L’Assemblée nationale a adopté une proposition de loi visant à mieux protéger les enfants contre les violences dans les établissements scolaires et périscolaires. Voilà la réalité. Pourtant, certains médias continuent obstinément de parler de « loi Bétharram ». Pourquoi ? Parce qu’il ne s’agit pas seulement d’informer. Il s’agit aussi de construire un récit. Car le texte voté ne concerne pas uniquement un établissement catholique des Pyrénées-Atlantiques. Il concerne l’ensemble du système éducatif français, les établissements publics comme privés, les écoles comme le périscolaire. Pourtant, le nom retenu est celui d’une institution catholique. Une fois encore, l’Église sert de symbole, de cible et de bouc émissaire.
Cette manière de présenter les choses est intellectuellement malhonnête. Elle vise à inscrire dans les esprits une équation simple : violences sur mineurs égale catholicisme. Peu importe que les abus aient également existé dans le sport, dans les colonies de vacances, dans certaines structures associatives, dans des établissements publics ou dans le périscolaire. Peu importe que les prédateurs n’aient jamais eu le monopole d’une religion ou d’une institution. L’essentiel est ailleurs : maintenir l’Église sur le banc des accusés.
L’épisode du secret de la confession est tout aussi révélateur
Pendant plusieurs semaines, certains responsables politiques et plusieurs médias ont tenté de présenter sa remise en cause comme une évidence morale. Ceux qui défendaient le maintien de ce secret étaient aussitôt rangés dans le même camp : catholiques, droite, extrême droite. Comme si la défense d’une liberté religieuse fondamentale ne pouvait être motivée que par une arrière-pensée idéologique. Le procédé est grossier mais désormais habituel. Dès qu’un croyant ose défendre un principe religieux, il est sommé de se justifier politiquement. Ses arguments ne sont plus discutés. Ils sont disqualifiés par avance.
Fort heureusement, cette disposition n’a pas été adoptée. Le secret de la confession demeure intact. Il s’agit d’une victoire pour la liberté religieuse mais aussi pour la cohérence juridique de notre pays. Un État de droit n’a pas vocation à démanteler les fondements d’un sacrement vieux de plusieurs siècles au gré des émotions médiatiques du moment. Mais la plus grande hypocrisie se trouve peut-être ailleurs.
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Les mêmes commentateurs qui dénoncent avec une indignation théâtrale les fautes de l’Église refusent presque toujours d’interroger les conséquences des idéologies qu’ils ont eux-mêmes promues pendant des décennies.
Depuis des années, ils célèbrent la disparition des repères moraux, la déconstruction des normes, l’effacement des interdits, l’hypersexualisation de la société et une conception toujours plus individualiste de la liberté.Ils ont applaudi toutes les transgressions au nom de l’émancipation. Ils ont présenté toute limite comme une oppression. Ils ont dénoncé toute morale comme une contrainte insupportable. Puis ils feignent aujourd’hui de découvrir que des sociétés privées de repères produisent aussi leurs monstres.
Lorsqu’un scandale éclate dans une institution catholique, c’est la preuve supposée de la faillite du christianisme. Lorsqu’il éclate dans une structure publique, associative ou périscolaire, il devient soudain un fait divers isolé. Cette différence de traitement n’est plus du journalisme. C’est du militantisme.
L’Église doit répondre de ses fautes. Personne ne le conteste. Mais ceux qui ont participé à l’effacement des repères moraux les plus élémentaires devraient peut-être faire preuve d’un peu plus de modestie avant de distribuer les leçons de vertu. Au fond, cette affaire révèle moins une obsession pour la protection des enfants qu’une obsession persistante contre le catholicisme. Car si l’objectif était réellement la défense des victimes, alors toute la société serait examinée avec la même rigueur. Or ce n’est manifestement pas le cas.L’Église demeure le coupable idéal. Certains médias semblent incapables de parler d’une loi concernant tous les établissements scolaires sans lui attribuer le nom d’une affaire catholique. Cette obsession en dit finalement beaucoup plus sur eux que sur l’Église elle-même.


