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Laïcité : la mission confiée à Jérôme Guedj relance le débat sur la place de l’héritage chrétien en France

Jérôme Guedj  ( Wiki) - Depositphotos
Jérôme Guedj ( Wiki) - Depositphotos
Révélée mercredi 8 juillet par LCP, la décision du Premier ministre Sébastien Lecornu de confier au député socialiste Jérôme Guedj une mission sur « l'application, la défense et la promotion du principe de laïcité » intervient dans un contexte où de nombreux catholiques dénoncent une interprétation de plus en plus restrictive de ce principe, notamment lorsqu'il s'agit du patrimoine, des symboles et des racines chrétiennes de la France

Révélée mercredi 8 juillet par LCP, la décision du Premier ministre Sébastien Lecornu de confier au député socialiste Jérôme Guedj une mission temporaire sur « l’application, la défense et la promotion du principe de la laïcité » remet au premier plan un débat ancien mais toujours sensible : celui de la place du fait religieux dans la République et de l’interprétation même de la loi de 1905. Le député de l’Essonne, également candidat déclaré à l’élection présidentielle, fait depuis plusieurs années de la défense de la laïcité l’un des marqueurs de son engagement politique. En décembre dernier, il avait notamment proposé la création d’un « Défenseur de la laïcité », une autorité administrative indépendante inspirée du Défenseur des droits. Cette institution aurait eu pour vocation d’accompagner les administrations, de répondre aux interrogations des citoyens et de promouvoir une véritable politique publique de la laïcité.

Dans une tribune publiée en 2022, Jérôme Guedj estimait déjà que la laïcité était devenue un « dogme abstrait brandi à tout-va », plaidant pour davantage de pédagogie et une meilleure protection des enseignants confrontés aux contestations religieuses.

Pourtant, le principe de laïcité, tel qu’il résulte de la loi du 9 décembre 1905, ne vise pas à effacer les religions de la société. Il organise la séparation des Églises et de l’État, garantit la liberté de conscience et assure le libre exercice des cultes, dans le respect de l’ordre public. La neutralité est une obligation qui s’impose aux pouvoirs publics et à leurs agents, non aux citoyens ni à l’histoire de la nation.

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C’est précisément sur ce point que s’expriment de nombreuses inquiétudes. Au fil des années, la laïcité est souvent apparue, aux yeux des catholiques, moins comme une garantie de liberté que comme un instrument servant à remettre en cause la visibilité de l’héritage chrétien. Les controverses autour des crèches de Noël installées dans certaines mairies, les recours visant des croix ou des statues, les débats sur les processions traditionnelles ou encore les contestations touchant certains éléments du patrimoine religieux ont nourri ce sentiment.Or, les racines chrétiennes de la France ne se résument pas à une pratique religieuse. Elles s’inscrivent dans le paysage, les cathédrales, les églises, les calvaires, les fêtes qui rythment encore le calendrier, les œuvres d’art, les noms de villes et de villages, ainsi que dans une histoire qui a profondément façonné l’identité du pays. Pour beaucoup, cet héritage relève autant de la culture que de la mémoire nationale.

Plusieurs responsables catholiques dénoncent ainsi une évolution de la laïcité vers une lecture idéologique qui conduit parfois à considérer les symboles chrétiens comme des éléments dont il faudrait progressivement faire disparaître la présence dans l’espace public. Ils estiment que cette interprétation dépasse largement l’esprit de la loi de 1905, laquelle n’a jamais eu pour objectif d’effacer le passé religieux de la France. La mission confiée à Jérôme Guedj sera donc suivie avec attention. Au-delà des aspects juridiques, elle pourrait rouvrir une question essentielle : la laïcité doit-elle demeurer un principe garantissant la liberté de tous ou devenir le fondement d’une neutralisation toujours plus poussée des références chrétiennes qui ont façonné l’histoire et la culture françaises ?

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