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De l’indécence à la provocation : un cocktail au ministère pour célébrer la mort ?

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On ne célèbre pas une loi qui autorise de provoquer la mort. On ne transforme pas une question aussi tragique en événement festif

Le CESE prendra même en charge leurs frais de transport et d’hébergement : c’est une initiative morbide qui choque par ce qu’elle révèle de notre époque et un véritable basculement de civilisation.Tandis que les députés s’apprêtent à voter une loi autorisant de provoquer volontairement la mort d’un patient, certains ont cru bon d’organiser un « cocktail de célébration ». Le document adressé aux membres de la Convention citoyenne sur la fin de vie est sans ambiguïté. « Dans le cadre de l’adoption de la loi relative au droit à l’aide à mourir, vous êtes conviés (…) à un cocktail de célébration le 15 juillet à 20 heures à Paris. » Plus étonnant encore, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) prendra en charge le transport et l’hébergement des participants afin de permettre au plus grand nombre d’y assister.

Le simple choix du mot « célébration » suffit à susciter le malaise.

Que célèbre-t-on exactement ? La possibilité nouvelle de mettre fin à une vie ? L’adoption d’un texte qui bouleverse des siècles d’éthique médicale ? Une loi qui fracture profondément la société française, le monde médical, les familles et jusqu’aux parlementaires eux-mêmes ? Il est difficile de ne pas voir, dans cette initiative, une forme d’indécence.

Le débat sur la fin de vie n’a jamais été un débat ordinaire. Il concerne les personnes les plus vulnérables, celles qui souffrent, celles qui approchent de leur mort, leurs proches, les soignants confrontés chaque jour à des situations humaines bouleversantes. Derrière chaque demande d’euthanasie se cachent des histoires de solitude, de détresse, de douleurs physiques ou psychologiques qui méritent écoute, accompagnement et compassion.Face à une telle gravité, la retenue devrait s’imposer.

Au lieu de cela, c’est un cocktail qui est proposé, dans un ministère de la République, comme si l’adoption de cette loi constituait un motif de réjouissance. Cette mise en scène est d’autant plus troublante que le CESE financera le déplacement et l’hébergement des invités. Les contribuables participeront ainsi, indirectement, à un événement présenté comme une célébration de l’adoption d’une loi dont des millions de Français contestent pourtant le principe.

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L’Église catholique rappelle depuis toujours que toute vie humaine possède une dignité inaliénable, de sa conception jusqu’à sa mort naturelle. Cette position n’est pas seulement fondée sur la foi. Elle s’appuie sur une certaine conception de l’homme, selon laquelle la dignité d’une personne ne dépend jamais de son autonomie, de son état de santé ou de son utilité sociale. Monseigneur Marc Aillet le rappelait récemment : la question de l’euthanasie ne relève pas uniquement d’un débat confessionnel ; elle touche aussi à la loi naturelle et aux fondements mêmes d’une société véritablement humaine.

Au-delà des convictions religieuses, c’est en effet toute une anthropologie qui est en jeu. Depuis Hippocrate, la médecine repose sur une promesse : soigner, soulager, accompagner, sans jamais donner délibérément la mort. La légalisation de l’euthanasie rompt avec cet héritage. Qu’elle puisse donner lieu à un moment de célébration officielle ajoute à la rupture une dimension symbolique particulièrement préoccupante. Une démocratie peut adopter des lois contestées. Elle doit même permettre que des opinions divergentes s’expriment librement. Mais elle devrait aussi savoir que certaines décisions exigent gravité, humilité et respect des consciences.

On ne célèbre pas une loi qui autorise de provoquer la mort. On ne transforme pas une question aussi tragique en événement festif. Parce que derrière chaque texte de loi sur la fin de vie, il y a des visages, des familles, des médecins, des consciences et des vies humaines. La République gagnerait sans doute à s’en souvenir avant de lever son verre.

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