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Face à la crise ouverte par les consécrations de la FSSPX, le cardinal Müller appelle à un retour de la liberté de la messe en latin

Cardinal Müller - DR
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Au lendemain des consécrations épiscopales de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, le cardinal Gerhard Ludwig Müller estime que le moment est venu de repenser les restrictions imposées à la liturgie traditionnelle

Quelques heures seulement après les consécrations de quatre évêques par la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X, le cardinal Gerhard Ludwig Müller livre une analyse qui ne manquera pas d’alimenter le débat sur l’avenir de la liturgie dans l’Église. Sans remettre en cause la gravité de la désobéissance commise par la Fraternité, le cardinal allemand estime que la réponse apportée ces dernières années à la question de la messe traditionnelle mérite d’être profondément réévaluée. Interrogé par Il Giornale sur les conséquences de cette nouvelle rupture avec Rome, le cardinal répond sans détour qu’il convient de repenser les interdictions de la messe selon le missel de 1962.

À ses yeux, les restrictions instaurées par le motu proprio Traditionis Custodes n’ont pas atteint leur objectif. Bien au contraire. « Les lefebvristes peuvent faire de ces interdictions un symbole de leur dissidence envers Rome. Les mesures restrictives ont presque fait de la propagande aux lefebvristes », affirme-t-il.

Cette réflexion intervient dans un contexte particulièrement sensible. Les consécrations épiscopales célébrées par la Fraternité Saint-Pie X constituent un nouvel épisode de tension avec le Saint-Siège et ravivent la question de la réconciliation entre Rome et le monde traditionnel. Pour le cardinal Müller, cette crise invite à s’interroger sur les choix pastoraux opérés ces dernières années. L’ancien préfet du Dicastère pour la Doctrine de la Foi ne cache pas ses réserves sur la méthode employée. « Utiliser une manière autoritaire pour demander une obéissance aveugle n’est pas notre style, le style chrétien », explique-t-il, avant de rappeler que si la doctrine ne saurait faire l’objet de compromis, la pastorale peut, elle, laisser place à une certaine tolérance.

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C’est précisément dans cet esprit qu’il évoque l’héritage de Benoît XVI. Selon lui, Summorum Pontificum avait permis d’apaiser durablement les tensions en reconnaissant pleinement la légitimité de la forme ancienne du rite romain. « Ce motu proprio avait apporté beaucoup de paix dans l’Église », souligne-t-il, avant d’ajouter une affirmation particulièrement forte : « On ne peut pas interdire le rite dans sa forme ancienne. »

Le cardinal rejette également l’idée selon laquelle tous les fidèles attachés à la liturgie traditionnelle rejetteraient nécessairement le concile Vatican II. Il rappelle qu’il existe de nombreuses communautés pleinement unies au pape qui célèbrent selon le missel traditionnel tout en acceptant intégralement l’enseignement du Concile.C’est sans doute là que réside le cœur de son raisonnement. Aux yeux du cardinal Müller, permettre de nouveau une large liberté pour la célébration de la liturgie traditionnelle ne constituerait pas une concession doctrinale, mais un moyen pastoral de favoriser l’unité. Il estime même que cette ouverture pourrait offrir un chemin de retour à ceux qui, après les consécrations épiscopales de la Fraternité Saint-Pie X, souhaiteraient renouer une pleine communion avec le Successeur de Pierre.

Le prélat allemand avance ainsi une conviction forte : l’unité de l’Église ne se construira pas uniquement par des interdictions, mais aussi par une pastorale capable d’accueillir légitimement la diversité liturgique héritée de son histoire, sans rien céder de l’exigence doctrinale.

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