Le diocèse de Vannes a annoncé, parmi les nominations qui entreront en vigueur le 1er septembre 2026, celle du père Ivan Brient comme recteur de la basilique de Sainte-Anne-d’Auray. Il succédera ainsi à la tête du plus important sanctuaire breton, haut lieu de pèlerinage consacré à sainte Anne, patronne de la Bretagne. Cette nomination n’est pas celle d’un inconnu. Originaire de Plougoumelen, à quelques kilomètres seulement de Sainte-Anne-d’Auray, le père Ivan Brient entretient depuis toujours un lien particulier avec cette terre marquée par les apparitions de sainte Anne à Yvon Nicolazic au XVIIe siècle. Bretonnant, profondément attaché à la culture et à la langue bretonnes, il apparaît comme une figure capable d’incarner à la fois l’identité spirituelle du sanctuaire et son rayonnement missionnaire.
Ordonné prêtre en 2001 pour le diocèse de Vannes, après des études de chimie puis un parcours de formation marqué notamment par une expérience de coopération au Burkina Faso, il s’est rapidement distingué par ses qualités intellectuelles et pastorales. Envoyé à Rome puis à Jérusalem pour approfondir les études bibliques, il obtient une licence canonique en Écriture Sainte avant d’exercer diverses responsabilités dans le diocèse. Vicaire à Malestroit, formateur au séminaire de Rennes durant plusieurs années, puis curé de plusieurs paroisses du Morbihan, il devient ensuite vicaire général du diocèse de Vannes, l’un des plus proches collaborateurs de Monseigneur Raymond Centène.
Mais son nom est surtout resté associé à un épisode particulièrement rare dans l’histoire récente de l’Église de France. En octobre 2022, le pape François le nomme évêque auxiliaire de Rennes. Quelques semaines plus tard, alors que son ordination épiscopale est en préparation, le prêtre demande à être relevé de cette nomination.
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Dans une lettre adressée aux fidèles, il évoquait alors une période de fragilité personnelle et estimait ne pas disposer de la sérénité nécessaire pour assumer une telle mission. Le Saint-Siège avait accepté sa demande. Cette décision, prise avec une grande transparence et dans un climat de respect mutuel, avait suscité de nombreuses réactions dans l’Église de France. Beaucoup y avaient vu un témoignage d’humilité et de vérité intérieure peu fréquent dans une époque où les responsabilités sont parfois acceptées au prix d’un lourd fardeau personnel.
Quatre ans plus tard, c’est une autre mission d’envergure qui lui est confiée. Sainte-Anne-d’Auray n’est pas une paroisse comme les autres. Chaque année, des milliers de pèlerins s’y rendent pour le Grand Pardon de Sainte Anne et les nombreuses célébrations qui rythment la vie du sanctuaire. Le lieu occupe une place unique dans la mémoire religieuse bretonne et demeure l’un des principaux centres spirituels de l’Ouest de la France.
La nomination du père Ivan Brient peut ainsi être lue comme un signe de confiance renouvelée de la part de son évêque. Elle associe l’expérience pastorale, la connaissance du diocèse, l’enracinement breton et un parcours personnel marqué par une épreuve qui a profondément façonné son ministère. À l’heure où de nombreux sanctuaires cherchent à renouveler leur mission d’évangélisation sans renoncer à leur héritage spirituel, le nouveau recteur aura la responsabilité de faire vivre ce lieu où, depuis près de quatre siècles, les Bretons viennent confier à sainte Anne leurs joies, leurs souffrances et leur espérance chrétienne.


