En Iran, la persécution des chrétiens ne se résume pas à des statistiques. Elle porte aujourd’hui les visages de trois femmes dont les parcours illustrent différentes formes de répression exercées par le régime contre ceux qui défendent la liberté religieuse ou choisissent de suivre le Christ. La première s’appelle Bahar Sahraian. Avocate réputée de la ville de Chiraz, elle s’est fait connaître pour avoir défendu des chrétiens convertis, des prisonniers politiques et des membres de minorités religieuses. Son engagement lui a valu d’être arrêtée puis transférée à la prison d’Adelabad, un établissement pénitentiaire régulièrement dénoncé pour ses conditions de détention particulièrement dures. Pour de nombreuses organisations de défense des droits humains, son arrestation apparaît comme une tentative de réduire au silence l’une des rares voix juridiques qui osaient encore défendre les chrétiens persécutés.
Le deuxième visage est celui de Mary Mohammadi. Convertie au christianisme alors qu’elle était encore adolescente, elle a déjà connu plusieurs arrestations et séjours en prison. Journaliste et militante des droits humains, elle est devenue au fil des années l’une des figures les plus connues de la cause des chrétiens iraniens. Selon Amnesty International et plusieurs organisations spécialisées, elle aurait été victime d’une disparition forcée après un déplacement entre Téhéran et Ahvaz. Depuis la fin du mois de février, les autorités ont refusé pendant des semaines de communiquer sur son sort ou son lieu de détention.
Enfin, le troisième cas est celui de Ghazal Marzban, chrétienne convertie actuellement détenue à la prison d’Evin, tristement célèbre pour accueillir de nombreux prisonniers politiques. Après une perquisition à son domicile et la confiscation de ses Bibles ainsi que de ses livres chrétiens, elle a été condamnée à neuf ans et huit mois de prison pour « propagande contre le régime » et « collusion contre la sécurité nationale ». Selon les informations disponibles, elle a également entamé une grève de la faim pour dénoncer sa condamnation.
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Ces trois affaires révèlent une réalité inquiétante. En Iran, la répression ne vise plus seulement les croyants. Elle frappe aussi les avocats qui les défendent, les journalistes qui parlent en leur nom et les militants qui dénoncent les atteintes à la liberté religieuse.
Selon plusieurs rapports publiés cette année, les arrestations de chrétiens et les condamnations liées à la pratique de la foi ont fortement augmenté. Les Églises de maison, fréquentées par de nombreux convertis issus de l’islam, demeurent particulièrement surveillées par les autorités qui les considèrent souvent comme une menace pour la sécurité nationale. Derrière les accusations de « propagande » ou d’« atteinte à la sécurité nationale », c’est souvent l’exercice même de la liberté religieuse qui se retrouve criminalisé. Et derrière ces trois femmes, c’est toute une communauté chrétienne qui continue de vivre sous la menace permanente de l’arrestation, de l’interrogatoire ou de la prison.


