Nous ne faisons pas de politique. Que l’élu concerné appartienne au Rassemblement national, au Parti communiste ou à n’importe quelle autre formation importe peu ici. Ce qui nous intéresse est la question de fond soulevée par cette affaire. Et cette question est simple. Pourquoi la présence de signes religieux ostensibles dans l’enceinte d’un conseil municipal ne susciterait-elle aucune réaction, tandis que la récitation d’un « Je vous salue Marie » provoquerait une explosion de colère haineuse de la part du maire Philippe Bouyssou?
🔴Ivry : Un "Je vous salue Marie" vaut-il vraiment un "crime politique"?
— Tribune Chrétienne (@tribuchretienne) June 12, 2026
➡️Le maire d'Ivry affirme que la majorité des catholiques ne se reconnaîtra pas dans le geste de l'élu ayant récité un « Je vous salue Marie » en conseil municipal. Il se trompe probablement
➡️ Car… pic.twitter.com/jSY6GG1rrs
La scène a été filmée . Un amendement est présenté par Kevin Nader, afin d’interdire le port de signes religieux ostensibles dans l’exercice des fonctions de représentation de la collectivité. L’amendement est rejeté. En réaction, l’élu sort un crucifix et récite la prière du « Je vous salue Marie ». Quelques secondes plus tard, le maire évoque un « crime politique », parle de « honte », de « scandale », frappe du poing sur la table et annonce vouloir saisir le préfet. La disproportion est saisissante.
Car enfin, qu’a récité cet élu ? Un slogan révolutionnaire ? Un appel à la violence ? Une insulte ? Non. Une prière. La prière de millions de catholiques. Celle qui accompagne depuis des siècles la vie spirituelle de notre pays. Celle que récitaient nos grands-parents. Celle que murmurent encore aujourd’hui des millions de fidèles à travers le monde. Le plus surprenant est peut-être ailleurs.
Le maire semble considérer qu’un « Je vous salue Marie » constituerait une atteinte insupportable à la laïcité alors même que l’amendement visait précisément à dénoncer l’affichage de convictions religieuses ( port du voile) dans l’enceinte municipale.
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On ne peut pas défendre une conception permissive des manifestations religieuses lorsqu’elles concernent certaines religions et découvrir soudain une passion intransigeante pour la laïcité lorsqu’il s’agit du christianisme. C’est cette contradiction que beaucoup de Français ont relevée. Lorsque le maire affirme que « la majorité des catholiques ne se reconnaîtront pas dans ce témoignage », il se trompe. Il se trompe parce qu’il confond la forme et le fond. Tous les catholiques n’auraient pas posé ce geste. Mais beaucoup comprendront parfaitement ce qu’il signifiait.
Car ce que nombre de catholiques ont entendu dans ce « Je vous salue Marie », ce n’est pas un appel à convertir qui que ce soit. Ce n’est pas davantage une démonstration de supériorité religieuse. Ils y ont vu une dénonciation d’un deux poids deux mesures devenu insupportable.
Depuis des années, beaucoup de catholiques ont le sentiment que leur religion est la seule dont l’expression publique demeure suspecte. Une croix dérange davantage que d’autres signes religieux. Une prière chrétienne provoque davantage de colère que les incohérences qu’elle entend dénoncer. C’est pourquoi le maire se trompe lorsqu’il prétend parler au nom des catholiques. Beaucoup d’entre eux ne se reconnaîtront pas dans l’outrance des réactions observées ce soir-là. En revanche, ils seront nombreux à comprendre le message. Car le véritable sujet n’est pas la prière. Le véritable sujet est l’égalité. Et si un simple « Je vous salue Marie » suffit à provoquer une telle fureur, alors le problème n’est peut-être pas la prière elle-même. Le problème est ce qu’elle révèle.


