Le premier cambriolage a été découvert le mercredi 4 mars 2026 à l’église Saint-Georges de Brassac, dans le sud du département. En arrivant dans l’édifice ce jour-là, le curé de la paroisse, le père Xavier Cormary, a immédiatement constaté que quelque chose n’allait pas. « C’était mercredi. Je suis arrivé et j’ai vu la porte de la sacristie grande ouverte. J’ai alors ouvert le placard et là… plusieurs objets, trois calices, une patène et deux ostensoirs, avaient disparu », a-t-il raconté. Ces pièces liturgiques sont utilisées pour la célébration de la messe et certaines remontent au XVIIIᵉ ou au XIXᵉ siècle. Elles appartiennent au patrimoine communal depuis la loi de 1905 qui a confié aux communes la propriété des édifices religieux et de nombreux objets qu’ils contiennent. Si leur valeur financière peut varier, notamment lorsqu’elles sont fabriquées en argent ou en métal doré, leur importance est avant tout religieuse pour la communauté paroissiale.
Selon les premiers éléments, les voleurs ont pénétré dans la sacristie sans provoquer de dégradations importantes. La petite porte en bois n’aurait pas été fracturée, ce qui laisse penser à une ouverture discrète ou à un crochetage. Le ou les malfaiteurs auraient ensuite quitté l’église par une issue secondaire donnant sur l’extérieur, ce qui laisse supposer un repérage préalable des lieux.
Quelques jours plus tard, de nouveaux faits similaires ont été signalés dans le même secteur. Le vendredi 6 mars 2026, un vol a été constaté dans l’église d’Anglès, à une quinzaine de kilomètres de Brassac. Là encore, les voleurs ont ciblé la sacristie et se sont emparés d’objets liturgiques tels que des calices ou des ciboires. Le mode opératoire apparaît très proche de celui observé à Brassac. Un troisième cambriolage a ensuite été signalé le dimanche 8 mars 2026 dans une église de la commune de Fontrieu, située à environ vingt kilomètres de Brassac. Dans cet édifice également, les malfaiteurs ont pénétré dans la sacristie pour s’emparer d’objets du culte, confirmant l’hypothèse d’une série de vols visant les églises rurales du secteur.
Face à cette succession d’intrusions, le père Xavier Cormary ne cache pas son inquiétude. « Je ne serais même pas étonné qu’on découvre d’autres églises cambriolées », a-t-il confié à La Dépêche, redoutant que cette série de vols ne s’étende à d’autres paroisses.
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Le prêtre insiste sur la dimension religieuse de ces pertes : « C’est une désolation. On nous a volé des objets qui sont précieux à nos yeux, qui sont précieux pour la prière des fidèles », explique-t-il. Dans ces églises de campagne souvent ouvertes en journée, les sacristies sont parfois protégées par des portes anciennes et peu sécurisées, ce qui facilite l’action des malfaiteurs.
Certains observateurs évoquent également une motivation liée à la valeur des métaux. De nombreux objets liturgiques sont fabriqués en argent ou en vermeil. Dans un contexte de hausse du prix de l’argent, ils peuvent être revendus ou même fondus pour récupérer le métal. Mais pour les paroissiens, la blessure dépasse largement la dimension financière. « Nous voyons que le sacré ne rebute pas les voleurs », constate encore le curé. Cette série de cambriolages dans le Tarn s’inscrit dans un phénomène plus large qui touche régulièrement les églises en France. Souvent ouvertes au public et faiblement protégées, elles constituent des cibles faciles pour des voleurs en quête d’objets anciens ou de métaux précieux.
Rappelons que le week-end des 7 et 8 mars 2026, deux églises parisiennes ont également été visitées. L’église Saint-Roch, dans le 1er arrondissement, et l’église Saint-Vincent-de-Paul, dans le 10e arrondissement, ont été la cible d’intrusions. Dans cette dernière, les malfaiteurs ont dérobé une relique particulièrement précieuse : un fragment de la tunique de saint Vincent de Paul conservé dans l’édifice. Ces événements rappellent la vulnérabilité croissante du patrimoine religieux en France. Derrière chaque objet dérobé, ce ne sont pas seulement des pièces d’orfèvrerie qui disparaissent, mais aussi des signes visibles de la foi et de l’histoire chrétienne. Dans de nombreuses paroisses, la multiplication des vols et des profanations conduit désormais les responsables à renforcer la vigilance autour des églises, ces lieux de prière qui demeurent pourtant ouverts à tous.


