Beaucoup disent qu’il s’agit de l’un des signes les plus visibles du long épiscopat de Monseigneur Dominique Rey. Et l’on ne peut s’empêcher de penser que Monseigneur François Touvet s’efforce aujourd’hui de « gérer au mieux » cet héritage complexe, à la fois riche de ses fruits et marqué par les défis. Arrivé à la tête du diocèse, le 7 janvier 2025, après le départ de son prédécesseur, renvoyé à Paris, l’évêque poursuit son travail en essayant de veiller à préserver ce qui fait la singularité et la fécondité du diocèse varois.
Dans un contexte national marqué par la raréfaction des vocations dans de nombreux diocèses ( 90 prêtres seulement en 2025 ) , cette moisson sacerdotale apparaît donc comme un signe particulièrement fort.

Cette promotion 2026 reflète également l’universalité de l’Église. Les futurs prêtres viennent de France, d’Italie, d’Égypte, du Paraguay, du Brésil, de Hong Kong, de Martinique ou encore de l’île Maurice. Tous ont été attirés par le diocèse de Fréjus-Toulon et ses différentes communautés ecclésiales, qui continuent de susciter des vocations et d’accueillir des séminaristes venus d’horizons très divers.
Parmi eux figurent des ingénieurs, un pharmacien, d’anciens étudiants en médecine, en histoire ou en génie civil. Plusieurs ont découvert leur vocation dès l’enfance, d’autres après une conversion ou un retour à la foi. Tous témoignent cependant d’une rencontre personnelle avec le Christ qui a bouleversé leur existence et les a conduits à tout quitter pour répondre à son appel. Le futur père Enrick Désért, originaire de Martinique, avait entrepris des études de médecine et de kinésithérapie. Le frère Étienne Pasanisi, né à Rome, est titulaire d’une licence en génie biomédical et d’un master en ingénierie. Peter Silwanes, venu d’Égypte, exerçait comme pharmacien. Arthur Ng Man Ki, originaire de Hong Kong, est ingénieur civil de formation. Ces parcours rappellent que l’appel sacerdotal touche aujourd’hui des profils variés, souvent hautement qualifiés.
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Plus encore que leurs parcours académiques, c’est leur désir de servir qui frappe. Tous expriment une profonde dévotion à l’Eucharistie, une vie de prière intense et une volonté de consacrer leur existence à l’annonce de l’Évangile. Plusieurs ont déjà exercé leur ministère auprès des jeunes, des détenus, des malades ou dans les paroisses du diocèse.

Ces dix ordinations constituent aussi un rappel que la question des vocations ne se résume pas à des statistiques. Derrière chaque futur prêtre se trouvent des familles chrétiennes, des paroisses, des mouvements de jeunesse, des communautés religieuses et des prêtres qui ont accompagné un discernement parfois long de plusieurs années. Les profils de ces futurs prêtres témoignent également de la diversité des sensibilités et des communautés qui composent le diocèse. Parmi eux figurent des membres des Fils de Notre-Dame des Sept Douleurs, du Chemin néocatéchuménal, de la Fraternité Missionnaire Jean-Paul II, des Missionnaires de la Très Sainte Eucharistie ou encore des séminaristes diocésains. Une diversité souvent encouragée par Mgr Dominique Rey durant ses années d’épiscopat et qui continue aujourd’hui à porter du fruit.
L’avenir dira si cette dynamique pourra se maintenir dans les années qui viennent sous la conduite de Mgr François Touvet. Certaines voix en doutent, estimant que le contexte ecclésial a profondément changé. D’autres, au contraire, espèrent que l’actuel évêque saura préserver ce qui a fait la fécondité du diocèse tout en lui donnant un nouvel élan. Les dix ordinations du 27 juin constituent en tout cas un signe encourageant pour ceux qui souhaitent voir perdurer cette vitalité vocationnelle singulière dans le paysage ecclésial français. Le 27 juin prochain, à La Castille, dix « me voici » témoigneront que, malgré les difficultés et les défis auxquels l’Église est confrontée, l’appel du Christ continue de résonner et d’être entendu par de jeunes hommes prêts à donner leur vie pour le service de Dieu et de leurs frères.


