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Hongrie : polémique autour de la nomination de la catholique Rita Rubovszky à l’Éducation Nationale

Rita Rubovszky - image Facebook
Rita Rubovszky - image Facebook
Désignée par Péter Magyar comme future ministre de l’Éducation, Rita Rubovszky suscite une vive polémique en Hongrie, notamment en raison de son engagement dans le milieu ecclésial

La nomination n’est pas encore pleinement formalisée, mais elle est déjà au cœur d’une controverse nationale. En Hongrie, le choix de Péter Magyar de confier le ministère de l’Éducation à Rita Rubovszky a déclenché un débat intense, bien avant l’entrée en fonction du futur gouvernement. L a directrice générale de l’Autorité principale des écoles cisterciennes a été choisie pour occuper ce poste stratégique, et aurait accepté cette responsabilité. Interrogée, elle a toutefois temporisé : « Le nouveau gouvernement n’est pas encore formé, je ne souhaite donc pas commenter l’information ». Une prudence qui reflète une situation encore en cours de finalisation institutionnelle.

Rita Rubovszky est une figure importante du paysage éducatif hongrois, particulièrement dans le réseau catholique. Elle dirige actuellement l’organisme chargé de la gestion des écoles fondées par l’abbaye cistercienne de Zirc. Depuis 2025, elle préside également le mouvement des « Soixante-douze disciples ».Son parcours académique l’a conduite de l’université de Szeged à la Sorbonne à Paris. Elle a ensuite exercé comme enseignante à Budapest, avant de s’engager dans des responsabilités européennes, notamment comme vice-présidente de l’Association européenne des enseignants catholiques pendant douze ans, et comme experte pour l’enseignement à distance auprès de l’Union européenne à Bruxelles.Elle a également dirigé pendant douze ans le lycée Patrona Hungariae, avant d’en être écartée en 2023 dans un contexte controversé.

La perspective de voir une personnalité issue de l’enseignement catholique à la tête du ministère de l’Éducation a immédiatement suscité une vive polémique. Sur les réseaux sociaux, de nombreux commentaires ont exprimé leur inquiétude quant à la place de la religion dans les politiques publiques éducatives. L’activiste Lili Pankotai a ainsi déclaré : « Je considère inacceptable qu’une institution laïque, en particulier le ministère de l’Éducation, soit dirigée par une personne issue d’un milieu ecclésial. » Elle a également affirmé : « Je ne pense qu’aucune idéologie n’ait sa place dans les institutions qui éduquent les enfants. »

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Ces critiques s’inscrivent dans un débat plus large sur la séparation entre l’État et l’Église, ainsi que sur l’orientation future du système éducatif hongrois. Face à ces réactions, certaines voix appellent à la retenue. La journaliste Alinda Veiszer a notamment mis en garde contre les jugements hâtifs fondés sur l’appartenance religieuse, soulignant qu’il convient d’évaluer une personnalité à partir de ses compétences et de son action. D’autres observateurs rappellent que Rita Rubovszky dispose d’une solide expérience dans le domaine éducatif, tant en Hongrie qu’au niveau européen, et estiment qu’il serait prématuré de tirer des conclusions avant même son éventuelle prise de fonctions.

Au-delà de la personne de Rita Rubovszky, cette polémique révèle des fractures profondes au sein de la société hongroise, notamment sur la question du rôle des institutions religieuses dans l’éducation et sur les priorités du futur gouvernement. Alors que la formation du gouvernement est encore en cours, cette nomination apparaît déjà comme un test politique et symbolique. Elle pourrait marquer une orientation claire en matière éducative, tout en illustrant les tensions persistantes entre héritage religieux, attentes de modernisation et exigences de neutralité dans la société hongroise contemporaine.

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