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« Une affaire montée de toutes pièces » : le monastère de Plavilla dénonce le prétendu « père Marc » sur M6 dans l’affaire Dupont de Ligonnès

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Contacté par notre rédaction, le monastère présenté comme le lieu de la prétendue rencontre avec Xavier Dupont de Ligonnès dément catégoriquement les affirmations diffusées sur M6. « Il n'y a jamais eu de frère Marc chez nous. C'est une affaire montée de toutes pièces », nous a déclaré le frère Jean-Marie

Pendant quelques minutes, M6 a cru tenir le scoop de l’année. Face à Julien Courbet, un homme présenté comme un prêtre catholique affirmait avoir rencontré Xavier Dupont de Ligonnès dans un monastère de l’Aude en 2022. Plus spectaculaire encore, il assurait que le fugitif lui avait confié avoir assassiné son épouse et ses quatre enfants. Le récit était parfait pour faire grimper l’audience : un monastère, un prêtre, un homme recherché depuis quinze ans et des aveux supposés. Tous les ingrédients d’un scénario captivant étaient réunis.

Le problème est que cette histoire semblait invraisemblable dès les premières minutes. Car n’importe quel catholique pratiquant, n’importe quel séminariste et n’importe quel prêtre sait qu’un prêtre catholique ne peut jamais révéler le contenu d’une confession. Jamais. Le secret sacramentel est absolu. Aucun évêque ne peut en dispenser un prêtre. Aucun motif ne peut l’autoriser à parler. Un prêtre peut être menacé, emprisonné ou même condamné à mort, il demeure tenu au silence. Comment une telle évidence a-t-elle pu échapper à tous les participants de cette séquence ?Plus surprenant encore, Julien Courbet lui-même s’adresse au témoin en l’appelant « mon Père », reconnaissant ainsi sa qualité supposée de prêtre catholique. Or le simple fait d’entendre un homme se présenter comme prêtre tout en affirmant révéler le contenu d’une confession aurait dû immédiatement déclencher les plus grandes réserves. Comment personne n’a-t-il demandé comment un prêtre pouvait ainsi violer l’un des principes les plus sacrés de l’Église catholique ? Comment personne n’a-t-il jugé nécessaire de vérifier ce point avant la diffusion de l’émission ?

Quelques heures plus tard, Monseigneur Bruno Valentin, évêque de Carcassonne et Narbonne, a publiquement démenti les propos qui lui étaient attribués et a annoncé saisir l’Arcom. Le témoin affirmait pourtant avoir reçu l’autorisation de l’évêque pour parler. L’évêque a assuré qu’il n’en était rien. Mais le plus accablant restait à venir.

Souhaitant vérifier les informations relayées dans la presse, notre rédaction a contacté directement le monastère Saint-Pierre de la Communauté de l’Agneau à Plavilla, dans l’Aude, présenté notamment par La Dépêche du Midi comme le lieu où Xavier Dupont de Ligonnès aurait été accueilli. La réponse du frère Jean-Marie a été immédiate. « Il n’y a jamais eu de frère Marc chez nous. C’est une affaire montée de toutes pièces. » Cette déclaration est dévastatrice pour la crédibilité de toute cette mise en scène.

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Car si le monastère présenté comme le lieu des faits affirme n’avoir jamais connu le religieux mis en avant par M6, alors une question devient incontournable : qui était réellement cet homme présenté à des millions de Français comme un prêtre catholique ?

Comment une émission nationale a-t-elle pu diffuser un témoignage aussi grave sans vérifier l’identité religieuse de son principal intervenant ? Comment aucun journaliste n’a-t-il pris son téléphone pour contacter la communauté concernée avant de présenter cette histoire comme une révélation majeure ? Cette affaire dépasse d’ailleurs largement le seul dossier Dupont de Ligonnès.

Une fois encore, l’Église catholique a servi de décor commode à un récit sensationnaliste. Le prêtre mystérieux, le monastère discret, les aveux secrets, l’évêque supposément informé : tous les clichés étaient réunis.

Ce qui est particulièrement choquant, c’est la légèreté avec laquelle a été traitée une réalité aussi fondamentale que le secret de la confession. Des millions de téléspectateurs ont pu croire qu’un prêtre pouvait raconter publiquement ce qui lui avait été confié et qu’un évêque pouvait l’y autoriser. C’est tout simplement faux. Cette séquence révèle surtout une méconnaissance profonde du catholicisme ou, plus grave encore, une absence totale de vérification préalable. Aujourd’hui, les faits sont là. L’évêque dément. Le monastère dément.

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