Commentant les paroles de Jésus, Léon XIV a d’abord souligné que Dieu choisit de se révéler « aux tout-petits », alors qu’il demeure caché « aux sages et aux savants ». Le Pape a expliqué que cette opposition ne constitue pas un rejet de l’intelligence, mais une mise en garde contre le risque de l’autosuffisance. « La sagesse humaine devient alors arrogance et la doctrine dégénère en orgueil », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que « la véritable sagesse de Dieu se révèle au contraire dans l’humilité de la chair ». Cette réflexion s’inscrit dans la continuité de la tradition chrétienne, qui voit dans l’Incarnation l’expression de l’abaissement volontaire du Fils de Dieu venu partager pleinement la condition humaine.
Le Saint-Père s’est ensuite arrêté sur l’invitation du Christ : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau. » Il a rappelé que répondre à cet appel signifie entrer dans une relation personnelle avec Jésus et accepter de marcher à sa suite, selon les paroles de l’Évangile : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive » (Mt 16, 24). Pour Léon XIV, cette croix ne peut être comprise indépendamment du Christ lui-même. C’est pourquoi il a posé cette question : « Frères et sœurs, comment le poids de la croix peut-il être « léger » et « doux » ? »
Le Pape y répond en ces termes : « Pour une seule raison : parce que le Seigneur le porte le premier et avec nous tous, sans jamais nous laisser seuls face à ce qui nous accable. »
À travers cette affirmation, Léon XIV rappelle que, dans la foi chrétienne, le Christ n’appelle pas ses disciples à porter seuls leurs épreuves. La croix trouve son sens dans le fait que Jésus l’a lui-même assumée avant eux et demeure présent auprès de ceux qui souffrent. Le Saint-Père poursuit en soulignant que « ce n’est que dans la croix de Jésus que le mal est racheté : ce n’est que dans sa passion que notre fatigue mortelle trouve réconfort et rédemption ». Il rappelle ainsi que, dans la perspective chrétienne, la Passion du Christ est au cœur de l’œuvre du salut et constitue le fondement de l’espérance.
Léon XIV a également insisté sur le fait que suivre le Christ ne revient pas à rechercher la souffrance pour elle-même. « À la suite du Christ, notre route n’est donc pas une ascèse qui mortifie : elle est une école de liberté, qui prend au sérieux le drame de l’histoire et en éclaire toujours le sens, surtout dans les moments les plus sombres », a-t-il expliqué.Enfin, le Pape a résumé cette vision chrétienne par une série de formules qui relient directement le mystère du Christ aux réalités humaines : « Dans l’esclavage, le Christ est libération. Sous le fléau de la guerre, le Christ est espérance. À l’heure du péché, le Christ est pardon. »
Concluant son intervention, Léon XIV a invité les fidèles à rendre grâce pour la confiance que Dieu accorde à chacun et a confié l’Église ainsi que le monde à l’intercession de Marie, « Reine de la paix ».
PAPE LÉON XIV
Place Saint-Pierre
Dimanche, 5 juillet 2026
« Chers frères et sœurs, bon dimanche !
L’Évangile de la liturgie d’aujourd’hui (Mt 11, 25-30) nous invite à partager la louange que Jésus adresse au Père, « Seigneur du ciel et de la terre » (v. 25). Le Fils de Dieu fait homme manifeste son amour en associant chaque créature à cette action de grâce.
La simplicité d’un geste aussi spontané et joyeux correspond au style de Dieu qui aime se révéler « aux tout-petits », tandis qu’il reste caché « aux sages et aux savants » (cf. v. 25). Ceux-ci, en effet, sont tellement imbus de leurs propres idées qu’ils ne reconnaissent pas la présence du Christ, le Messie qui rend visite à son peuple. La sagesse humaine devient alors arrogance et la doctrine dégénère en orgueil. La véritable sagesse de Dieu se révèle au contraire dans l’humilité de la chair et son enseignement s’adresse à ceux qui peinent le plus : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau » (v. 28), dit le Seigneur. Aller vers Jésus, c’est répondre à son amour et partager sa vie jusqu’à la croix, comme il nous l’a expliqué lui-même : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive » (Mt 16, 24). C’est précisément ce don de soi par amour qui est le « joug » de Jésus (cf. Mt 11, 29), c’est-à-dire la synthèse de son enseignement, le cœur de sa sagesse, ardente de charité envers tous.
Frères et sœurs, comment le poids de la croix peut-il être « léger » et « doux » (cf. v. 30) ? Pour une seule raison : parce que le Seigneur le porte le premier et avec nous tous, sans jamais nous laisser seuls face à ce qui nous accable. En véritable maître, Jésus prend en charge l’humanité blessée par le mal, il en prendre soin. La sagesse qu’Il nous donne est alors une annonce de salut et son joug nous relève de toute chute. À la suite du Christ, notre route n’est donc pas une ascèse qui mortifie : elle est une école de liberté, qui prend au sérieux le drame de l’histoire et en éclaire toujours le sens, surtout dans les moments les plus sombres. En effet, ce n’est que dans la croix de Jésus que le mal est racheté : ce n’est que dans sa passion que notre fatigue mortelle trouve réconfort et rédemption.
Dans l’esclavage, le Christ est libération. Sous le fléau de la guerre, le Christ est espérance. À l’heure du péché, le Christ est pardon. Telle est la vraie sagesse, c’est-à-dire le chemin que nous voulons parcourir ensemble, unis en tant que disciples en son nom. Jésus nous l’enseigne en tant que Fils, en devenant notre frère : par la force du Saint-Esprit, il manifeste lui-même à l’Église la vérité sur Dieu et sur l’homme, car « personne ne connaît le Père, sinon le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler » (v. 27).
Chers amis, tout en rendant grâce au Seigneur pour cette confiance pleine d’amour qu’il nous accorde, demandons l’intercession de Marie, Reine de la paix, pour le bien de l’Église et du monde entier. »
Source Vatican


