Depuis 2000 ans

Mulhouse : une église catholique saccagée, la croix de l’autel et les confessionnaux pris pour cible

église Saint-Étienne de Mulhouse - capture écran
église Saint-Étienne de Mulhouse - capture écran
Une enquête est en cours pour faire toute la lumière sur les circonstances de cet acte de haine contre la foi catholique

Une nouvelle profanation d’église vient rappeler la fragilité des églises de France , régulièrement prises pour cible. Dimanche 5 juillet, vers 16 h 30, l’église Saint-Étienne de Mulhouse, dans le Haut-Rhin, a été la cible d’un important acte de vandalisme visant directement plusieurs éléments du mobilier liturgique. Selon les premiers éléments de l’enquête, un homme est entré dans l’édifice, ouvert quotidiennement au public. L’église était alors déserte. Il s’est immédiatement dirigé vers le sanctuaire, où il s’est emparé de la croix placée sur l’autel avant de la projeter au sol. Il a ensuite renversé un vase disposé au pied de l’autel puis utilisé cette même croix comme un levier pour fracturer les portes de trois confessionnaux, dont certains datent du début du XIXe siècle.

La scène, d’une durée d’environ cinq minutes, a été entièrement enregistrée par le système de vidéosurveillance de l’église. Les images montrent un homme agissant à visage découvert avant de quitter les lieux et de rejoindre une seconde personne qui l’attendait à l’extérieur. Aucun objet n’a été dérobé. Les dégradations ont exclusivement concerné des éléments liés au culte. Ce détail est loin d’être anodin. Selon les informations publiées par Le Figaro, le père Pascal Boulic, curé de la paroisse, estime que l’auteur « s’est acharné et s’en est pris aux symboles religieux chrétiens ». Interrogé également par L’Alsace, le prêtre souligne que, depuis son arrivée à Mulhouse il y a cinq ans, jamais l’église n’avait subi un acte d’une telle nature. « Ce sont les symboles religieux qui ont été ciblés, rien d’autre. Il n’y a pas de tronc forcé, on n’est pas parti avec une œuvre d’art. On s’en est pris aux symboles religieux », explique-t-il.

Lire aussi

Ces éléments donnent un relief particulier à cette affaire. La croix n’est pas un simple objet liturgique : elle est le signe par excellence de la foi chrétienne, celui de la Passion, de la mort et de la Résurrection du Christ. Quant au confessionnal, il est le lieu où les fidèles viennent recevoir le pardon de Dieu dans le sacrement de la réconciliation. Les voir délibérément pris pour cible ne peut qu’interpeller les catholiques et renforcer le sentiment qu’il ne s’agit pas d’un simple acte de dégradation gratuite. À ce stade, les motivations de l’auteur ne sont toutefois pas établies. Seule l’enquête permettra de déterminer s’il s’agit du geste d’une personne déséquilibrée ou d’un acte délibérément dirigé contre la foi chrétienne. Le père Pascal Boulic a déposé plainte et l’enquête a été confiée à l’unité « atteinte aux biens » de la Sûreté départementale. La paroisse a d’ores et déjà reçu le soutien de son évêque, du vicaire épiscopal ainsi que des services de l’État.

Au-delà des dégâts matériels, dont le montant reste à évaluer, cette profanation constitue une profonde blessure spirituelle. Une église n’est pas seulement un bâtiment du patrimoine ; elle est un lieu consacré où les catholiques célèbrent l’Eucharistie, reçoivent les sacrements et viennent prier. Lorsqu’un tel lieu est volontairement saccagé et que ses symboles les plus sacrés sont visés, c’est toute une communauté croyante qui se sent atteinte dans ce qu’elle a de plus précieux.

Recevez chaque jour notre newsletter !