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La GPA « éthique » : un habillage moral pour rendre acceptable l’inacceptable

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Après avoir rebaptisé l'euthanasie "aide à mourir", certains tentent aujourd'hui de rendre la GPA fréquentable en la qualifiant d'"éthique". Une manière de se donner bonne conscience en dissimulant derrière des mots apaisants ce qui demeure une profonde rupture morale et anthropologique

À chaque étape des grandes réformes sociétales de ces dernières décennies, les mêmes promesses ont été formulées. Lors du Pacs, puis lors du mariage entre personnes de même sexe, il était assuré qu’il ne serait jamais question de bouleverser les fondements de la filiation. Quelques années plus tard, la gestation pour autrui revient pourtant régulièrement dans le débat public, désormais accompagnée d’un nouvel adjectif censé rassurer les consciences : elle serait « éthique ». Le choix de ce terme n’est pas anodin. Il vise à déplacer la discussion. Il ne s’agit plus de savoir si la GPA est bonne ou mauvaise en elle-même, mais seulement de déterminer dans quelles conditions elle pourrait être acceptable. La question fondamentale disparaît alors derrière une série de précautions juridiques et de garanties présentées comme suffisantes. Pourtant, aucun qualificatif, aussi rassurant soit-il, ne peut modifier la nature profonde d’un acte.

La GPA repose sur un principe simple : un enfant est conçu avec l’intention préalable d’être remis à d’autres adultes après sa naissance. Cette réalité demeure identique que la pratique soit commerciale ou prétendument altruiste. Le contrat peut disparaître, l’argent peut être absent, mais l’objectif reste le même : organiser à l’avance la séparation entre l’enfant et la femme qui l’a porté. C’est précisément là que se trouve le cœur du problème.

Pendant des décennies, la société a multiplié les efforts pour rappeler l’importance du lien mère-enfant. Les psychologues, les pédiatres et les spécialistes du développement ont montré combien les premiers liens affectifs jouent un rôle déterminant dans la construction de la personne. Dans tous les autres domaines, la séparation précoce entre une mère et son enfant est considérée comme une blessure, une souffrance ou un drame. Avec la GPA, cette même séparation devient soudain un objectif recherché et organisé.

Les défenseurs de la GPA invoquent souvent le désir d’enfant. Ce désir peut être profondément compréhensible et susciter une réelle compassion, notamment chez ceux qui souffrent de l’infertilité. Mais le désir, aussi légitime soit-il, ne crée pas un droit absolu.

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Dans une société juste, les adultes ont des droits. Les enfants aussi. Or l’enfant n’est pas un projet, encore moins une réponse à une souffrance. Il est une personne à part entière, dotée d’une dignité propre qui précède les attentes de ceux qui souhaitent l’accueillir, c’est une grâce voulue par Dieu. La question de la femme porteuse est tout aussi essentielle. Même lorsque la GPA est qualifiée d’éthique , son corps devient le support d’un projet conçu pour d’autres. La grossesse cesse alors d’être le fruit de l’amour pour devenir une prestation. Une telle logique introduit inévitablement une instrumentalisation évidente du corps féminin.

Cette réalité apparaît d’autant plus paradoxale que nombre de ceux qui dénoncent la marchandisation du corps ( prostitution) dans d’autres domaines se montrent soudain beaucoup plus discrets lorsqu’il s’agit de la GPA.

Comment dénoncer la transformation du corps en marchandise tout en acceptant qu’une grossesse puisse être organisée au bénéfice de tiers ?

Face à ces tentatives, l’Église catholique maintient une position constante. Le Catéchisme de l’Église catholique, tout comme la déclaration Dignitas Infinita publiée par le Dicastère pour la doctrine de la foi, rappellent que la dignité de l’enfant et celle de la femme ne peuvent être dissociées. La GPA est rejetée non parce que l’Église serait hostile au désir d’enfant, mais parce qu’aucun désir, aussi compréhensible soit-il, ne peut justifier la transformation de la procréation en objet de contrat ou d’organisation technique.

Le débat dépasse largement la seule question de la GPA. Il touche à la manière dont notre civilisation comprend l’être humain. L’enfant est-il un don reçu ou un projet maîtrisé ? La maternité est-elle une relation ou une fonction ? La filiation est-elle une réalité que l’on accueille ou une construction que l’on organise ? Pour les chrétiens, l’enfant est reçu comme un don. Dans la logique de la GPA, il devient une transaction. Or la vie humaine n’est pas une réalité que l’homme produit ou commande selon sa volonté, mais un cadeau confié par Dieu. En prétendant transformer la naissance en objet de contrat, la GPA efface cette vérité fondamentale : l’enfant est une personne à accueillir avec gratitude, jamais un droit à exiger ni un bien à obtenir.

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