Contrairement à certaines présentations publiées ces derniers jours, il ne s’agissait pas d’une célébration liturgique, mais bien d’un concert. La « Missa Pontificalis » est une œuvre musicale reprenant les textes de l’ordinaire de la messe, Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus, Benedictus et Agnus Dei, tous chantés en latin, conformément à la tradition de la musique sacrée de l’Église. L’interprétation était assurée par le chœur Cantate Bastia, dirigé par Julia Knecht, accompagné exclusivement par les grandes orgues de la cathédrale Sainte-Marie. Plusieurs solistes participaient également à cette exécution, parmi lesquels la soprano Cécilia Aubert. L’absence d’orchestre, loin d’appauvrir l’œuvre, mettait en valeur la pureté des voix et la richesse de l’écriture chorale du compositeur.
La seconde partie de la soirée était consacrée au célèbre « Stabat Mater » de Giovanni Battista Pergolesi, l’une des plus grandes œuvres du répertoire sacré du XVIIIe siècle. Ce dialogue entre une composition contemporaine et un chef-d’œuvre classique soulignait la permanence de la tradition musicale de l’Église, capable d’inspirer les créateurs d’aujourd’hui tout en demeurant fidèle à son héritage. Créée à l’occasion de l’élévation de François-Xavier Bustillo au cardinalat, la « Missa Pontificalis » constitue un hommage au prélat, dont l’attachement à une liturgie soignée et à la place de la musique sacrée est bien connu. Sans rechercher une esthétique pour elle-même, le cardinal a souvent rappelé que la beauté participe de l’annonce de l’Évangile lorsqu’elle est mise au service de la prière et du mystère célébré.
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Le choix du latin pour les chants de cette œuvre n’est pas anodin. Langue propre du rite romain, le latin demeure, selon la constitution Sacrosanctum Concilium du concile Vatican II, un élément essentiel du patrimoine liturgique de l’Église, même si les langues vernaculaires occupent aujourd’hui une place importante dans les célébrations. En composant une messe sur les textes latins traditionnels, Alexandre d’Oriano s’inscrit dans cette longue continuité musicale qui traverse les siècles.
À Bastia, cette soirée du 4 juillet n’a donc pas seulement offert un moment de haute qualité artistique. Elle a aussi rappelé combien la musique sacrée, lorsqu’elle puise dans les trésors de la tradition liturgique, demeure un langage privilégié pour élever les âmes vers Dieu et rendre hommage à un pasteur qui n’a cessé d’encourager le soin apporté à la beauté des célébrations.


