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Le pape Léon XIV dénonce les vraies-fausses polémiques fabriquées par certains journalistes de l’avion papal

Capture écran
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Entre le Cameroun et l’Angola, le Saint-Père a clarifié ses propos face aux journalistes, rappelant qu’il ne cherche aucun affrontement, notamment avec Donald Trump, malgré des interprétations médiatiques persistantes

Le pape Léon XIV a quitté le Cameroun ce samedi 18 avril pour rejoindre l’Angola, troisième étape de son voyage apostolique en Afrique. Après avoir célébré une messe à Yaoundé devant des milliers de fidèles, marquée par un appel fort à la solidarité, « personne ne doit être laissé seul pour affronter les adversités de la vie », le Saint-Père s’est envolé vers Luanda. C’est précisément à bord de cet avion papal, au cours de la semaine, que s’est jouée une scène révélatrice.

Entre des clichés qui évoquaient davantage des photos de vacances et une ambiance parfois digne d’une colonie d’ados en déplacement, certains journalistes s’étaient employés à donner une coloration polémique à des propos qui ne l’étaient pas. Interrogé sur une supposée confrontation avec Donald Trump, le pape a pourtant répondu avec clarté : « Il n’est absolument pas dans mon intérêt de débattre avec Trump ».

Il a immédiatement précisé le contexte, coupant court à toute tentative de récupération : « Les discours que je prononce en Afrique ont été préparés, dans certains cas, jusqu’à deux semaines auparavant, bien avant que le président des États-Unis ne commente mes propos et le message de paix que je promeus ». Mais la mise au point la plus explicite reste celle-ci : « Pourtant, cela a été interprété comme si je cherchais à débattre à nouveau avec le président, ce qui n’est absolument pas dans mon intérêt ». Autrement dit, tout était dit.

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Certains s’étaient appliqués à bâtir un scénario de confrontation anti-Donald Trump, comme si la parole pontificale devait nécessairement entrer dans une logique d’opposition politique.

Il faut dire que, dans un environnement médiatique en quête permanente de tension, la tentation est grande. Là où le pape parle de fraternité, on cherche un affrontement. Là où il évoque la paix, on construit une opposition. Là où il appelle au dialogue, on suggère un duel. Pourtant, le sens de son voyage ne laissait guère de place au doute. « Je viens avant tout en Afrique comme pasteur », avait-il rappelé, précisant qu’il était venu « pour promouvoir le dialogue, la fraternité, la compréhension, l’accueil et la construction de la paix entre personnes de toutes les religions ».

Dans ses discours au Cameroun , le pape n’a cessé de dénoncer les injustices profondes, les « intérêts dominants » qui exploitent les richesses et provoquent « tant de souffrances, tant de morts, tant de catastrophes sociales et environnementales ». Il avait également mis en garde contre ceux qui veulent « rendre les âmes passives et soumises au pouvoir », appelant les peuples à relever la tête.Un message exigeant, spirituel, profondément ancré dans la doctrine sociale de l’Église, et qui dépasse largement les lectures politiciennes. Mais encore faut-il vouloir l’entendre.

Le pape lui-même a conclu sans ambiguïté, revenant à l’essentiel : « Continuons donc notre chemin, continuons à proclamer le message de l’Évangile » afin de « promouvoir la fraternité ».

intervention du pape Léon XIV à bord de l’avion

« Il y a eu un certain récit qui n’a pas été exact dans tous ses aspects. » « En raison de la situation politique créée lorsque, le premier jour du voyage, le président des États-Unis a fait certains commentaires à mon sujet, une grande partie de ce qui a été écrit depuis n’a été que des commentaires sur des commentaires essayant d’interpréter ce qui a été dit. » « Juste un petit exemple : le discours que j’ai prononcé lors de la rencontre de prière pour la paix il y a quelques jours a été préparé il y a deux semaines, bien avant que le président ne commente quoi que ce soit à mon sujet et sur le message de paix que je promeus. Et pourtant, comme cela arrive, il a été examiné comme si j’essayais de débattre à nouveau avec le président, ce qui n’est absolument pas dans mon intérêt. »

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