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Irak : le cardinal Louis Raphaël Sako renonce au patriarcat chaldéen de Bagdad

cardinal Louis Raphaël Sako - DR
cardinal Louis Raphaël Sako - DR
« Pour éviter tout malentendu, je confirme que personne ne m’y a contraint, mais que j’ai demandé de ma propre initiative à être relevé de ma charge. »

Le cardinal Louis Raphaël Sako a annoncé sa démission de la charge de patriarche de Bagdad des Chaldéens, mettant ainsi fin à treize années passées à la tête de la principale Église catholique orientale d’Irak. À 77 ans, le prélat a choisi de se retirer pour se consacrer à la prière, à l’écriture et à un service discret de l’Église. Dans une lettre rendue publique le 10 mars 2026 sur le site du Patriarcat chaldéen, le cardinal explique avoir mûri cette décision depuis plusieurs années. « Il y a deux ans, lorsque j’ai atteint l’âge de 75 ans, j’ai commencé à penser à présenter ma démission et j’en avais déjà parlé avec le défunt pape François, mais il m’avait encouragé à rester », écrit-il. Finalement, le 9 mars 2026, il a remis sa démission au pape Léon XIV, qui l’a acceptée.

Le cardinal insiste sur la liberté de sa décision. « Pour éviter tout malentendu, je confirme que personne ne m’y a contraint, mais que j’ai demandé de ma propre initiative à être relevé de ma charge. »

Dans sa lettre, le prélat revient sur les années difficiles durant lesquelles il a conduit l’Église chaldéenne, marquées notamment par les violences et les persécutions contre les chrétiens d’Irak, en particulier durant la période de l’organisation État islamique:

« J’ai dirigé l’Église chaldéenne dans des circonstances extrêmement difficiles et face à de grands défis. J’ai préservé l’unité de ses institutions et je n’ai épargné aucun effort pour la défendre et pour défendre les droits des Irakiens et des chrétiens. »

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Élu patriarche en 2013 par le synode des évêques de l’Église chaldéenne, Louis Raphaël Sako s’est imposé comme l’une des voix les plus écoutées du christianisme au Moyen-Orient. Son ministère a été marqué par un engagement constant en faveur de la paix, du dialogue interreligieux et de la défense des minorités chrétiennes dans un pays profondément marqué par les conflits. Créé cardinal par le pape François le 28 juin 2018, il a également œuvré à maintenir une présence chrétienne en Irak, malgré l’exode massif provoqué par les guerres et les violences. Dans son message d’adieu, le cardinal exprime son espérance pour l’avenir de l’Église chaldéenne et souhaite qu’un nouveau patriarche puisse poursuivre la mission dans un esprit d’ouverture et de courage.

« J’espère que la direction de l’Église catholique chaldéenne sera confiée à un patriarche doté d’une solide culture théologique, de courage et de sagesse, quelqu’un qui croit au renouveau, à l’ouverture et au dialogue. » Le cardinal promet également de ne pas interférer dans la mission de son successeur.

Né le 4 juillet 1948 à Zakho, dans le Kurdistan irakien, Louis Raphaël Sako a été ordonné prêtre en 1974. Après des études à Rome au Pontifical Institut oriental, où il obtient un doctorat en patrologie orientale, il poursuit sa formation à Paris, à la Sorbonne, où il soutient un second doctorat en histoire.Archevêque de Kirkouk à partir de 2003, il devient patriarche de Bagdad des Chaldéens en 2013. Pendant plus d’une décennie, il s’est trouvé au cœur des épreuves traversées par les chrétiens d’Irak.Ces derniers jours encore, il appelait les fidèles à prier pour la paix face aux tensions croissantes dans le Golfe persique. « J’ai demandé aux chrétiens de prier pour la paix durant toutes les messes dans les églises », confiait-il récemment. Au terme de sa lettre, le cardinal livre une conclusion simple et profondément spirituelle, fidèle à toute une vie de service : « Souvenez-vous de moi dans vos prières. »

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