à travers l’expérience du mouvement ecclésial Communion et Libération, auquel ses parents étaient également liés. Sa vie spirituelle se nourrit de la prière, de la participation à la messe et de la méditation de l’Évangile. Cette foi se manifeste aussi dans des gestes concrets. Le jeune lycéen visite des personnes âgées et handicapées et entraîne ses camarades de classe dans des initiatives de service. Pour plusieurs témoins, il cherchait à vivre sa foi non comme une simple habitude, mais comme une rencontre réelle avec le Christ.

Au cours de la cérémonie d’ouverture, certains écrits de Marco ont été lus afin de mieux comprendre sa vie intérieure. Dans l’un de ses textes, il évoquait la brièveté du temps et l’importance de ne pas le gaspiller : « La vie est un fil d’argent… Je veux t’inviter à ne pas perdre une seule seconde et surtout à ne pas raisonner selon le théorème “la vie est longue”, car tu t’apercevras qu’elle est très brève si tu vis ainsi ». Dans un autre passage, il écrivait : « C’est vraiment vrai que Dieu parle dans le silence du cœur… Parfois, pour crier à l’aide, on reste en silence ». Il affirmait également : « Le bonheur n’est pas vrai s’il n’est pas partagé ». Ces paroles ont été perçues par plusieurs participants comme le reflet d’une maturité spirituelle déjà profonde pour un adolescent.

La veille de sa mort, Marco avait écrit sur le mur de sa chambre, près d’un crucifix, une phrase tirée de l’Évangile selon saint Luc : « Pourquoi cherchez-vous parmi les morts celui qui est vivant ? ». Ces paroles, prononcées dans le récit de la Résurrection, ont profondément marqué ceux qui ont connu le jeune homme et sont souvent évoquées comme un signe de la foi qui animait sa vie.

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Le 5 novembre 2011, alors qu’il se rend à l’école, Marco Gallo est victime d’un accident de la route à Sovico et meurt à l’âge de 17 ans. Dans son intervention, Monseigenur Delpini a reconnu la douleur provoquée par cette disparition. « La raison pour laquelle Marco a suscité tant de sympathie et d’attention est qu’il est mort jeune », a-t-il déclaré. « Cette tragédie de sa mort est une cause de tristesse. Il n’y a rien de beau dans la mort ». Mais l’archevêque a également souligné que l’Église ne regarde pas seulement la mort, mais la vie qui l’a précédée. « Ce n’est pas une reconnaissance pour récompenser une vie sainte, mais une reconnaissance qui recommande à l’Église une voie qui peut mener à la sainteté ». Et il a ajouté : « Mourir jeune est un événement qui attire l’attention… qui dit que cette voie de la sainteté est praticable pour tous ceux qui vivent leur jeunesse ».

La cérémonie s’est déroulée selon les normes prévues par le droit canonique. La session a débuté par la prière Adsumus, une invocation traditionnelle à l’Esprit Saint utilisée notamment lors du Concile Vatican II. Les membres du tribunal ecclésiastique ont ensuite prêté serment sur l’Évangile. Parmi eux figuraient le délégué épiscopal, le père Marco Gianola, le promoteur de justice, le père Simone Lucca, ainsi que les responsables chargés de la rédaction des actes. Tous ont juré d’accomplir leur mission avec fidélité et de ne rien dire qui puisse porter atteinte à la vérité. Trois exemplaires officiels des actes ont été signés et scellés : deux destinés au dicastère pour les causes des saints à Rome et un conservé dans les archives de l’archidiocèse de Milan.

La session s’est conclue par le chant du Magnificat et une prière d’intercession demandant que, par l’exemple de Marco Gallo, « beaucoup trouvent la voie de la foi, de l’espérance et de la charité ». Mgr Delpini a ensuite remercié les parents du jeune homme et a confié aux fidèles présents la mission de transmettre ce témoignage.

Rappelons que depuis la mort de Marco Gallo, sa mémoire demeure vivante dans de nombreux milieux ecclésiaux. Chaque année, le 1er novembre, des centaines de fidèles participent à un pèlerinage au sanctuaire marial de Notre-Dame de Montallegro, en Ligurie, pour prier et se souvenir de lui. Des jeunes, des familles et des prêtres s’y retrouvent pour confier leur vie à la Vierge Marie et relire l’exemple spirituel de ce jeune Serviteur de Dieu.Pour beaucoup de fidèles, la figure de Marco Gallo rappelle que la sainteté peut se vivre dans la simplicité de la vie quotidienne : dans l’étude, l’amitié, le sport et le service des plus fragiles. Comme l’a souligné l’archevêque de Milan, la vie de ce jeune Serviteur de Dieu peut devenir pour les nouvelles générations « une proposition de vie ».

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