A une époque marquée par l’effacement des symboles chrétiens et l’indifférence religieuse, le geste d’un jeune paysagiste français de 18 ans bouleverse bien au-delà du monde de la montagne. Après la disparition de la croix historique du pic d’Aneto, plus haut sommet des Pyrénées culminant à 3 404 mètres, un adolescent originaire du Sud-Ouest a décidé de répondre non par la colère, mais par un acte de foi, de courage et de réparation. La croix métallique installée au sommet de l’Aneto avait été volontairement découpée à la meuleuse puis jetée dans un ravin. Une enquête de la Guardia Civil espagnole est d’ailleurs en cours afin d’identifier les auteurs de cet acte de vandalisme qui a profondément choqué de nombreux montagnards et croyants des deux côtés des Pyrénées.

Face à cette profanation, Maël Le Lagadec, jeune apprenti paysagiste âgé de 18 ans et originaire de Montauban, n’a pas voulu rester spectateur. Dans la discrétion, il entreprend alors de sculpter lui-même une nouvelle croix en noyer noir. Une œuvre artisanale réalisée avec soin, pensée non comme un coup médiatique mais comme un témoignage personnel. La croix achevée, le jeune homme décide de la porter jusqu’au sommet de l’Aneto.
Une ascension hors norme commence alors. Accompagné d’un ami, Maël part de nuit avec près de 35 kilos sur les épaules. Pendant environ quatorze heures, il progresse dans le froid, l’altitude et les passages escarpés du massif pyrénéen. À mesure que le chemin devient plus difficile, la portée symbolique de son geste grandit : monter une croix vers les hauteurs rappelle inévitablement la montée du Christ vers le Golgotha. Au lever du jour, la nouvelle croix est finalement dressée au sommet.
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Le contraste est saisissant : là où un acte de destruction voulait faire disparaître un signe chrétien, un jeune homme choisit au contraire d’en restaurer la présence au prix d’un effort physique considérable. Beaucoup y voient déjà un symbole fort pour notre temps.
Dans les heures qui suivent la publication de cette histoire, les réactions se multiplient sur les réseaux sociaux. Montagnards, prêtres, familles catholiques et simples anonymes saluent un geste « de réparation », « d’espérance » et « de fidélité ». D’autres rappellent également que les croix de sommet, dans les Pyrénées comme dans les Alpes, ne sont pas seulement des objets religieux : elles appartiennent aussi à l’histoire culturelle et spirituelle des montagnes européennes.Le pic d’Aneto possède depuis longtemps une signification particulière pour de nombreux randonneurs. Son sommet, austère et majestueux, attire chaque année des milliers d’alpinistes venus de toute l’Europe. La disparition de sa croix avait suscité une émotion profonde dans le monde pyrénéen. Mais l’initiative de ce jeune Français transforme aujourd’hui cette blessure en signe d’espérance.


