Depuis 2000 ans

Saint Charles Lwanga et ses compagnons

DR
DR
Chaque année, le 3 juin, l’Église célèbre les martyrs de l’Ouganda, ces jeunes chrétiens qui préférèrent la mort au reniement de leur foi et à la compromission morale

L’Église catholique fait mémoire de saint Charles Lwanga et de ses compagnons, les célèbres martyrs de l’Ouganda. Leur histoire, marquée par le courage, la pureté et la fidélité au Christ jusqu’au sacrifice suprême, demeure l’un des témoignages les plus bouleversants de l’histoire chrétienne africaine. À la fin du XIXe siècle, le royaume du Buganda, dans l’actuel Ouganda, connaît une rapide diffusion du christianisme grâce à l’action missionnaire des Pères Blancs. Parmi les nouveaux convertis figure Charles Lwanga, un jeune laïc attaché au service du roi Mwanga II. Baptisé en novembre 1885, il devient rapidement un guide spirituel pour de nombreux jeunes de la cour royale.

Le roi Mwanga voit cependant d’un mauvais œil l’influence grandissante du christianisme. Il reproche aux jeunes convertis leur refus de participer à certaines pratiques contraires à la morale chrétienne, notamment ses propres exigences immorales. Face aux pressions du souverain, Charles Lwanga et ses compagnons choisissent de rester fidèles à leur foi.La persécution devient alors particulièrement violente. Entre 1885 et 1887, près d’une centaine de chrétiens, catholiques et anglicans, sont mis à mort. Parmi eux, vingt-deux catholiques seront reconnus officiellement comme martyrs par l’Église. Plusieurs sont encore adolescents. Le plus jeune, saint Kizito, n’a que treize ans.

La tradition a conservé des paroles particulièrement émouvantes. Alors qu’ils marchaient vers le lieu de leur exécution, le jeune Kizito aurait demandé à Charles Lwanga : « Donne-moi la main, j’aurai moins peur. » Un autre martyr, arrivant sur le lieu du supplice, aurait déclaré avec une foi désarmante : « C’est ici que nous verrons Jésus ! »

Le 3 juin 1886, à Namugongo, Charles Lwanga et plusieurs de ses compagnons sont brûlés vifs. D’autres sont décapités, transpercés ou exécutés au cours de la même vague de persécutions. Leur seul crime est d’avoir refusé de renier le Christ et de compromettre leur conscience. L’Église reconnaît rapidement la grandeur de leur témoignage. Les martyrs de l’Ouganda sont béatifiés par le pape Benoît XV en 1920 puis canonisés par saint Paul VI le 18 octobre 1964. Lors de cette canonisation historique, le pape souligne l’importance du christianisme africain et la fécondité spirituelle du continent.

Aujourd’hui encore, leur mémoire demeure extraordinairement vivante. Le sanctuaire de Namugongo accueille chaque année des centaines de milliers de pèlerins venus de toute l’Afrique. En 2015, lors de son voyage apostolique en Ouganda, le pape François s’est rendu sur ce lieu de mémoire pour honorer ces témoins héroïques de l’Évangile. Plus récemment encore, le 3 juin 2025, des foules immenses s’y sont rassemblées pour célébrer leur fête. Le témoignage de Charles Lwanga et de ses compagnons rappelle que la sainteté n’est pas réservée à une époque ou à un continent. Jeunes pour la plupart, laïcs pour beaucoup d’entre eux, ils montrent que la fidélité au Christ peut transformer des existences ordinaires en un témoignage extraordinaire.

Patrons de la jeunesse africaine, saint Charles Lwanga et saint Kizito continuent ainsi d’offrir aux chrétiens du monde entier un exemple lumineux de courage, de pureté et d’espérance. Face à la violence et à la persécution, ils ont choisi de demeurer fidèles jusqu’au bout, convaincus que rien ne pouvait les séparer de l’amour du Christ.

Avec nominis

Recevez chaque jour notre newsletter !