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OVNI, démons et exorcisme : pourquoi le cardinal McElroy a écarté l’un des exorcistes les plus connus des États-Unis

Monseigneur Stephen Rossetti ( DR) - Depositphotos
Monseigneur Stephen Rossetti ( DR) - Depositphotos
Après près de vingt ans de ministère comme exorciste dans l’archidiocèse de Washington, Mgr Stephen Rossetti a été relevé de ses fonctions. En cause, des déclarations associant de nombreux phénomènes OVNI à une manifestation démoniaque, des propos que le cardinal Robert McElroy juge incompatibles avec l’enseignement de l’Église

La décision a provoqué une vive surprise dans les milieux catholiques américains. Le 3 juin, le cardinal Robert McElroy a annoncé la révocation de Monseigneur Stephen Rossetti de sa mission d’exorciste au sein de l’archidiocèse de Washington. Dans un communiqué officiel, le cardinal a également indiqué avoir mis fin à toute affiliation entre l’archidiocèse et le St. Michael Center for Spiritual Renewal, organisme fondé et dirigé par Mgr Rossetti. Ce centre est notamment connu pour ses activités de formation dans le domaine de la délivrance spirituelle, de l’accompagnement pastoral et de l’exorcisme.

À l’origine de cette décision se trouve une vidéo publiée le 29 mai sur YouTube. Dans cet enregistrement, Mgr Rossetti exprimait sa conviction personnelle concernant certains phénomènes aériens non identifiés. Il y affirmait notamment : « Beaucoup, sinon la plupart, des observations d’OVNI sont en réalité des démons. » L’exorciste ajoutait que ces entités « peuvent faire des choses que nous ne pouvons pas faire », évoquant notamment des vitesses ou des déplacements qui dépasseraient les capacités humaines ordinaires.

Ces déclarations ont conduit à une réaction ferme du cardinal McElroy. Dans son communiqué, l’archevêque de Washington estime que ces affirmations « compromettent gravement l’enseignement très précis de l’Église sur le diable, les démons et l’exorcisme ».

Cette formulation n’est pas anodine. L’Église catholique enseigne clairement l’existence du démon et reconnaît la réalité du ministère de l’exorcisme. Cependant, elle insiste également sur la nécessité d’un discernement rigoureux lorsqu’il s’agit d’interpréter des phénomènes extraordinaires. Les exorcistes sont invités à distinguer avec prudence ce qui relève du spirituel, du psychologique, du naturel ou encore de l’inexpliqué. Dans cette perspective, lier publiquement la majorité des phénomènes OVNI à une activité démoniaque apparaît, aux yeux des autorités diocésaines, comme une affirmation allant au-delà de ce que permet l’enseignement officiel de l’Église.

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Le communiqué du cardinal mentionne également des préoccupations concernant l’usage récent des réseaux sociaux par le St. Michael Center, sans toutefois fournir davantage de détails sur les contenus concernés.Figure connue du catholicisme américain, Mgr Rossetti était devenu au fil des années l’un des exorcistes les plus médiatisés du pays. Auteur, conférencier et animateur de nombreuses initiatives de formation spirituelle, il avait acquis une large audience auprès des fidèles intéressés par les questions liées au combat spirituel.

Après l’annonce de sa révocation, le prêtre a réagi dans un communiqué empreint de sobriété. « Je demande pardon pour toutes les fois où je n’aurais pas été fidèle à l’enseignement du magistère de l’Église, en particulier dans la vidéo mentionnée sur les “extraterrestres et le démoniaque” », a-t-il déclaré.

Mgr Rossetti a également tenu à réaffirmer son attachement à l’obéissance ecclésiale : « Je crois qu’il est de la plus haute importance d’être obéissant à l’Église et je continuerai à m’efforcer de soumettre tout ce que je fais, ainsi que le centre, à cette obéissance. » Dans le même texte, il a exprimé sa reconnaissance envers l’archidiocèse : « Je suis reconnaissant pour ces dix-neuf années de ministère comme exorciste dans l’archidiocèse de Washington », assurant également de ses prières pour le cardinal et pour l’Église locale. Mgr Rossetti a enfin indiqué que le St. Michael Center poursuivrait désormais sa mission dans un autre cadre.

Au-delà du cas personnel de cet exorciste, cette affaire rappelle l’importance accordée par l’Église à la prudence doctrinale lorsqu’il est question du démoniaque. Si la foi catholique affirme sans ambiguïté l’existence des esprits mauvais, elle demande également que les hypothèses personnelles, même formulées par des spécialistes reconnus, ne soient pas présentées comme des certitudes relevant de l’enseignement de l’Église.

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