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Marko Rupnik : cette zone d’ombre qui pourrait ternir la visite du pape Léon XIV à Lourdes

Pose de panneaux sur les portes - capture écran
Pose de panneaux sur les portes - capture écran
A quelques semaines de cette visite historique, une polémique demeure entière : pourquoi les mosaïques monumentales de Marko Rupnik dominent toujours la basilique du Rosaire ?

Alors que nous relayions hier les informations selon lesquelles Marko Rupnik aurait été acquitté par le tribunal du Vatican, de nouveaux éléments invitent à la prudence. Selon plusieurs informations circulant en Italie, cette éventuelle décision pourrait ne concerner que les faits de violence examinés dans le cadre de la procédure pénale. Les accusations d’agressions sexuelles et d’abus spirituels portées par plusieurs anciennes religieuses ne seraient donc pas nécessairement concernées. En l’absence de publication du jugement et de toute confirmation officielle du Saint-Siège, ces informations doivent toutefois être accueillies avec la plus grande réserve.

Si cette hypothèse venait à être confirmée, elle ne ferait en tout cas pas disparaître le malaise qui entoure toujours les œuvres monumentales de l’ancien jésuite au sanctuaire de Lourdes. À deux mois de la venue du pape Léon XIV, prévue le 27 septembre 2026, cette question pourrait bien constituer l’une des principales zones d’ombre de son déplacement. Depuis les révélations visant Marko Rupnik, auteur de nombreuses mosaïques dans le monde entier, la présence de ses œuvres sur la façade de la basilique Notre-Dame du Rosaire suscite un débat qui ne s’est jamais vraiment éteint. Plusieurs victimes présumées d’abus ainsi que de nombreux fidèles estiment qu’il est difficile de dissocier l’œuvre de son auteur dans une affaire d’une telle gravité.

Conscient de cette souffrance, Monseigneur Jean-Marc Micas, évêque de Tarbes et Lourdes, avait décidé, en mars 2025, de faire recouvrir par des panneaux les mosaïques situées sur les portes d’entrée de la basilique. Le geste avait été présenté comme un signe de proximité envers les victimes. Mais le problème est que ces bâches ne recouvrent qu’une partie très limitée de l’ensemble. Les immenses mosaïques qui ornent la façade principale de la basilique, visibles de tous les pèlerins arrivant sur l’esplanade, demeurent parfaitement apparentes.

Autrement dit, ce sont les portes qui ont été masquées, mais l’essentiel de l’œuvre monumentale de Rupnik continue de dominer le sanctuaire.

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Interrogé récemment sur ce dossier, Monseigneur Micas a indiqué qu’il ne prévoyait aucune nouvelle initiative. « Je ne prévois rien de plus que ce qui a déjà été dit, annoncé et fait à ce sujet. Les mosaïques de Marko Rupnik ne sont pas le cœur du message de Lourdes ni l’objet de la visite du pape », a-t-il déclaré. ( La Croix)

Cette réponse ne convaincra sans doute pas tous les observateurs. Car si le message spirituel de Lourdes dépasse évidemment cette polémique, il est difficile d’imaginer que les caméras du monde entier ne s’attarderont pas sur ces mosaïques lors de la visite du Saint-Père. Beaucoup s’interrogent déjà : pourquoi avoir choisi de masquer uniquement les portes sans retirer, ou au moins dissimuler, les immenses représentations qui couvrent la façade ?La possible décision de la justice vaticane, si elle devait être confirmée, ne mettrait probablement pas un terme à ce débat. Même si l’éventuel acquittement ne concernait que certains faits examinés par le tribunal, les accusations d’agressions sexuelles et d’abus spirituels qui ont profondément bouleversé l’Église continueraient d’alimenter les interrogations et la souffrance de nombreuses personnes.

Le pape Léon XIV se rendra à Lourdes pour porter un message d’espérance, de conversion et de miséricorde. Pourtant, tant que les immenses mosaïques de Marko Rupnik continueront de dominer la façade de la basilique du Rosaire, cette affaire risque de s’inviter, malgré elle, au cœur de son déplacement. Pour beaucoup de fidèles et de victimes présumées, ces œuvres demeurent le symbole d’une gestion longtemps jugée défaillante de ce dossier par les autorités ecclésiales. Les quelques panneaux installés sur les portes de la basilique, tel un bricolage fait dans l’urgence, ne masquent qu’une infime partie de l’ensemble monumental, ne suffisent pas à faire disparaître cette controverse. Tant que des mosaïques resteront pleinement visibles, cette zone d’ommbre continuera de planer sur l’un des temps forts du voyage du Saint-Père en France.

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