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Entre provocations de certains fanatiques et emballement médiatique : y a-t-il vraiment un sentiment anti-chrétien en Terre sainte ?

"Israël demeure le seul endroit du Moyen-Orient où la communauté chrétienne est en croissance"

Interrogé sur RCF, Joshua Laurent Zarka, ambassadeur d’Israël en France depuis 2023, appelle à se méfier des manipulations et refuse l’idée d’une politique anti-chrétienne organisée. Sur les récents incidents ayant visé des chrétiens en Terre sainte, le diplomate a fermement rejeté l’idée d’un climat de « christianophobie » en Israël. « Il n’y a pas de sentiment anti-chrétien en Israël », a t-il rappelé , dénonçant des actes commis par des « individus extrémistes et marginaux ».

Ces dernières semaines pourtant, plusieurs événements ont nourri l’inquiétude. Le 28 avril, une religieuse française a été agressée à Jérusalem, Régulièrement, de jeunes fanatiques crachent sur des passants ou des touristes chrétiens, ainsi que sur des commerces tenus par des chrétiens à Jérusalem. Quelques jours plus tôt, une vidéo montrant un soldat israélien frappant une statue du Christ dans le sud du Liban avait provoqué une vague d’indignation sur les réseaux sociaux. À cela se sont ajoutés des événements présentés comme la destruction d’un couvent et d’une école catholique à Yaroun, dans le sud du Liban ( information contestée par l’armée israélienne qui a précisé qu’il s’agissait d’un bâtiment annexe). Enfin, un soldat israélien a été condamné à 21 jours de prison pour avoir placé une cigarette dans la bouche d’une statue représentant la Sainte Vierge.

Face à ces accusations, Joshua Zarka a contesté toute politique délibérée contre les chrétiens. Il a insisté sur le fait qu’Israël demeure, selon lui, « le seul endroit du Moyen-Orient où la communauté chrétienne est en croissance ». Il a également rappelé que les auteurs d’agressions anti-religieuses sont poursuivis par la justice israélienne, citant notamment l’arrestation de l’homme ayant agressé la religieuse française à Jérusalem, actuellement emprisonné pour « crime de haine ».

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Mais au-delà des faits eux-mêmes, l’ambassadeur met en garde contre une lecture politique et médiatique qui chercherait à installer l’idée d’un affrontement inévitable entre juifs et chrétiens. Dans un contexte régional déjà explosif, certains observateurs redoutent en effet que chaque incident soit instrumentalisé pour nourrir une logique de fracture confessionnelle.

Car si les provocations de certains fanatiques existent bel et bien, leur résonance médiatique peut parfois donner l’impression d’une hostilité généralisée. Une perception qui inquiète d’autant plus qu’elle intervient dans une région où les communautés chrétiennes, déjà fragilisées par les guerres et l’exode, vivent dans une grande précarité. L’ambassadeur appelle ainsi à distinguer les actes isolés d’une politique d’État. Une ligne de défense qui ne suffit toutefois pas à apaiser toutes les inquiétudes, notamment au Liban, où plusieurs responsables chrétiens dénoncent des destructions « systématiques » dans certaines zones frontalières. Derrière cette bataille de récits, une question demeure : à qui profiterait aujourd’hui une opposition frontale entre chrétiens et juifs en Terre sainte ? Pour certains analystes religieux et diplomatiques, le risque est de voir les tensions locales devenir le carburant de conflits identitaires beaucoup plus larges, alimentés autant par les extrémismes que par les emballements de l’opinion.

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