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Nuit Blanche à Paris : Monseigneur Ulrich, archevêque de Paris, doit-il démissionner ?

Monseigneur Ulrich - diocèse de Paris
Monseigneur Ulrich - diocèse de Paris
L'Église a appris dans la douleur qu'un abus devient plus grave encore lorsqu'il est couvert par l'autorité. Il en va de même des profanations. Lorsqu'un lieu sacré est détourné de sa vocation avec l'accord de ceux qui ont reçu mission de le protéger, la blessure infligée aux fidèles est immense. Après la Nuit Blanche 2026, c'est cette question de responsabilité qui se pose désormais à Paris

Il est des polémiques qui dépassent largement le cadre d’un simple débat culturel. La Nuit Blanche 2026 appartient à cette catégorie. À la chapelle de l’hôpital Tenon, des objets et des masques inspirés du vaudou ont été exposés dans un lieu consacré au culte catholique. À l’église Saint-Laurent, les visiteurs ont découvert un univers sonore plongé dans la pénombre, fait de voix désincarnées, de messages diffusés jusque dans les confessionnaux et d’une atmosphère suscitant davantage le malaise que le recueillement. Beaucoup sont ressortis avec la même interrogation : comment de telles installations ont-elles pu être accueillies dans des églises catholiques ?

Depuis plusieurs jours, les critiques se concentrent sur Barbara Butch, les artistes ou la mairie de Paris. Pourtant, ce n’est pas là que se situe le véritable sujet. Barbara Butch n’a jamais caché sa vision du monde. Les artistes ont présenté les œuvres qu’ils produisent habituellement. Quant à la mairie de Paris, nul n’ignore l’orientation culturelle de certaines de ses manifestations. Rien de tout cela n’avait de caractère imprévisible.

La vraie question est donc beaucoup plus simple : qui a ouvert les portes des églises ?

Précisons les choses. Les curés concernés portent évidemment une responsabilité. Ce sont eux qui ont accepté ces installations. Mais ils ne sont pas des autorités indépendantes. Ils sont prêtres du diocèse de Paris, incardinés dans ce diocèse et exercent leur ministère sous l’autorité de l’archevêque. Un diocèse n’est pas une fédération de paroisses autonomes où chacun définirait librement ce qui est compatible ou non avec le caractère sacré d’une église. La responsabilité des curés est donc réelle. Mais celle de Monseigneur Ulrich l’est tout autant. Car l’évêque est le garant de l’unité diocésaine, celui qui fixe les orientations pastorales et veille à la préservation des lieux consacrés. Dès lors, il est impossible de faire comme si l’archevêque de Paris n’avait rien à voir avec ce qui s’est produit.

Car le problème dépasse cette seule Nuit Blanche. Ce qui inquiète de nombreux catholiques, c’est qu’au sein même du diocèse de Paris, plusieurs responsables aient pu considérer comme normal d’introduire dans des églises des univers inspirés de spiritualités étrangères au christianisme ou des dispositifs artistiques produisant le trouble, la confusion et le malaise.

Une église n’est pas un centre culturel . Elle n’est pas un laboratoire destiné à toutes les expérimentations contemporaines. Elle est la maison de Dieu. Elle est le lieu où demeure le Saint-Sacrement, où est célébré le sacrifice de la messe et où les fidèles viennent chercher la paix, la prière et la rencontre avec le Christ.

Plus grave encore, aucune justification convaincante n’a été apportée. En quoi ces installations ont-elles servi la mission de l’Église ? En quoi ont-elles favorisé l’évangélisation ? En quoi ont-elles aidé les visiteurs à se rapprocher du Christ ? À ces questions, le diocèse reste silencieux.

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Les interrogations soulevées par cette Nuit Blanche ne naissent d’ailleurs pas dans le vide. Les affaires qui secouent régulièrement le diocèse de Paris ne manquent pas. À Tribune Chrétienne, nous recevons depuis des années de nombreux témoignages faisant état de situations préoccupantes, de tensions internes ou de décisions suscitant l’incompréhension de nombreux fidèles. Pourtant, une véritable chape de plomb semble peser sur ces dossiers. Rares sont ceux qui paraissent disposés à prendre les décisions nécessaires pour restaurer un climat serein et rendre confiance aux catholiques parisiens.

Le diocèse de Paris mérite pourtant mieux. Parce qu’il est celui de la capitale de la France, parce qu’il occupe une place particulière dans l’Église de notre pays, il mérite un gouvernement fort, clair et capable de rassembler, pourquoi Paris n’aurait pas à nouveau un cardinal qui parle d’une voix forte comme l’a fait en son temps le cardinal Lustiger ?

La question posée aujourd’hui par la Nuit Blanche dépasse largement le cadre d’une seule manifestation culturelle. Elle touche à la confiance des fidèles envers ceux qui ont reçu mission de conduire le diocèse. Monseigneur Laurent Ulrich ayant bientôt atteint l’âge canonique de 75 ans ( le 7 septembre) , beaucoup s’interrogent sur l’avenir. Chacun sait qu’il sera présent pour accueillir le pape Léon XIV lors de sa visite prévue à Paris en septembre prochain. Mais après cet événement historique, peut-être jugera-t-il opportun de prendre la sage décision de se retirer afin de permettre l’ouverture d’une nouvelle page. Une nouvelle impulsion pourrait alors être donnée à un diocèse qui a besoin de retrouver la confiance des fidèles et de faire toute la lumière sur les difficultés qui l’affectent depuis trop longtemps.

Monseigneur Ulrich doit-il démissionner ? Chacun apportera sa réponse. Mais une chose est certaine : lorsqu’une profanation n’est pas seulement subie mais acceptée par ceux qui ont reçu mission de protéger les lieux sacrés, elle devient une question de gouvernement. Et c’est précisément pour cette raison que la responsabilité de l’archevêque de Paris est aujourd’hui publiquement posée.

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